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Bombardement de Bouaké : la France a-t-elle sacrifié ses soldats pour ses intérêts en Côte d’Ivoire?

Le procès du bombardement de Bouaké du 06 novembre 2004 s’est terminé jeudi 15 avril 2021 avec beaucoup de zones d’ombres voulues par les autorités françaises elles-mêmes. Ce refus manifeste de faire la lumière sur ce dossier et les dernières révélations de Koné Katinan, ex-ministre du budget sous Laurent Gbagbo, orientent plus vers un sacrifice des soldats français par l’Elysée pour faire porter le chapeau à l’ex-président ivoirien.

D’emblée, Emmanuel Leclère, journaliste, grand reporter à France Inter révèle dans l’édition du 10 avril 2021 que les milieux d’affaires français ont poussé le régime Gbagbo à mener une opération militaire contre la rébellion en 2004 car dit-il, les banques commençaient à fuir le pays, les factures d’électricité n’étaient plus payées dans la partie Nord du pays et le chemin de fer entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso était à l’arrêt.

Outre ces velléités des patrons français de l’eau, de l’électricité et des rails en Côte d’Ivoire, les rapports écrits du général Georgelin, chef d’Etat-major sous Jacques Chirac, révélés par Koné Katinan traduisent les manigances de l’Elysée pour contraindre Laurent Gbagbo à renoncer à l’opération Dignité contre les rebelles à Bouaké.

Du reste, Jacques Chirac a essayé, le 02 novembre 2004, via, un coup de fil, de dissuader Laurent Gbagbo. Toujours dans les notes déclassées du chef d’Etat-major de Jacques Chirac, le général Georgelin, cette même tentative de dissuasion refait surface.

Il y est mentionné, selon les révélations de Koné Katinan, les risques que ces frappes de Gbagbo pourraient occasionner. ‘‘condamnation de la communauté internationale, isolement sur le plan politique, riposte possible des rebelles, intervention possible du Burkina Faso et du Libéria, incidents graves avec l’Onuci et la Force Licorne, effet Boomerang…Nous avons un mandat des Nations Unies, nous serons obligés de le remplir.’’ révèle Koné Katinan non sans oublier le recours par le général français à des avions de guerre de type Mirages F1 basés à Libreville au Gabon.

Pour l’ex-ministre du budget de Gbagbo, la réussite de l’opération Dignité, visant pour la Côte d’Ivoire à récupérer une partie de son territoire des mains de la rébellion, marquait la fin des accords de Linas Marcoussis et la déchéance de l’influence française en Côte d’Ivoire et en Afrique.

Le refus des autorités françaises anciennes comme actuelles de faire la lumière sur cette affaire semble conforter la thèse du sacrifice pour les intérêts de la France. Un soldat ne doit-il pas mourir pour l’honneur de sa patrie ?

 

Cyrille NAHIN  

Content created and supplied by: Cyrille_NAHIN (via Opera News )

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