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Nord de la Côte d'Ivoire jusqu'au Burkina Faso, ces nombreux enfants mendiants qui inquiètent


          En parcourant 1200 kilomètres en voiture, j'ai constaté que dans le nord de la Côte d'Ivoire, au fur à mesure qu'on avance, on aperçoit énormément de petits mendiants, qui, boîtes de conserve vides en main, implorent la charité des automobilistes et des passants. Attention !


        Au Burkina Faso, davantage, c'est incroyable comme ces petits mendiants ont inondé les villes ! Banfora, Toussiana, Bobo Dioulasso, Houndé, Boromo jusqu'à Ouagadougou, je les ai vus, marchant en groupe ou individuellement, allant "harceler" ceux qui reflèteraient pour eux un minimum d'aisance. La dernière fois, après que j'ai acheté des brochettes à Ouaga 2000, une horde de gosses faisant la manche, ont pris d'assaut ma voiture alors que je voulais m'en aller. Ils me réclamaient de l'argent avec leurs yeux rouges et jaunes, disant en mooré des mots que je ne comprenais pas et que je pouvais deviner :


- Faut sciencer le vieux-père. Donne pour nous, on a faim. De grâce, donne pour nous. 


       Et moi d'interroger ces éléments d'une quinzaine d'années qui étaient persuadés d'avoir trouvé une bonne cible :


- Pourquoi vous n'allez pas à l'école ? Et même si vous avez des contraintes, vous avez deux bras et deux pieds valides, deux yeux qui "voient clair". Vous ne croyez pas avoir les conditions physiques pour travailler, plutôt que de mendier ?


    

       À 12 ans, à Williamsville, je faisais le cireur comme job de vacances. Aujourd'hui, en Côte d'Ivoire, les parents qui ne mettent pas leurs enfants à l'école sont condamnés par une loi du code pénal. Qu'en est-il avec les mioches du Burkina qui sont une pléiade à tenir la calebasse plutôt que le stylo ? Où ces enfants dorment-ils. Où sont leurs familles et le rôle qu'elles jouent ? 


        En dehors des mendiants, au Burkina, de nombreux enfants, s'ils ne sont pas employés comme mécaniciens d'engins à deux roues, on les voit comme marchands ambulants, traînant sur eux des caisses de loterie ou de friandises, kleenex et divers gadgets.



Je préfère soutenir ceux-là en leur laissant quelques fois ma monnaie après un achat plutôt que d'encourager de petits quémandeurs malicieux. Dans tous les cas, la place de tous ceux-là est à l'école, ou encore, dans un quelconque centre d'apprentissage similaire. Alors, que font nos États, nos gouvernements, pour la canalisation de ces enfants délaissés ?


       J'ai refusé de donner de l'argent à ces petits mendiants. C'est sûr qu'ils en reçoivent tous les jours de la part de certaines personnes qui ne sont pas aussi méchantes que moi.

Soit !

 Mais imaginons un instant que des recruteurs du djihadisme approchent ces gamins et leur donnent des sommes d'argent qu'ils n'auraient jamais imaginé toucher. Pour 200.000 francs, voire très moins que ça ou plus, ne verraient-ils pas en les djihadistes, leurs dieux sur terre ? Ne les suivraient-ils pas comme des automates en allant à l'école du mal là où la société leur a refusé l'école de l'alphabet ? Leurs «bienfaiteurs» pourraient bien aussi aujouter à leurs gains, en leur offrant aussi des femmes... L'argent et le plaisir. Le paradis sur terre pour offrir l'enfer aux autres. 

 Voici où je veux en venir en évoquant la vulnérabilité de ces petits aux disques durs (cerveaux) encore vierges dans lesquels l'on peut facilement télécharger de nouvelles "données", des "applications", même nocives. Au Rwanda, au Libéria, au Congo et j'en passe, on sait comment l'utilisation des enfants à des fins guerrières a eu des conséquences machiavéliques. Ils ont été plus redoutables que les adultes sur le champ de la criminalité, sans cœur et sans pitié.



        Savons-nous les sommes de frustrations accumulées par les enfants mendiants chaque fois que l'un d'entre nous leur refuse une pièce alors qu'ils savent que nous sommes en mesure de la leur donner ? Que ne font pas les adultes pour de l'argent, pour un peu de bien-être ? Eux, si corrompus ! À fortiori les enfants qui sont naturellement si maniables ?


       Si la race humaine se perpétue depuis des siècles, c'est parce que les différentes générations n'ont eu de cesse de se reproduire. Il en est de même pour le djihadisme, le terrorisme qui a besoin du renouvellement de ses hommes, de la perpétuation de sa philosophie, à défaut de quoi il étoufferait. Et pour cela, ses adeptes n'hésiteraient pas à choisir parmi les populations les plus vulnérables dont les meilleurs cibles demeurent les enfants déshérités. Ces enfants dont le seul moyen de remerciement à leurs «bienfaiteurs» seraient de se mettre à leur service, en se faisant les élèves et plus tard les maîtres de l'école du mal. Pour l'instant, ils sont sous nos yeux et n'ont pas refusé d'aller à notre école de l'alphabet. C'est nous qui ne leur avons pas encore donné leur chance et qui les regardons faire la manche, comme si c'était quelque chose de normal !


Louis-César BANCÉ

[email protected]

Content created and supplied by: LouisCésarBANCE (via Opera News )

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