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Le véritable rôle de Soro dans la rébellion et dans la crise postélectorale, ce qui le met à l'abri

L’actualité politique en Côte d’ivoire en est secouée depuis quelques jours. La Cour Pénale Internationale (CPI) se préparerait à ouvrir de nouvelles instructions judiciaires sur les événements qui ont secoués la Côte d’ivoire durant la crise postélectorale de 2011, selon le site d’informations, akody.com, qui donne même des précisions sur les identités des enquêteurs de l’institution qui ont à charge d’instruire le dossier.

À en croire le confrère, ‘’Tous les responsables de cette crise dont les noms dont déjà sous scellés seront entendus’’. A qui le confrère fait-t-il allusion en lâchant cette information ?

Pour l'heure, si aucune personnalité n’a été officiellement citée comme devant faire l’objet de poursuites, l'on devine aisément que les protagonistes les plus en vus de la crise postélectorale de 2011, pourraient être directement concernés par cette procédure, du moins, si elle venait à aboutir.

Parmi les acteurs majeurs de cette crise, l’ancien chef de la rébellion et premier ministre Ivoirien, Guillaume Soro, dont le nom revient de façon récurrente dans les spéculations qui agitent les réseaux sociaux à l'aune de cette affaire.

Le cas Soro devient particulièrement intéressant pour au moins deux raisons. Tout d’abord, le rôle joué par l'ex chef de gouvernement dans l’avènement et la gestion de la rébellion armée de 2002 ; ensuite, son implication directe dans la crise postélectorale proprement dite de 2011.

L'engagement dans la rébellion

En Septembre 2002, lorsqu’aux premières heures de la rébellion Ivoirienne, Guillaume Soro revendique la tête du mouvement armé, cela crée une véritable onde de choc en Côte d’ivoire. Dans l’opinion publique Ivoirienne, celui qui s’était révélé comme un leader charismatique à la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’ivoire (FESCI), avait plutôt la réputation d'un idéaliste, attaché aux valeurs de la gauche libérale qu'incarnait un certain Laurent Gbagbo, son géniteur politique.

Ce sont justement ces valeurs qu’il avait fait siennes, qui progressivement le rapprochent d’Alassane Ouattara, dont il épouse la cause. À la fin des années 1990, le mentor des républicains et ancien premier ministre d'Houphouet-Boigny, est décrit dans la presse internationale comme étant victime d’exclusion de la sphère politique, en raison de son appartenance ethnique nordiste.

Se retrouvant dans les arguments brandis par le technocrate du FMI, dont il fut le Directeur Général Adjoint, Guillaume Soro, lui aussi originaire du nord, prend fait et cause pour le leader du Rassemblement Des Républicains (RDR).

Fiévreux de l’idéalisme égalitaire qui l'anime, il rejoint la rébellion armée dont les motivations annoncées pour justifier la prise des armes, tournaient essentiellement autour de la lutte contre ‘’l’exclusion des populations du Nord’’. Pour le jeune homme de 30 ans qu’il est, il s’agit d'imposer un rapport de force susceptible de rétablir ce qu’il considère comme une injustice sociale.

Cependant, Soro prend la tête de cette rébellion avec un handicap. Il est un civil, il est jeune, inexpérimenté. Et il doit gérer des milliers d’éléments armés, pour certains ayant déjà un passé militaire, d’autres non.

Sa fougue et sa lucidité ne suffiront pas à éviter les débordements. Des exactions seront signalées par endroits au cours de cette période sanglante de l’histoire de la Côte d’ivoire. Mais, le flegme qui le caractérise lui permet de contenir les excès.

Pendant les 8 ans qu'aura durée cette rébellion, Guillaume Soro se sera illustré notamment dans ce qu’il sait faire de mieux. La conduite des tractations politiques, laissant une part importante de la gestion des troupes à ses chefs de guerre, qu’il avait répartis en commandants de zones, avec pour mission de veiller au respect de l'ordre dans leurs zones respectives.

Guillaume Soro dans la crise postélectorale

En Mars 2007, les accords politiques de Ouagadougou sont signés entre les principaux protagonistes de la crise, que sont Laurent Gbagbo, alors président de la république et Guillaume Soro, Secrétaire général des Forces Nouvelles, au terme d’un dialogue direct mené sous l’égide du facilitateur Burkinabè, Blaise Compaore.

L’objectif assigné à ces accords sont clairs : organiser un processus électoral inclusif et transparent avec la participation de tous les acteurs politiques de sorte à mettre fin à la belligérance en cours.

Ce second volet du rôle de Guillaume Soro dans la suite des événements en Côte d’ivoire, jusqu’à la crise postélectorale de 2011, mérite d’être éclairci pour situer l’opinion publique face au feuilleton politico-judiciaire que certains évoquent actuellement.

Après un premier tour du scrutin présidentiel d’Octobre 2010, au terme duquel Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara sont arrivés respectivement à la première et à la seconde place, selon des résultats officiels, le second tour promet d’être très disputé.

Au-dessus du président sortant, Laurent Gbagbo, les nuages s’amoncellent depuis la décision du président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié, allié de Ouattara dans le cadre de la coalition du RHDP, de soutenir son jeune frère Houphouetiste.

Le premier ministre, Guillaume Soro promet de respecter le verdict qui sortira des urnes au soir du 28 Novembre 2010. À l'issue du vote, un contentieux électoral éclate.

La Commission Électorale Indépendante (CEI), soutenue par les Nations Unies et le reste de la communauté internationale, déclare le candidat de l’opposition, vainqueur. Guillaume Soro s'aligne et exige le départ du pouvoir de Laurent Gbagbo.

Face au refus de ce dernier qui conteste les résultats adoubés par la communauté internationale qui donnent Alassane Ouattara vainqueur avec plus de 54% des suffrages exprimés, Guillaume Soro, Premier Ministre, Ministre de La Défense, sur instruction du Chef Suprême des Armées, le Président Alassane OUATTARA demande aux Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) de mettre un terme à l’occupation à Abidjan, des lieux symbolisant les institutions de la république par le Président sortant.

Dans la foulée, avant et après la chute du régime Gbagbo le 11 Avril 2011, des massacres sont signalés en divers endroits du pays. À Abidjan, Soro s'affaire à négocier la reddition des forces loyalistes et à stabiliser la situation sécuritaire.

Les chefs de guerre reçoivent des instructions claires et fermes allant dans le sens de la restauration de la stabilité, et relayées abondamment par Tele Côte d’ivoire (TCI).

Dès la capture de l’ancien président, Soro Guillaume sillonne les quartiers de la capitale économique, surtout ceux ayant abrités des combats pour y rappeler l’urgence de retourner à la normale.

Guillaume Soro était-t-il directement lié aux exactions imputées aux FRCI ou en avait-t-il, comme tout le monde, constaté les débordements ?

Rappelons que c'est sur la base de l’absence de preuves mettant directement en cause la responsabilité du Président Laurent Gbagbo dans les exactions attribuées à des troupes que l'ex chef d’état a été acquitté par la justice internationale en Janvier 2019.

Il serait utopique de songer au regard de ce cas de figure, à d’éventuelles poursuites contre Guillaume Soro, dont la culpabilité pourrait être tout autant difficile à prouver.

Raoul Mobio

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

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