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La réponse cinglante de Fernand Dédeh à Mamadou Koné : "votre discours était partisan et injurieux"

C'est une réponse cinglante de Fernand Dédeh au président du conseil constitutionnel, Mamadou Koné, au lendemain de son discours. Il estime que celui-ci était "politique, partisan et injurieux".

Le président du conseil constitutionnel avait déclaré : "Il en a été ainsi parce que, un débat fondamentalement juridique et d’une technicité suffisamment pointue pour diviser, même les spécialistes de cette matière, a quitté son domaine naturel, le droit, notamment le droit constitutionnel, pour investir un autre champ et devenir, de ce fait, un débat politique".

A la suite de plusieurs intellectuels dont André Silver Konan, Fernand Dédeh, le journaliste et analyste politique a réagi. Une "réaction de dépit", a-t-il précisé.

"M. Koné Mamadou a fait une sortie de route grave devant les invités à la prestation de serment du président de République. Devant des chefs d’Etat étrangers et la communauté Internationale. Un discours de salon sur la place publique qui discrédite son auteur", selon Fernand Dédeh.

Ajoutant que "La guerre des interprétations de la constitution a étouffé le juge constitutionnel. C’est son droit. Mais pas celui de manquer de respect au peuple de Côte d’Ivoire. Le peuple est justement un tout : ceux qui sont bardés de diplômes et ceux qui, pour une raison ou une autre, traînent au sous-sol de la République et qui n’ont pour « tout diplômes que leurs extraits de naissance».

Mamadou Koné avait, en effet déclaré que "Chacun y est donc allé de son interprétation, depuis les Professeurs titulaires de la chaire de droit constitutionnel, jusqu’à ceux qui ne possèdent, comme seul diplôme, que leur acte de naissance".

Ces derniers, à en croire l'analyste "n’en sont pas moins hommes et la constitution que M. Koné Mamadou est chargé de contrôler et d’appliquer leur donne le droit de vivre, de penser. Ils ont droit à une opinion. Elle peut ne pas plaire, elle peut être en déphasage avec la réalité mais ils ont le droit de l’exprimer. Il n’y a pas un peuple de diplômés qui a tous les droits et un peuple détenteur des « extraits de naissance » qui doit subir".

"Vous m'avez choqué"

Pour lui, "C’est même une injure à la Côte d’Ivoire profonde. À tous nos anciens, nos parents qui n’ont pas été à l’école mais qui ne sont pas moins sages. D’ailleurs, des universitaires, pour valider leurs diplômes et thèses, parcourent le pays, à la rencontre de ces hommes et ces femmes « qui n’ont pour tout diplômes que leurs extraits de naissance ». Certains mêmes ne possèdent d’extraits de naissance mais connaissent la réalité de l’organisation de leurs sociétés et la transmettent !".

Notons que ASK, de son côté, avait déclaré : "un président de conseil constitutionnel n'est pas là pour interpréter la loi, il est là pour dire la loi, après les interprétations des individus. C'est dommage qu'au 21è siècle, des fonctionnaires de haut rang ne sachent même pas ces petites nuances ou fassent semblant de ne pas le savoir, ce qui est pire. La crise permanente des valeurs intellectuelles, fend mon âme".

"Non, Monsieur le Président, vous m’avez choqué. Vous avez été trahi par votre discours. Il n’était plus technique. Il était politique, partisan et injurieux ! Vous m’avez choqué !", a martelé de son côté, Fernand Dédeh.

Content created and supplied by: Ivoir'Soir.net (via Opera News )

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