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Comment le coronavirus a poussé des centaines de Subsahariens à quitter l’Algérie pour la Tunisie

Dès février, des groupes de migrants ont repris la route pour passer la frontière, faisant craindre un rebond de l’épidémie dans l’ouest.

Il a fallu deux mois à Souleymane et à ses amis pour avaler les 880 kilomètres qui séparent Alger de Kasserine. Deux mois de « taxi mafia » à travers le pays, à errer avec un passeur de village en village, jusqu’à atteindre la Tunisie. « Il faut compter 20 000 dinars (130 euros) pour aller d’Alger à Annaba et après encore 12 000 dinars pour arriver jusqu’à Tébessa, égrène le Togolais de 28 ans. Ensuite, il y a plusieurs étapes où on reste dans des maisons abandonnées, jusqu’à descendre au niveau de Fériana. » C’est là, à un jet de pierre de Kasserine, que la police tunisienne a arrêté le petit groupe de migrants en avril.

A l’instar de plusieurs centaines de Subsahariens, principalement de nationalité nigériane, ivoirienne ou malienne, Souleymane et ses camarades ont quitté l’Algérie pour fuir la crise économique et sanitaire. Une poussée migratoire moins remarquée que celle qui a entraîné des milliers de jeunes Tunisiens vers les côtes européennes cet été, mais qui a donné du souci aux villes sinistrées de l’ouest du pays. A Kasserine notamment, l’arrivée de ces exilés de la crise a fait craindre un emballement de l’épidémie.

Souleymane et ses camarades, parce qu’ils ont été parmi les premiers à passer la frontière, ont été immédiatement pris en charge par la police, placés en quatorzaine et soumis à des tests PCR pour dépister d’éventuelles contaminations au coronavirus. Mais « nous avons été très vite saturés au niveau des centres de quarantaine », se souvient le directeur régional de la santé, Abdelghani Chaabani. « Au pic des arrivées, renchérit Dalèle Mhamdi, médecin et chargée de la cellule de crise locale, nous avions 80 personnes à confiner pour seulement 40 lits de disponibles et beaucoup de personnes étaient testées positives. » Les malades ont dû être réunis dans un centre éloigné de la ville, non loin de la zone militaire du mont Chaâmbi, tristement connu depuis plusieurs années pour être le théâtre d’affrontements entre militaires et djihadistes.

Content created and supplied by: bilezoua (via Opera News )

Alger Souleymane Subsahariens

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