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Bras de fer Gbagbo-Ouattara : intimidation contre résistance ?

Certains partisans du régime Ouattara rêvaient de voir Laurent Gbagbo s’aligner dans la réconciliation des lèvres à laquelle les Ivoiriens sont désormais accoutumés. La montagne aura accouché d’une souris. L’ex-président ivoirien semble vouloir tenir la dragée haute à ses adversaires politiques qui l’ont fait passer une dizaine d’années loin de sa patrie. Le bras de fer entre Gbagbo et Ouattara se précise. Chacun espérant prendre l’ascendant psychologique.

« Le chef de l'État s'attendait à cet acquittement, et n’a donc pas été surpris. Il n'empêche. Nul doute qu'il n'a pas exulté en prenant connaissance du verdict… Il n'est pas pressé de voir rentrer Gbagbo, mais il tiendra ses engagements », révélait Jeune Afrique relativement à l’acquittement de Laurent Gbagbo le 31 mars 2020. Ce n’est un secret pour personne. Le retour de Laurent Gbagbo sur la terre de ses ancêtres n’était pas vu du bon œil par le régime Ouattara.

Le vin étant tiré. Il ne restait plus qu’à le boire, c’est-à-dire, pour Alassane Ouattara, respecter ses engagements auprès des institutions internationales notamment la Cour pénale internationale (CPI) en acceptant le retour des détenus les plus célèbres de la prison de Scheveningen.

Sinon, comment comprendre l’absence remarquable des officiels à l’aéroport lors du retour de l’ex-président ivoirien qu’Alassane Ouattara appelle son frère ?

A l’analyse, les deux hommes, Gbagbo et Ouattara, se livrent un bras de fer. Le défi reste pour les actuels occupants de la Maison présidentielle d’Abidjan de faire rentrer Laurent Gbagbo dans leurs rangs. La tentative est risquée et incertaine car l’électron libre Laurent Gbagbo n’a jamais trempé sa barbichette dans la soupe du pouvoir de Félix Houphouët Boigny. Il lui serait difficile de se défaire de ses principes pour s’aplatir devant son adversaire politique.

Ouattara attend le coup de fil de Gbagbo

Les révélations du confrère Jeune Afrique du mardi 09 février 2021 à 15 h 54 selon lesquelles Alassane Ouattara attend le coup de fil de Gbagbo, participent à comprendre cette velléité de faire rentrer l’ex-président ivoirien dans les rangs, l’amener à s’aligner. Ce qui frise, c’est le cas de le dire, le chantage. « Alassane Ouattara insiste, en coulisses, pour que l'ancien Président Laurent Gbagbo lui téléphone », révélait le confrère.

Imposer à Gbagbo son timing 

Toujours dans l’optique de tenir le haut du pavé, le régime d’Abidjan semblait jouer la montre ou imposer son timing à Gbagbo. La délivrance de son passeport cinq mois après la demande, les interminables rencontres de préparations de son retour confortent cette thèse. Pour infléchir sa position au bouillant Gbagbo, le régime Ouattara maintient sur sa tête une épée de Damoclès : sa condamnation à 20 ans d’emprisonnement dans l’affaire de la Bceao. Mercredi 23 juin 2021, soit cinq jours seulement après le retour de Gbagbo, ses partisans sont arrêtés. C’est le cas de Billaud Zéréhoué Secrétaire général adjoint chargé de la Sécurité du FPI. Il lui est reproché de n’avoir pas respecté l’itinéraire tracé par les autorités ivoiriennes pour le cortège de Gbagbo.

Comme il fallait s’y attendre, Gbagbo ne mord pas à l’hameçon. Au contraire, l’ex-président ivoirien lance des pierres dans le jardin du régime Ouattara à travers des critiques acerbes au cours des entretiens sur les médias internationaux. Il affirme avoir gagné la présidentielle 2010 et demande de chercher les auteurs des 3.000 morts de la crise postélectorale dans le camp de Ouattara. Il n’est pas erroné d’affirmer que Gbagbo et Ouattara s’évitent car les deux ‘‘frères’’ ne sont pas encore rencontrés depuis le retour de l’ex-président après une dizaine d’années de détention.

Il est libre de ses discours

« Il est libre d'aller où il veut. Il est libre de ses discours et il est libre de ce qu'il dit. Nous n'avons pas de réaction particulière quant à ce que monsieur Laurent Gbagbo peut dire dans ses discours », affirmait Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement. Il est clair : l’idée semble être d’ignorer Laurent Gbagbo, de considérer son retour ou ses propos comme un non évènement. Jusqu’à quand le régime Ouattara pourra-t-il continuer à ignorer Gbagbo d’autant que celui-ci consolide l’opposition ivoirienne à travers le rapprochement entre le FPI et le PDCI sans oublier les autres partis qui souhaitent entrer dans cette coalition ?

Cyrille NAHIN 

Content created and supplied by: Cyrille_NAHIN (via Opera News )

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