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LIDER de 2011 à 2021 : Les erreurs de Mamkoul (1)

« La vraie souveraineté, c’est d’avoir un président honnête, et pas marionnette ». Cette phrase d’Alpha Blondy (dans son titre « Le cha-cha du CFA ») pourrait facilement être prêtée à Mamadou Koulibaly, tellement elle reflète son combat politique. Or, malgré sa popularité, son parti LIDER ne siège toujours pas au parlement, en trois participations aux législatives. Pourquoi ?

Le phénomène Mamadou Koulibaly a fait du franc-parler et du « malparlage » (répartie vicieuse) sa marque de fabrique. Droit dans ses bottes, il se sent toujours libre de « frapper », même dans son propre camp. Résultat : il est utilisé volontiers par ses alliés, et haï par ses adversaires. Curieusement, sa bouche fait peur à tout le monde.

MK a pourtant de quoi séduire, du moins sur internet : intégrité, excellence, modernité, promotion de la jeunesse sont des valeurs du parti qu’il a fondé en 2011, au lendemain de sa démission du FPI de Gbagbo.

Economiste anti-Franc CFA, brillant orateur et candidat déclaré aux présidentielles de 2015 et de 2020, (sans avoir pu compétir), MamKoul explose les compteurs de vues et de likes sur Tweeter, Facebook et Youtube, sans pour autant réussir à les convertir en votes lors des élections. Voici quelques raisons qui expliquent ce demi-soutien des ivoiriens.

1. Son départ trop brusque du FPI

Déjà connu comme une personne trop libre, n’hésitant pas à contredire hiérarchie au profit de sa conscience, MK portait en lui les espoirs de la base meurtrie du FPI après l’arrestation humiliante du couple Ggagbo et l’interpellation spectaculaire d’Affi N'guessan, président du parti à l’époque.

Cependant, MK démissionne seulement 3 mois après la chute du régime (suite à des frustrations internes) et annonce immédiatement la création de son propre parti. Ce coup de poignard ne lui sera jamais pardonné par les pro-Gbagbo, qui considèrent qu’il s’est retiré au pire moment possible pour le parti et surtout pour Gbagbo, enfermé à Korhogo.

De plus, sa nouvelle ligne « Ni Gbagbo, ni Ouattara » intrigue, déçoit, et l'isole. Il est trop en avance, l’atmosphère est encore trop bipolarisée en moment là. Conséquence : malgré un discours toujours aussi offensif contre Ouattara et la France, très peu de militants FPI le suivront dans LIDER. A son grand étonnement.

2. Son manque d’appuis financiers

Contrairement à la majorité de ses concurrents, Mamadou Koulibaly ne dispose pas d’une fortune financière conséquente. Pourtant, c’est un élément qui compte beaucoup dans l’animation d’un parti, en particulier pour son implantation nationale. MK comptait d’une part sur ses deniers personnels, issus des fonctions publiques qu’il a pu occuper, et d’autre part, sur le schéma idéaliste de militants qui se cotiseraient pour faire triompher leurs idées.

Dans la réalité, pour conquérir ces militants il faut investir de l’argent, maintenir actifs en permanence des comités de proximité. Aurait-t-il dû se lancer dans les affaires, ou accepter un haut poste international pour se faire un capital confortable avant d'engendrer LIDER ?

Toujours est-il que sa conseillère Nathalie Yamb a récemment reproché aux ivoiriens de ne pas soutenir financièrement le combat. Ce manque de préparation financière s’est traduit par l’acte très controversé qu’il a posé en 2015, en retenant les fonds alloués pour la campagne électorale, malgré son retrait de la compétition. Au motif que l’Etat lui devait de l'argent.

La suite dans notre prochain article

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Content created and supplied by: Coulix (via Opera News )

Mamadou Koulibaly

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