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Coups d'État intempestifs : les effets d'une crise des valeurs démocratiques et institutionnelles

Comme la Guinée, d'autres pays d'Afrique subsaharienne : la Côte d'Ivoire, le Mali, le Burkina Faso, la Guinée-Bissau, la Mauritanie et le Niger ont connu plusieurs coups ou tentatives de coups d'État au cours du 21 ème siècle. La région de la CEDEAO est en nette recul démocratique avec ces multiples coups de forces, qui démontrent la rupture de confiance entre les institutions étatiques et les populations car ces actions sont perçues par une bonne partie du peuple comme une "délivrance".

Un coup d’État est le renversement d’une personne investie d’une autorité, de façon illégale et souvent brutale. En Afrique, ce phénomène n’est pas une chose rare. Presque tous les pays africains ont déjà connu cette période sombre dans leurs histoires. On distingue un coup D’État d’une révolution car cette dernière est populaire. Pourtant, les putschistes justifient leurs actions par l'expression de la volonté du peuple.

Tous ces coups d'État ont conduit à des interrogations d'éminents intellectuels sur ce phénomène qui est en vogue en ce moment. C'est le cas de l'écrivain Béninois Éric Coua Zotti qui remet en cause la bonne foi de ces "héros" du peuple.

"Les militaires reprochent aux civils d'avoir "bordélisé" la République mais quand ils arrivent au pouvoir ils font la même chose, ils s'accrochent au pouvoir et c'est l'éternel recommencement", déclare l'auteur Lauréat du Prix Ahmadou Kourouma en 2010, interrogé par BBC Afrique.

Autre point d'achoppement selon l'écrivain Florent Couao Zotti, la correspondance entre la démocratie et les réalités africaines.

"Au Mali par exemple on a remarqué que seulement 26% de la population participe aux élections, c'est-à-dire que les gens ne croient pas en cette forme de démocratie. Parce que l'Occident leur a demandé de faire la démocratie, sans nuance ils appliquent ce que leur maître leur demande de faire, sans contextualiser ce système là, sans les arrimer à des réalités qui sont spécifiques à l'Afrique", déclare l'auteur.

Pour Francis Akindès, Professeur de sociologie à l'Université Alassane Ouattara de Bouaké, militaires et civils se comportent de la même façon une fois aux commandes des pays car le pouvoir est corrupteur.

"Les militaires qui arrivent au pouvoir sont pris au jeu finalement. Le coup d'Etat finit toujours par une espèce de confiscation du pouvoir par les militaires. Les coups d'Etat ne peuvent jamais être la solution dans des démocraties mais ils sont révélateurs des malaises dans la société ", affirme cet enseignant sur les antennes de BBC.

Si des pays ont connu plusieurs coups d'Etats, certains pays font office d'exception. C'est le cas du Sénégal, qui connait une certaine stabilité politique. C'est le fruit entre autre de la liberté d'expression déclare le Professeur Francis Akindès.

"Le Sénégal est un pays qui a une vieille tradition démocratique. Tant qu'il y a la possibilité d'expression, de contrôle de l'action gouvernementale, de régulation politique des tensions qui peuvent émerger, les coups d'Etat n'arrivent pas à trouver leur place dans des environnements comme cela", explique le sociologue.

"Mais quand tout est bloqué et que les gens ont l'impression qu'on leur dit "nous faisons ce que nous voulons, vous faites ce que vous voulez", le mécontentement augmente et les militaires capitalisent dessus", ajoute-t-il.

H.L.V

Content created and supplied by: HenocleVeinard (via Opera News )

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