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Pour Paul Kagamé, « les coups d’État sont le fruit de la mauvaise gouvernance » et il se justifie

La sous-région ouest africaine est en proie à de récurrents coups d’Etat dont le dernier est intervenu au Burkina-Faso. D’ailleurs, ce dernier putsch militaire a été l’objet d’un sommet virtuel des Chefs d’Etat de la CEDEAO ce vendredi. Au terme de cette rencontre, les Chefs d’Etat ont décidé de la suspension de ce pays de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Fait notable en dehors de cette suspension, aucune autre sanction n’a été prise contre le Burkina-Faso. Toutefois, une délégation des Chefs d'état-major des armées de la CEDEAO se rendra demain samedi à Ouagadougou suivie d'une autre mission ministérielle le lundi. A l’issue de ces missions de bons offices, un sommet se tiendra le 3 février à Accra « pour décider d'imposer ou non d'autres sanctions ».

Se prononçant sur ces coups de force en Afrique dans le cadre d’un entretien qu’il accordé au panafricain Jeune Afrique, le Président rwandais, Paul Kagamé, âgé de 64 ans aujourd’hui et à la tête de son pays depuis 22 ans, s’est voulu très clair. Paul Kagamé dit ne pas approuver ces incessantes intrusions des hommes en armes dans les palais présidentiels sur le continent mais il leur trouve tout de même des circonstances atténuantes.

Pour lui, les coups d’Etat s’expliquent par l’échec des politiques à apporter les réponses idoines aux préoccupations des populations. « C’est, dans une certaine mesure, le résultat d’une défaillance dans la gouvernance » commence-t-il et d’ajouter « ce n’est pas juste la faute des militaires, les civils ont aussi une responsabilité ». Enfonçant le clou, l’homme fort de Kigali assène « le rôle des militaires n’est pas de conduire ce genre d’action, mais on ne peut ignorer que, dans certains cas, les civils commettent, eux aussi, des actes contestables » déclare l’homme qui a été dans le maquis à la tête d’une rébellion avant de prendre les rênes du pouvoir au Rwanda.  

Pour Kagamé les choses semblent très simples « Si, sous un gouvernement civil, la situation se détériore et que les gens meurent, que les problèmes s’accumulent et qu’en plus les autorités se servent des militaires pour truquer les élections, qui doit-on blâmer lorsque l’armée renverse ces gouvernements ? » interroge-t-il.  Cet ex combattant va ensuite défendre la grande muette « je trouve inapproprié de ne critiquer que les militaires et de ne pas blâmer les civils qui les ont utilisés pour se maintenir au pouvoir. J’imagine que c’est à partir de ce genre d’analyse que certains disent qu’il y a des bons et des mauvais coups d’État » .

        Voici une sortie de l’homme fort de Kigali qui fera certainement couler beaucoup d’encre et de salive et surtout de la part de ceux qui ne jurent que par le jeu démocratique sur le continent.

Content created and supplied by: SGB78 (via Opera News )

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