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Côte d’ivoire : voici le décret de Ouattara qui a sauvé les fonctionnaires ivoiriens

Alassane Ouattara est arrivé au pouvoir en Côte d’ivoire en avril 2011, après l’arrestation de Laurent Gbagbo, au moment où, il faut avoir le courage de le dire, les fonctionnaires ivoiriens (en tous cas la majorité) vivaient sous le poids d’un surendettement sans précédent. Les maisons de crédits, érigées en véritable ‘’margouillat’’, prospéraient pendant que les travailleurs de Côte d’ivoire devenaient de plus en plus pauvres et misérables.

Pendant plusieurs années, des fonctionnaires ont vu leurs bulletins de salaires porter la mention suivante : ‘’Net à virer = 0FCFA’’ ou ‘’Net à virer = -14000FCFA’’.

Un fonctionnaire pouvait donc travailler pendant plusieurs années sans rien recevoir en retour chaque mois. Certains sont morts de faim ; d’autres se sont suicidé. D’autres encore ont préféré abandonner leurs postes de travail pour se retrouver purement et simplement au village afin d’échapper à la mort ou à la risée du voisinage.

Il s’agissait donc d’une période où les maisons de crédits étaient les maîtres des salaires des fonctionnaires de Côte d’ivoire. Et le service des précomptes des finances jouait, en ce moment-là, le rôle de complice et regarder les fonctionnaires mourir à petit feu sans réagir. Travailler pendant des années sans jouir de son salaire, des fonctionnaires ivoiriens ont vécu cette situation.

En clair, le service des précomptes des finances pouvait, sans aucune retenue, prendre tout le salaire du fonctionnaire et le remettre aux maisons de crédits. Résultat, le fonctionnaire n’avait rien et devait encore s’endetter pour continuer à nourrir sa famille.

Quelle était la stratégie pernicieuse de ces maisons de crédits ? Elle était la suivante : un fonctionnaire éprouvant des difficultés financières se rend dans une maison de crédit, accompagné par un homme désigné sous le vocable de ‘’margouillat’’ qui est le complice immédiat de cette maison de crédits. Arrivé à cet endroit, la maison de crédit propose au fonctionnaire un appareil électroménager d’une valeur (marchande + frais) de 850.000 FCFA. Le fonctionnaire signe tous les documents d’achat de l’appareil électroménager et garantit son salaire comme source de remboursement. 

Pendant 24 mois, le fonctionnaire devra rembourser 35.416 FCFA par mois. Mais cet appareil ne sortira pas de cette maison de crédit. Car, le ‘’margouillat’’ qui est avec le fonctionnaire, l’oblige à signer un document de cession. L’appareil devient alors la propriété du ‘’margouillat’’ qui remet au fonctionnaire, en échange, la somme de 35.000 FCFA seulement. 

L’appareil ayant une valeur de 850.000FCFA, la maison de crédit rachète l’appareil entre les mains du ‘’margouillat’’ en lui remettant 300.000 FCFA. Dans ce ‘’deel’’, le ‘’margouillat’’ a eu 300.000FCFA ; la maison de crédit a conservé l’appareil qui reste sur place sans bouger + les 850.000 que le fonctionnaire devra rembourser en 24 mois. 

Comme on le voit, une maison de crédit n’a donc pas besoin de remplir son magasin d’appareils pour faire fortune. Le même appareil électroménager peut être vendu à plusieurs fonctionnaires à la fois.

Et le pauvre fonctionnaire, quant à lui, n’aura reçu que 35.000FCFA et devra rembourser 850.000 FCFA pendant 24 mois. Et comme les 35.000 ne suffiront pas pour résoudre son problème, le ‘’margouillat’’ lui proposera encore d’aller s’endetter auprès d’autres maisons de crédits. Un cycle infernal de surendettement.

Voici comment les maisons de crédits tuaient les fonctionnaires. Car, chaque fois que le service des précomptes recevait un ordre de prélèvement émanant d’une maison de crédit, il l’exécutait, sans réfléchir, jusqu’à épuisement total du salaire du fonctionnaire, parfois même au-delà.

C’est à cette pratique digne d’une véritable sorcellerie qu’Alassane Ouattara est venu mettre fin en 2014 à travers un décret : ‘’le décret No 2014-370 du 18 juin 2014 relatif au régime de la quotité cessible et de la quotité saisissable’’.

Grâce à ce décret, le service des précomptes des finances ne peut plus remettre aux maisons de crédits la totalité du salaire d’un fonctionnaire. Les fonctionnaires de Côte d’ivoire peuvent désormais respirer. Car, quel que soit le montant de ses dettes envers les maisons de crédits, il restera toujours au fonctionnaire, au moins les 2/3 de son salaire.

J’espère que tous ceux et toutes celles qui ont vécu cette situation ne manqueront pas de commenter cet article.

Thomas Phill

Content created and supplied by: ThomasPhill (via Opera News )

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