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Gouvernance : de retour au pays, quel sort le PR Ouattara réserve aux DG des structures épinglées ?

Lentement mais insidieusement comme un mal pernicieux, la corruption corrompt et s’étend à tout le corps social. En dépit de l’existence d’une pléthore de structures et de mécanismes mis en place pour l’endiguer, comme une mauvaise herbe, la corruption croit allègrement. Semblable à une gangrène, elle se propage et sape les fondements d’une société juste et égalitaire offrant les mêmes chances de succès à tous ses enfants.

Cette tare qui se présente comme la mise en vente de la conscience humaine revêt diverses formes. Que ce soit  sous forme de « dessous de table » versés à des responsables officiels pour qu’ils agissent plus rapidement ou plus favorablement, le détournement de deniers publics par des serviteurs de l’Etat, la fraude qui passe par la falsification de chiffres, de données ou la surfacturation de travaux ou dans l’acquisition de biens ou équipements, l’extorsion de fonds par des moyens de coercition ou la force, le favoritisme, le ,népotisme ou la corruption lors de recrutements, l’influence exercée par certaines personnalités pour protéger leurs parents ou les soustraire à la rigueur de la loi, l’escroquerie lors d’opérations de ventes ou d’acquisition de terrains urbains à usages d’habitation, le trucage des appels d’offres à travers des prête-noms, la corruption en période électorale avec le convoyage des électeurs, le droit de cuissage qui n’est autre que des privilèges octroyés en échange de faveurs intimes… la corruption tient fermement dans ses serres tous les piliers fondamentaux de notre société moderne. Malheureusement les conséquences sont multiples et multiformes nous payons tous le prix.

Conscients des effets néfastes de la corruption sur le développement harmonieux d’une nation, les autorités n’ont de cesse, multiplié les professions de foi pour y mettre un terme ou à défaut pour en réduire drastiquement l’influence.

En janvier 2018, alors qu’il participait à Addis-Abeba à un sommet des Chefs d’Etat de l’Union Africaine sur le thème « Gagner la bataille de la lutte contre la corruption : Une voie durable vers la transformation de l’Afrique », le Président Ouattara, déjà à l’aéroport à son arrivée, indiquait qu’en matière de lutte contre la corruption, « la Côte d’Ivoire fait tout ce qu’il faut pour améliorer la bonne gouvernance ». Il a également fait savoir que sur le sujet, « nous sommes tout à fait à l’aise en Côte d’Ivoire avec toutes les mesures qui ont été prises depuis des années. La semaine dernière, nous avons mis en place la Cour des comptes. C’est un élément important de surveillance des comptes publics. Nous avons considéré qu’il fallait en même temps mettre en place la Haute autorité pour la bonne gouvernance dont le président a prêté serment ».

L’année suivante soit en janvier 2019, lors d’un lors d’un séminaire à Abidjan des représentants de la Région Afrique du Fonds monétaire international (FMI), il réaffirmera sa volonté « d’accentuer encore plus » la lutte contre la corruption et de prévenir « Nul n'est au-dessus de la loi en Côte d'Ivoire, ce n’est pas la peine de téléphoner au Premier ministre, au vice-président ou au ministre de la Justice pour plaider pour quelqu'un, ça ne va pas marcher parce qu'au finish je suis la personne qui est responsable ».

En dépit de tous ces efforts, l’un des derniers rapports de l’ONG Transparency International classe le pays à la 106e place sur 180 pays.

Réélu en octobre dernier, le Chef de l’Etat Alassane Ouattara a annoncé sa volonté lors de la campagne de faire de la lutte contre la corruption l’une des priorités de son nouveau mandat.

C’est dans ce contexte que le 25 juin 2021 dans un communiqué, le gouvernement ivoirien a  suspendu à titre conservatoire, plusieurs responsables de certaines entreprises publiques de leurs fonctions en vue de conduire des audits, suite à des investigations préliminaires sur la bonne gouvernance desdites structures de l’Etat. Il s’agit du directeur général de la Nouvelle pharmacie de la santé publique (NPSP), Pr Yapi Ange Désiré, de son directeur des affaires administratives et financières, Cissé Drissa, et de son directeur des affaires logistiques, Coulibaly Telvigue Gbon. La mesure de suspension concerne aussi le directeur général de l’Agence de Gestion et de Développement des Infrastructures Industrielles (AGEDI) Ouattara Youssouf, du directeur général de l’Autorité de Régulation de la Télécommunication/TIC Côte d’Ivoire (ARTCI), Bilé Diéméleou, et du directeur général l’Agence de gestion foncière (AGEF), Coulibaly Lamine.

De retour au pays hier mercredi 30 juin 2021, après avoir pris part à Accra au Ghana au 59e sommet ordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) suivi d’un séjour privé en France, les yeux sont désormais rivés vers le Chef de l’Etat pour voir la suite qu’il donnera à cet autre dossier en rapport avec la bonne gestion des deniers publics. Mais en attendant l’onde de choc de cette affaire se propage au sein des autres structures de l’Etat qui certainement pourraient recevoir la visite des missions commises à ces audits. L’extension de ces audits à l’échelle serait un grand pas dans la gestion rigoureuse des deniers publics au profit de tous.

Content created and supplied by: SGB78 (via Opera News )

pr ouattara

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