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Jean Bonin, ex-cadre FPI: "Que Gbagbo le veuille ou pas, Ouattara est le Président de la République"

Le 17 juin dernier l'actualité politique en Côte d'Ivoire aura été marqué par un évènement politique majeur, celui du retour en Côte d'Ivoire de l'ancien président de la République, Laurent Gbagbo.

Un retour intervenant après 10 longues années de combat judiciaire à la Cour Pénale Internationale (CPI), procédure judiciaire à l'issue de laquelle il a été des charges pesant contre sa personne.

De retour en Côte d'Ivoire, le président Gbagbo a repris la voie des actions politiques en scellant un alliance avec le président du PDCI-RDA, Henri Konan Bedié, alliance matérialié par une rencontre entre les 2 opposants, les 10 et 11 juillet dernier à Daoukro.

Mais pour le moment quid d'une rencontre avec le président de la République, Alassane Ouattara, celui là même qui lui a permis son retour en Côte d'Ivoire. Un manque qui a fait réagir un ex cadre du Front Populaire Ivoirien (FPI) en la personne de Jean Bonin Kouadio.

Sur ses réseaux sociaux, ce dernier est revenu sur les actions du président Gbagbo depuis son retour.

Jean Bonin :

" Depuis quelques mois, j’ai pris du recul avec la politique politicienne. En conséquence, j’ai démissionné du poste de vice-président du FPI que j’occupais et quitté le parti.  

Cette décision était essentiellement motivée par la nécessité d’être utile au développement de mon pays. Or, dans la conscience collective de mes compatriotes, être utile au pays est incompatible avec toute négociation ou collaboration avec le pouvoir en place. 

(...) Nonobstant ce recul assumé avec la politique, comme la plupart de mes concitoyens, je reste un observateur attentif de l’actualité politique, économique et sociale de mon pays. 

À cet égard, je me réjouis qu’après avoir été acquitté par la CPI, le président Ouattara ait permis à l’ex président Gbagbo de revenir dans son pays le 17 juin dernier. C’est un acte de haute portée politique que je voudrais humblement saluer. 

À contrario, je regrette que le président Gbagbo, une fois sur le territoire ivoirien ne soit pas allé saluer le Chef de l’Etat. Je peux comprendre qu’après des années à la CPI il puisse nourrir des ressentiments. C’est humain. 

Cependant, ce qui distingue les Grands Hommes et fait d’eux des hommes d’Etat, des Hommes Exceptionnels et au dessus du lot, c’est leur capacité à prendre de la hauteur et à pardonner. Nelson Mandela était de cette « race ». Et c’est à ce niveau que de nombreux africains souhaiteraient voir le président Gbagbo. 

(...) Que le président Gbagbo le veuille ou pas, Allassane Ouattara est le président de la république de Côte d’Ivoire. C’est lui qui lui a délivré un passeport diplomatique, autorisé son retour et mis à sa disposition le salon présidentiel de l’aéroport FHB, même s’il a finalement refusé de s’y rendre. 

Qu’il le veuille ou pas, Ouattara est jusqu’en 2025 le Chef du village. Or, nos traditions nous enseignent que lorsqu’on arrive au village on doit aller présenter ses civilités au Chef et l’informer qu’on est là. Ce n’est pas un signe de faiblesse, bien au contraire, car l’humilité précède la gloire. 

En dehors de quelques revanchards qui rêvent d’un hypothétique match retour, qu’est-ce que cela coûtait au président Gbagbo d’aller saluer son aîné le président Ouattara, avant d’aller sceller une quelconque alliance politique avec Bedié ? Bedié n’était il pas lui-même au Golf Hôtel aux côtés de Ouattara et de Guillaume Soro ?! N’est-il pas lui aussi comptable de la chute du pouvoir FPI et du transfèrement de Gbagbo à la CPI ? Quel est l’intérêt et le gain politique qu’il pourrait tirer de cet agissement sélectif ?

Cette posture que le président Gbagbo a décidé d’adopter peut-elle plaider en faveur de la libération des prisonniers militaires, du retour de Charles Blé Goudé et de son amnistie pour les crimes économiques pour lesquels ils a été précédemment condamné ? Rien n’est moins sûr. 

Il faut déplorer le fait que la réconciliation nationale soit devenue un simple slogan que chacun entonne pour se donner bonne conscience. Mais à l’épreuve des faits on se rend bien compte qu’il y a un fossé abyssal entre les actes et les déclarations d’intention. Certaines attitudes trahissent toute aptitude des uns et des autres à aller à la réconciliation vraie. 

N’est-ce pas la courtoisie élémentaire que de rendre visite au chef d'Etat en exercice, quand on a soi-même exercé le pouvoir d’Etat. Rendre visite est un acte symbolique qui, plus que des mots, aurait, j’en suis persuadé, quelque peu brisé la glace et le mur de méfiance entre les protagonistes. Évidemment, il faudra d’autres symboles encore plus forts pour arriver à la réconciliation nationale. Mais le 1er pas d’une longue marche est toujours le plus important car il imprime la cadence par sa détermination. 

En s’abstenant de le faire on peut observer par les levées de bois vert auxquelles on assiste actuellement que cela crée de la tension. Le pouvoir et ses partisans se demandent ce que sont les réelles intentions du président Laurent Gbagbo et de ses alliés circonstanciels.

(...)À, Daoukro, dans son allocution lors de la réception de Gbagbo, le président Henri Konan Bédié, a dit ceci « mon ambition pour la Côte d'Ivoire est d'apporter les forces qui me restent, pour la réconciliation vraie dans mon pays ". Je voudrais le saluer et le féliciter pour cet engagement qu’il a publiquement pris. Les actes doivent suivre. 

Je plaide pour que nos trois Grands mettent balle à terre. La belligérance ne saurait être une fatalité à laquelle nous sommes condamnés à vivre et à revivre. Tous, à un moment où un autre, nous avons expérimenté la méchanceté, la haine, la rancune et la rancoeur. Ces ressentiments ne nous ont pas apporté le bonheur tant espéré. Le temps n’est-il pas venu, humblement, que nous expérimentions l’amour du prochain, la fraternité et l’humilité. "

Ces propos de M. Jean Bonin Kouadio traduisent son espoir de voir la Côte d'Ivoire réellement sur le chemin de la réconciliation, une réconciliation qui devra être véritablement enclenchée par les 3 grands leaders politiques de notre pays.

Tendre la main vers son adversaire n'est point un signe de faiblesse et le 7 août prochain, jour célébrant l'indépendance de notre pays, sera peut-être une occasion pour sceller une paix définitive entre nos politiques en Côte d'Ivoire, l'on aimerait bien voir le président de la République, Alassane Ouattara, inviter ses prédécesseurs à cette célébration pour sceller une réconciliation vraie.

Aimé. Y

Content created and supplied by: Aimé.Y (via Opera News )

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