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Réconciliation nationale / CPI : vaut-il la peine que le camp Ouattara soit poursuivi ?

Au sortir de l'élection présidentielle de 2010, la Côte d'Ivoire a connue sa crise la plus meurtrière de son histoire avec 3000 morts officiellement. La communauté internationale ayant reconnu Alassane Ouattara comme le Président élu, a prêté main forte aux Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) pour procéder à l'arrestation du candidat malheureux Laurent Gbagbo le 11 avril 2011. Transféré à la Haye auprès de la Cour Pénal International (CPI), Laurent Gbagbo a passé dix années de sa vie sous les geôles de la prison de Scheveningen.

Mais L'ex-Président Laurent Gbagbo n'était pas seul. À ses côtés se trouvait Charles Blé Goudé, ex Général de la rue et président de la galaxie patriotique. Ce dernier a subit les mêmes sorts que son mentor avec qui il a partagé les moments difficiles de la CPI. Laurent Gbagbo avec son filleul n'étaient qu'une infime partie de ceux qui ont été emprisonnés et exilés à la suite de cette crise. Tous, étaient ses proches et depuis, seul son camp a été poursuivi. Son épouse Simone Gbagbo avait été, elle aussi incarcérée en Côte d'Ivoire où elle a écopé de vingt ans de prison, puis grâciée par le Président de la République.

Plusieurs centaines autres personnes du camp Laurent Gbagbo ont été condamnées. Parmi elles, on peut compter des anciens responsables des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) tels que les officiers de gendarmerie Anselme Séka Yapo et Jean-Noël Abéhi. L’ancien commandant de la Garde républicaine, le général Bruno Dogbo Blé et une dizaine de militaires de rang.

Jusqu'alors, les seuls présumés sont Laurent Gbagbo et ceux qui ont fait partie de son pouvoir. Le camp Ouattara n'a pas encore été inquiétée ni par la CPI, ni par aucune autre juridiction. Le 31 mars dernier Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé furent définitivement acquittés par la Cour Pénal International. Il rentra en Côte d'Ivoire le 17 juin passé dans une liesse populaire au grand bonheur de sa famille politique et ses adeptes. Depuis lors, malgré sa condamnation par la justice ivoirienne à 20 ans de prison, Laurent Gbagbo mène ses activités sociopolitiques en toute liberté.

Avant son retour en Côte d'Ivoire, les politiciens de toutes tendances confondues avaient un seul mot sur les lèvres : La reconstruction. De l'autre côté, lui et son filleul prônaient aussi la paix et la réconciliation. Tous les ivoiriens et le reste du monde les ont entendus et pour celui qui est véritablement épris de paix, ce serait un grand bonheur que ce souhait soit réalisé. A la satisfaction de tous, deux grandes activités furent réalisées : la première fut la rencontre entre Laurent Gbagbo et le Sphinx de Daoukro. La seconde et la plus symbolique c'est la réception de Laurent Gbagbo par son ancien rival Politique, le Président Alassane Ouattara, à la Présidence de la République de Côte d'Ivoire.

Ce sont là de grands pas vers la réconciliation nationale. Les trois plus grands hommes politiques ivoiriens venaient de tracer les sillons d'une réconciliation tant recherchées. L'essentiel en Côte d'Ivoire, c'est la réconciliation à travers des pas et gestes sincères et concrèts et des actions à faire se pardonner les ivoiriens entre eux. Si ces trois grands se parlent déjà et surtout, si les deux anciens rivaux de l'élection présidentielle de 2010 qui a découlé sur la guerre, Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo, se sont retrouvés main dans la main, c'est un grand espoir qui a soufflé sur les cœurs des ivoiriens. Pendant que cet espoir va grandissant, rapprochant allégrement les ivoiriens, est-il nécessaire encore que le camp Ouattara soit poursuivi, parlant de la CPI?

Faut-il encore remuer le couteau dans la plaie ? Les ivoiriens sont certainement fatigué de jouer au même jeu aux issue abracadabrantes. Si la réconciliation abouti à une paix sincère, honnête et durable, rien ne pourra empêcher un regard approfondi vers les victimes, à la recherche de réparations. Tout est une question de volonté humaine puis politique. Rien ne coûte plus cher que la réconciliation et la paix !

Pour la réconciliation Nationale, est-il vraiment nécessaire que le camp Ouattara soit poursuivi?

Jean Didier Degolé

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