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Gnépo Dédi Léopold (Frère ainé de Blé Goudé) révèle la convention politique Gbagbo-Blé

Venu prendre part à la deuxième session du Conseil régional du Goh, dont il est membre, Léopold Gnépo Dédi, frère aîné de Charles Blé Goudé, a donné le vendredi 16 juillet 2021, sa lecture de l’actualité politique, concernant le retour de son frère, les supposés dissensions avec le président Gbagbo, les rapports Gbagbo-Ouattara, la réconciliation et la question du retrait des trois grands. 

 

Comment les parents, au village, vivent-ils l’absence de leur illustre fils, Charles Blé Goudé?

Tous sont dans l’attente, parce que cela fait plus de dix ans qu’on ne l’a pas vu. En passant par le Ghana jusqu’à la CPI, on ne l’a pas vu son visage, mais néanmoins, on parle avec lui.

 

Est-ce que les parents sont frustrés ou mécontents qu’il ne soit pas venu?

Non, pour les parents, c’est un choix. Charles a choisi la politique, donc, on ne peut pas dire qu’on a mal. Pour nous, on est impatient de le revoir parce qu'il y a longtemps. Tout ce qui se passe, on entend, mais on n’est pas prêt à nous morfondre. On est sûr que dès lors que Gbagbo est venu, Goudé va venir.

 

Comment les parents ont-ils réagi au retour de Gbagbo sans son fils Blé ?

Bon d’abord, ils ont voulu s’énerver. Mais par coup de téléphone, il les a calmés. Il a dit qu’il arrive. Il a appelé pour dire qu’il vient, "tchoco-tchoco". Mais qu’il ne peut venir avec Gbagbo, parce que Gbagbo vient pour voir ce qui se passe, puis il suivra. Gbagbo est venu jauger le terrain, avant son retour.

 

Quelle interprétation faites-vous des propos de ceux qui disent qu’il y a une fracture entre les deux hommes ?

Gbagbo n’a pas abandonné son fils, et Gbagbo n'a pas de problèmes avec Charles et Charles n’a pas de problème avec Gbagbo. C’est une convention politique qu’ils ont. Imaginer que Gbagbo descende de l’aéroport avec Blé, c’est Gbagbo qu’on va applaudir et Blé est derrière, or chacun a son aura. Donc, Gbagbo lui a dit, attends, je viendrai te chercher à l’aéroport pour prouver à la Côte d’Ivoire que tu es le futur homme. C’est tout. Mais ça, il ne peut le dire à tous, donc chacun fait son interprétation. On dit que Gbagbo a abandonné son fils. Non il n'a pas abandonné son fils. Jamais, Charles ne peut faire palabre avec Gbagbo. N’écoutez pas les on dits. Comme l’aura de Goudé est ainsi, dès qu’il pose un acte, on dit qu’il a trahi. Non, il n’a pas trahi. Je vous informe que tout le temps à la prison à la Cpi, c’est Charles qui était le cuisinier de Gbagbo. Si Goudé avait trahi, il aurait trimé depuis des mois, derrière son passeport. S’il était d’accord avec le pouvoir, il aurait son passeport depuis belle lurette. Or c’est lui qui est resté là-bas, et il négocie pour son passeport. (Ndlr, l’interview a été réalisée avant que Charles Blé Goudé n’aille s’enrôler pour son passeport).

 

Comment jugez-vous la situation de crispation que l’on vit déjà, un mois après le retour de Gbagbo? Notamment, les propos de Gbagbo/Bédié et la réaction de Bictogo.

Non, en politique, on ne cède pas le terrain à l’adversaire. J’ai écouté quelqu’un qui disait pourquoi Gbagbo n’est pas allé saluer Ouattara. Celui qui t’a mis en prison, c’est ton ennemi, il te veut même la mort. Si tu as été acquitté, tu viens rendre visite à ceux qui t’ont assisté, comme Bédié. Bédié est allé rendre visite à Gbagbo. Est-ce que Ouattara est parti là-bas ? Alors, qu’est-ce qu’il réclame ? Pis, après l’annonce du premier acquittement, il a envoyé des avocats français et ivoiriens, pour dire que l’Etat de Côte d’Ivoire ne souhaite pas que Gbagbo rentre dans son pays. 

Quant à Bictogo qui parle, c’est lui qui a eu tous les marchés sous Gbagbo. S’il ne le sait pas, nous on va le lui dire. Est-ce qu’il est allé un seul instant pour dire Yako au président Gbagbo. C’est de la méchanceté. Et puis Gbagbo n’est pas obligé de suivre leur schéma, il a son propre calendrier. C’est son choix, lui seul sait ce qu’il va faire. Maintenant, le moment de vérité va venir, on va s’asseoir, car c’est vérité et réconciliation.

 

Le ministre Appia Kabran avait toujours soutenu qu’il ne comprenait pas pourquoi l’on parle de réconciliation entre les hommes politiques. Pour lui, chacun doit se réconcilier avec la loi. Quel jugement ?

C’est le langage qu’ils vont donner, pour calmer le peuple, c’est ça la réconciliation. Sinon, ils ne vont pas toujours manger ensemble. Ce n’est pas possible. Ils n’ont pas le même chemin, ils n’ont pas la même vision. Sinon, il faut dire un mot, pour que la population soit calme et pour qu'il y ait la paix. C’est ça la réalité.

 

Que pensez-vous du retrait des trois grands de la scène politique ?

C’est l’âge. Qu’ils acceptent de se retirer. Gbagbo disait qu'à 80 ans, tu ne peux plus gouverner les pays, parce qu'à ce moment, tu deviens faible, physiquement et intellectuellement. Moi, je suis pour ça. A cette date, moi j’aurai 63 ans. Donc, je serai dans l’équipe qui vient, on a trop observé.

 

Vous envisagez une candidature de Blé en 2025 ?

Oui, il sera candidat. Blé sera candidat, on ne fait pas de la prison, cadeau.          

Propos recueillis par

Paul-Henry Kouman

Correspondant régional

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