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Crise au PDCI : quelle part de responsabilité pour Bédié ?

Les vives tensions au PDCI matérialisées par un affrontement à l’arme blanche jeudi 22 avril 2021 au siège dudit parti, remettent au goût du jour, la gestion et les orientations de cette formation politique âgée de 75 ans. Une gestion que dénonçait l’un de ses cadres Kouadio Konan Bertin (KKB), actuel ministre de la réconciliation nationale. Faut-il aujourd’hui donné raison à KKB au regard des dissensions profondes au sein du PDCI qui remontent au nez ?

« Le jour où le PDCI aura une bonne direction il va renaître. Quand on se dit leader, on doit être éclairé. Aucun pas éclairé n’a été posé depuis le décès d’Houphouët Boigny. », dénonçait Kouadio Konan Bertin (KKB), mardi 22 septembre 2020, au cours de l’émission ‘‘Sans réserve’’ de la Nouvelle Chaîne Ivoirienne (NCI).

Les pas non éclairés dont parle KKB pourraient être l’appel de Daoukro du 17 septembre 2014, le non renouvellement des instances du parti, la non organisation du Congrès depuis le 12ème congrès, datant de 2013, les échecs à la présidentielle 2020 et aux législatives 2021…

Si Maurice Kakou Guikahué, le secrétaire exécutif, cristallise les mécontentements, le Président Henri Konan Bédié (86 ans) n’est pas en reste dans cette démarche politique peu lisible. Car là où des militants attendaient le respect des résolutions du 12ème congrès, Bédié a pris une décision unilatérale de soutenir Alassane Ouattara à la présidentielle 2015.

Annoncé en 2018, le 13ème congrès censé renouveler les instances du parti et choisir le candidat à la présidentielle 2020 n’a pu se tenir. Pourtant, ce ne sont pas les candidats présidentiables qui manquent au plus vieux parti politique de Côte d’Ivoire. Tidjane Thiam,

Jean Louis Billon, Yasmina Ouégnin, Thierry Tanoh, Noel Akossi Bendjo, bien que faisant l’objet d’un mandat d’arrêt…constituent de potentiels candidats susceptibles d’apporter un sang nouveau au parti et rameuter d’autres sympathisants, las des triptyques Bédié Gbagbo Ouattara ou Blé Goudé, KKB, Soro. 

Chef de file de l’opposition politique ivoirienne, Bédié a choisi le boycott et la désobéissance civile pour protester contre le troisième mandat d’Alassane Ouattara. Pour boucler la boucle, le doyen d’âge des acteurs politiques ivoiriens, brandit un Conseil national de transition (CNT), destiné à assurer, une vacance du pouvoir au regard du troisième mandat dit ‘‘illégal’’ d’Alassane Ouattara. Après des fortunes diverses, il fait cette volte-face. Mais le contraste est éloquent car l’opposition politique ivoirienne, conduite par Bédié, participe aux législatives 2021 avec 300 partisans détenus dans les geôles d’Abidjan pour troubles électoraux selon Amnesty International.

Où en est le PDCI et l’opposition politique ivoirienne à ce jour ? A-t-elle fini par légitimer le troisième mandat ou premier mandat de la troisième République d’Alassane Ouattara ? Que peut-elle obtenir du régime Ouattara et par quel moyen ?

Voilà le fiasco total de cette opposition conduite par Henri Konan Bédié dont le bouc émissaire aura été finalement Maurice Kakou Guikahué. « Messieurs Bédié et Ouattara se sont taillés une Constitution sur mesure sur le dos des Ivoiriens. Le temps est arrivé qu’ils l’appliquent. Si on avait laissé l’ancienne Constitution en l’état, on ne parlerait pas de Ouattara aujourd’hui puisqu’il a plus de 75 ans. Il fallait faire la place à Bédié en 2020. Voilà où peuvent nous conduire les manipulations des textes. », se plaignait KKB.

La suite est connue. Les tensions électorales ont conduit à un bain de sang : 85 morts et près de 500 blessés selon des chiffres officiels. La tête de Guikahué mise à prix certes, Henri Konan Bédié n’a-t-il pas sa part de responsabilité ?

 

Cyrille NAHIN 

Content created and supplied by: Cyrille_NAHIN (via Opera News )

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