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Les dessous diplomatiques du séjour de Gbagbo au Congo : la vérité sur ses liens avec Tshisekedi

Le Laurent Gbagbo qui est revenu de Belgique le 17 Juin dernier, est loin de l'image de l'homme affaibli, impuissant, transféré vers la Haye, aux Pays-Bas, ce fameux 02 Décembre 2011, pour être jugé par la Cour Pénale Internationale (CPI).

Acquitté définitivement au terme de 10 années d'une procédure judiciaire aux multiples rebondissements, l'ex chef d’état qui jouit encore d'une popularité indéniable, n'est pas venu en simple réconciliateur. 10 ans après avoir perdu le pouvoir, dans des conditions injustes selon lui, il a débarqué sur les bords de la Lagune Ebrie avec une ambition bien claire : retourner au Palais présidentiel.

Et il s'en donne les moyens. Remobilisation de ses troupes, déclarations offensives, mais aussi, retour sur la scène diplomatique. Il est d'ailleurs l'un des adeptes de la doctrine selon laquelle, une guerre se gagne avec des alliés.

Au-delà des contingences internes, les enjeux geostrategiques sont déterminants dans l'issue d'un bras de fer politique. Il en a fait l'expérience durant sa présidence, par ses rapprochements avec les régimes Mbeki en Afrique du Sud, et Dos Santos de l'Angola, dont la proximité avec son pouvoir, était un secret de polichinelle. Parallèlement, les relations diplomatiques de ses adversaires, notamment son successeur, Alassane Ouattara, lui ont été fatales au bout d'une longue période de confrontation politique.

Aujourd'hui dans la peau de l'opposant, il réalise que les cartes sont rebattues. Le rayonnement de son rival "reconnu par la communauté internationale" en 2010, s'est essoufflé avec la crise électorale du 3ème mandat, les interventions militaires de la France en Côte d'Ivoire, puis en Libye, ajoutées aux positions controversées observées par Paris dans les crises en Centrafrique, au Mali, au Tchad, etc, ont profondément modifié la nature des schémas que pourraient envisager l'Élysée dans les situations de crise en Afrique.

De plus, la "victime", c'est lui. Celui qui disait "vrai" dans le contentieux de 2010, c'est encore lui, puisqu'il a été blanchi par la justice internationale.

Son déplacement au Congo-Kinshasa, au cours duquel il a rencontré, en dehors de son hôte, Jean-Pierre Bemba, l'actuel chef de l’état Congolais, Félix Tschisekedi ce Dimanche 04 Juillet, augure d'une posture qui est sans doute loin d'être anodine. Dans l'ex République du Zaïre, Laurent Gbagbo est en territoire conquis.

Le dirigeant Congolais et lui, en plus d'être un partenaire idéologique au sein de l'Internationale Socialiste (IS), a toutes les raisons de soutenir le prédécesseur d'Alassane Ouattara.

Selon RFI, dans une publication parue dans la soirée de ce Lundi 05 Juillet, "Les rapports ont toujours existé entre le camp Gbagbo et la famille Tshisekedi. Politiquement, Étienne Tshisekedi, le père de l’actuel chef de l’État congolais et Laurent Gbagbo se respectaient et entretenaient des bonnes relations. Le Front Populaire Ivoirien était le partenaire de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Les deux mouvements étaient même considérés comme deux partis importants de la branche Afrique de l’internationale socialiste vers la fin des années 2000".

Espoir du renouveau démocratique au Congo-Kinshasa après le départ de Joseph Kabila en Janvier 2019 et actuel président de l'Union Africaine (UA) depuis le 07 Février 2021, il apparaît comme un allié stratégique pour Laurent Gbagbo, résolu à se frayer à nouveau, un chemin vers le Palais du Plateau, à Abidjan. 

Raoul Mobio

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

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