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Décrispation politique : faut-il reporter les élections municipales et régionales de 2023 à 2025 ?

Depuis le retour du multipartisme en Côte d’Ivoire en 1990, le jeu démocratique a encore du mal à se pratiquer selon les règles de l'art. Du coup, les moments électoraux sont des périodes de forte crispation qui mettent à mal la cohésion sociale et certains acquis en terme de développement.

Si Félix Houphouët-Boigny a réussi à bâtir la Côte d’Ivoire, c'est essentiellement grâce à la paix sociale, la stabilité qui régnait dans le pays. C’est ainsi que le premier Président ivoirien a pu réussir ce qu’il est convenu d’appeler le « miracle ivoirien ». Mais depuis les années 1990 au moins, notre pays connaît une spirale de violence dont les points culminants restent, le plus souvent, les périodes d'élections. Plus récemment, depuis 2010, le pays a clairement du mal à recoller les morceaux suite à la grave crise électorale qu'il a connue.

 Après tous ces rendez-vous manqués avec le jeu électoral démocratique, on pourrait bien se demander s'il ne conviendrait pas de réduire les périodes électorales en les regroupant en une même année. Cela peut certainement permettre de faire l'économie des tensions qui se conjuguent à chaque fois que les Ivoiriens sont invités dans les urnes, au moins pour une période de cinq (05) ans. Une telle initiative reviendrait alors à coupler les élections législatives, municipales et régionales aux élections présidentielles qui ont lieu tous les cinq (05 ans).

Ainsi, plutôt que de d'organiser les prochaines élections municipales et régionales en 2023 – les dernières ayant eu lieu en octobre 2018 –, notre pays pourrait maintenir le bon climat de décrispation actuel jusqu’en 2025 par le regroupement de toutes ses élections.

D’autres arguments militent également en faveur d'une telle initiative. En effet, de nombreux ministres du gouvernement sont d’abord des élus locaux (députés, maires, présidents de conseils régionaux). Ils renoncent pour la plupart à ces postes une fois élus pour incompatibilité avec leur action au sein de l’exécutif.

N'empêche que les périodes d'élections empiètent énormément sur l'activité gouvernementale en raison de la mobilisation des ministres pour leur propre élection ou réélection dans leurs bastions respectifs. Si la Côte d’Ivoire parvenait donc à regrouper toutes ses élections en une même année, cela permettra également de faire l’économie des situations décrites plus haut.

Par ailleurs, l’enjeu est aussi budgétaire. La réalité est que chacune de ces élections (présidentielle, législatives, municipales et régionales), mobilise des milliards de nos francs pour permettre à la Commission Électorale Indépendante de renouveler son matériel de travail et organiser les élections. Un personnel commis à la chose électorale est également mobilisé pour le bon déroulement des opérations électorales. Cela a naturellement un coût. Un effort financier que la Côte d’Ivoire pourrait minimiser en regroupant ses différentes élections

En clair, l’absence de troubles sur au moins une période de cinq (05 ans) peut fortement contribuer à rassurer les investisseurs ; eux qui ont renoué avec la destination Côte d’Ivoire après que les premiers signes de stabilité aient été donnés au lendemain de la crise de 2011.

Toutefois, il y a quand même quelques raisons pour ne pas être trop alarmiste. Les dernières élections législatives de mars 2021 se sont déroulées, dans l'ensemble, dans un climat de paix. La situation difficile que les Ivoiriens ont connue en 2020 les a sûrement conduits à mieux apprécier les fruits de la paix.


Dégnimani Yéo

Content created and supplied by: Dégnimani_Yéo (via Opera News )

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