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Affaire Bceao/Accusé d'avoir volé de l'argent : Koné Katinan sans détours : "Je suis prêt à assumer"

. Je mets la Bceao au défi de me montrer ses comptes...

. J'aurais fait la même chose si j'étais ministre de Ouattara

Justin Koné Katinan, ici à la rédaction du groupe Cyclone éditeur de Le Temps, ce mardi 18 mai (Ph. DR)


eux qui pensaient que le ministre délégué chargé du budget de Laurent Gbagbo lors de la crise postélectorale de 2011 ferait profil bas dans l'affaire du casse de la Bceao, une fois en Côte d'ivoire, devront se raviser. Justin Koné Katinan, c'est de lui qu'il s'agit, reste inflexible face à cette affaire qui reste avant tout pour lui, une question d'honneur, de dignité et de responsabilité.

Face à nos confrères du Nouveau Réveil qui le recevaient dans le cadre de ses tournées dans les rédactions en vue d'informer l'opinion sur le retour de Gbagbo au pays, l'ancien exilé au Ghana s'est expliqué. Avant de livrer sa position sur l'affaire, il a dit s'en tenir à la déclaration du procureur qui l'a présenté comme un amnistié.

Mais pour l'histoire, l'hôte du Nouveau Réveil est revenu sur quelques traits majeurs de ce dossier pour lequel il a échappé au moins à trois rapatriements en Côte tant il était l'exilé le plus recherché. A la question de savoir ce qu'il en est du dossier de la Bceao, Katinan a eu cette réponse : "... Il y a des accusations qui font très mal, qui sont blessantes et qui vous marquent toute la vie. M'accuser d'avoir volé à la Bceao, je n'ai jamais supporté cette accusation totalement fausse. M'accuser d'avoir traîné des milliards dans un contexte que tout le monde connaît, je ne peux pas accepter ça. Je mets la Bceao au défi de me montrer tous leurs comptes. Tu ne peux pas être fiscaliste d'un certain niveau et ne pas être comptable. Que la Bceao fasse sortir tout son rapport, son bilan et des comptes d'exploitation de 2012. Cela me paraît important et un jour on va y arriver. (...) Ce que nous avons fait pendant cette période de crise, nous l'avons fait par patriotisme. N'importe lequel des gouvernements et j'occupais ce poste, j'aurais fait la même chose. Parce qu'il s'agissait simplement d'une question de patriotisme. Et sur ce plan, je ne me colle aucune étiquette politique quand il s'agit de la patrie. Et je le dis, je ne suis pas d'accord avec avec la position du gouvernement français d'alors qui a obligé la Bceao et les banques commerciales à fermer. Ça, je suis prêt à assumer. Non seulement je le dis mais je l'ai écrit dans mes livres. C'était un des actes criminels et ce n'est pas acceptable. Ça n'a pas été fait parce que c'est Gbagbo Laurent mais c'est une injure à la Côte d'ivoire en tant que nation. Et moi, en cette période j'aurais fait ce que j'ai fait. Même si c'est M. Ouattara qui était président et j'étais ministre, j'aurais fait la même chose. Ça, c'est une position pour moi qui est non négociable. Donc sur la Bceao voici ce que je peux dire. Je n'ai rien volé. Dieu merci, on dit que j'ai été amnistié. Je prends ça et on avance".

Cette réponse de Katinan a le mérite d'être entendue tant elle dénote de la volonté de l'accusé de ne point se dérober. La rumeur abidjanaise faisait de Katinan l'homme qui avait dévalisé la Bceao en pleine crise. Un scénario digne de Sia Popo ou d'un film hollywoodien. La même rumeur avançait le chiffre de plus de 200 milliards de Fcfa qu'il aurait traînés jusqu'au Ghana voisin dans sa fuite.

Le rapport des huissiers de justice sur ce dossier explique pourtant comment l'inventaire des billets et monnaies dans les soutes de la banque a été fait quand la Côte d'ivoire sous ordre du gouvernement Gbagbo réquisitionnait la Bceao après la décision de la France de déconnecter la Côte d'ivoire des flux financiers extérieurs. Le procès-verbal fait par des huissiers ivoiriens faisait ressortir une somme disponible totale de 68,9 milliards de Fcfa au 26 janvier 2011.

On connaîtra peut-être la vérité sur toute cette histoire un jour comme le souligne Koné Katinan.

Content created and supplied by: SylvainGuédéDebailly (via Opera News )

Affaire Bceao

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