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Comment un maquis situé en pleine brousse recevait des filles de joie à Jacqueville

Le coin à la réputation sulfureuse était bien silencieux, lors de notre passage au début du mois de juillet. Le calme tranche avec l'ambiance habituelle des maquis. En fait, les activités sont à l'arrêt depuis quelque temps, car le propriétaire a été interpellé par la gendarmerie de Jacqueville. Pas pour des raisons liées à son activité, mais c'est tout de même pour une histoire de mœurs. L'homme est accusé d'avoir abusé d'une fille de 14 ans qu'il a même engrossée. La famille de la mineure a porté plainte contre lui. L'homme a été interpellé par les forces de l'ordre et placé sous mandat de dépôt, depuis avril dernier. Il a été déféré à la prison de Dabou, dans l'attente de son jugement. Ça, c'est ce que tout le monde sait. Côté business, l'homme avait un espace maquis pompeusement baptisé le Ballon d'or, qui dissimulait une activité peu catholique.

(Le Ballon d'or se trouve à quelques kilomètres de piste, après Jacqueville)

Les vendredi, samedi et dimanche, c'était le passage obligé de quelques initiés. C'est là que les amateurs de chair fraîche et de sensations fortes, à Jacqueville, se donnaient rendez-vous. Le coin est situé hors de la ville, en pleine nature. Pour y accéder, il faut suivre une piste. Elle serpente entre les cocotiers et des champs de manioc. Le long du chemin, des pancartes indiquent la direction, pour ne pas se perdre. Quelques maisons en cours de construction sont visibles ça et là.

Après plusieurs détours, on débouche enfin sur un carrefour, avec une grande pancarte portant le nom de l'endroit et des numéros de téléphone. Malheureusement, aucun numéro ne passe. Qu'à cela ne tienne ! En fait, on y est presque déjà. En poursuivant tout droit, à environ deux cents mètres, le Ballon d'or est là.

(Une vue de la cour intérieure. Une estrade tient lieu de podium aux prestations artistiques)

Situé en bordure de la route, le coin ne paie pas de mine. Pour cause. Des graffitis avec un portait de Drogba, la légende du football de Chelsea et ex-capitaine des Éléphants de Côte d'Ivoire est dessiné sur un pan de la clôture.

(La façade de la demeure le "Quartier Didier Drogba")

Le portail est bouclé. Pas de gardien non plus. A l'intérieur, il n'y a personne ce matin-là. Seul, un petit chien assis sur le sable blanc nous observe. Des bouteilles de bière et autres alcool sont amasées dans un coin de la cour. Elles témoignent, s'il en était besoin, de la ferveur qui a lieu dans le coin, lors des soirées endiablées. 

Ici, il n'y a ni électricité ni eau courante. Mais le propriétaire a installé un groupe électrogène et un forage qui fournissent l'eau et le courant à la demande.

(Ici, le Ballon d'or avec sa piscine, à gauche de l'image)

En fait, la cour (nommée le "Quartier Didier Drogba") hébergeait les filles qui travaillaient au maquis le "Ballon d'or". L'espace Ballon d'or à proprement parler est situé quelques mètres plus loin. Ouvert aux quatre vents, l'endroit est emménagé pour recevoir les clients, sous deux vastes hangars. Le service (ou les soirées festives) commence véritablement la nuit. On y sert principalement de l'alcool et des liqueurs fortes, au son de la musique. La boisson est servie aux clients par les filles, entièrement nues.

Entre deux verres, quand un client a envie de satisfaire sa libido, il lui suffit de le faire savoir à celle qu'il désire. Le tarif minimum de la passe est de 5 000 FCFA. Les rencontres intimes ont lieu dans les bungalows sur place, sous la supervision du gérant qui veille au grain.

(Quelques bungalows à la disposition des clients pour des services plus intimes)

Pour ceux qui désirent profiter des joies de la baignade en compagnie des filles dénudées, il y a une piscine tubulaire (hors sol), de forme ronde installée là.

Dans une vidéo que nous a présenté un client anonyme, les filles dansent nues et jouent dans l'eau, sous le regard des clients. Ces péripatéticiennes venaient d'Abidjan. Elles servaient ici, au "Ballon d'or" et dormaient l'autre côté, au "Quartier Didier Drogba". Un véritable lupanar à ciel ouvert, entretenu en pleine brousse loin des regards indiscrets. Le réseau semblait bien rodé et fonctionnait de bouche à oreille, pour attirer la clientèle.

(Tout au bout de cette route se trouve le QG du ballon d'or)

Le propriétaire du coin est un homme connu dans la cité balnéaire de Jacqueville. Avant de créer son fameux Ballon d'or avec ces excentricités, il avait un maquis-restaurant situé face au lac artificiel qui borde la résidence cossue de la famille Yacé. 

Depuis l'arrestation du baron, le Ballon d'or est désormais orphelin de son propriétaire. Sur l'espace désert, il y a encore les souvenirs des soirées torrides. Ici et là, des bouteilles vides d'alcool et des canettes jonchent le sol. Certaines bouteilles, avec des racines à l'intérieur, contenaient visiblement du "koutoukou" ou autres breuvages du genre. Les bungalows et les autres installations sont encore là, hormis le groupe électrogène qui a été enlevé. Faute d'entretien, les hautes herbes commencent à envahir le site. En attendant peut-être le retour (ou non) du propriétaire. Mais rien n'est moins sûr. Les oreilles de Didier Drogba vont sans doute siffler en découvrant jusqu'où son nom est allé... On peut se demander qu'est-ce qui a bien pu pousser le propriétaire du coin à associer le nom de la légende du foot à son business.

Content created and supplied by: Fatogoma (via Opera News )

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