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GBEKE/Procès Mangoua Jacques: l’accusé dénonce une cabale politique et donne des indices au parquet

Situation des plus rocambolesques que celle que vit Mangoua Jacques ce cadre du PDCI-RDA depuis son élection à la tête du Conseil régional de GBEKE dans le centre de la Côte d’Ivoire. On peut le dire tout net, cette élection à la tête du Conseil régional de GBEKE aura été comme un cadeau empoisonné pour cet homme. Cette victoire gardera pour lui certainement pendant longtemps, un arrière-gout très amer. Il n’aura malheureusement pu réaliser le projet de société pour lequel il a été choisi par les populations et pis il est passé par la case prison et pour cause.

En septembre 2019, des armes avaient été découvertes dans l’une de ses résidences au village. Il s’agit précisément de 991 munitions d’armes de guerre, de 49 munitions de fusil calibre 12 et de 49 machettes. Après un procès diligent, le 3 octobre 2019, il est condamné à 5 ans de prison pour « détention illégale de munitions d’armes de guerre ». Six mois plus tard, à en croire des confidences de Jeune Afrique, Nanan Aka Boni III, la reine mère des Baoulés va plaider directement auprès du Chef de l’Etat Alassane Ouattara, la libération de Jacques Mangoua, « personnalité charismatique dans cette région et président du Conseil régional de Bouaké ». JA précisera que le chef de l’État ivoirien a accepté d’accéder à cette demande en sa qualité de président du Conseil supérieur de la magistrature. Il donnera par la suite des instructions dans ce sens à Sansan Kambilé, le garde des Sceaux.

Le 31 mars 2020, la Cour d’appel du tribunal de première instance de Bouaké remet donc provisoirement en liberté Jacques Mangoua, par ailleurs vice-président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire d’Henri Konan Bédié. Cette libération nous dit-on s’inscrivait dans le cadre du dégel des relations avec Henri Konan Bédié, l’ex-allié d’Alassane Ouattara. Cette liberté provisoire demeurait toutefois comme une épée de Damoclès suspendue en permanence sur la tête de cet élu local qui ne cesse de clamer son innocence dans cette affaire.

Alors que les élections locales sont annoncées pour 2023 et que les appétits s’aiguisent au sein des formations politiques majeures, l’on apprend la reprise du procès de celui qui a été élu à la tête du Conseil régional et qui malheureusement n’a pu exécuter son mandat. Présent à la barre hier au Tribunal de Première Instance (TPI) de Bouaké, Mangoua Jacques va une fois de plus clamer son innocence. Il va ensuite orienter le tribunal sur une piste qui selon lui, devait conduire à l’arrestation des vrais coupables des faits qui lui sont reprochés. Mangoua Jacques pour étayer ses propos, révèlera « des messages de menaces reçus  le 7 septembre 2019 » avant de donner le portrait de la personne qui selon lui, a déposé les pièces à conviction dans sa résidence au village.

Jouant son va-tout, Mangoua Jacques expliquera devant le parquet qu’il est l’objet d’une véritable cabale politique. « Ce sont mes adversaires politiques qui ont déposé ces armes pour me déstabiliser de mon poste de président du conseil régional » s’est-il défendu.

A la suite de son client, l’avocat Me Adjé Luc, est intervenu pour dénoncer ce qu’il considère comme « un complot » politique. Pour lui, cette affaire à de forts relents politiques et n’est rien d’autre qu’un véritable acharnement contre son client « qui a gagné brillamment les élections et qu’il n’a jamais pu exercer ». Par ailleurs, le bâtonnier de l’ordre des avocats craint de voir son client être déchu de ses droits civiques, avec pour conséquences de ne plus être à mesure de se représenter aux prochaines élections pour diriger le Conseil régional de GBEKE. Dès lors, Me Adjé Luc se dit qu’il « y a forcément quelque chose de politique » dans ce procès.

Au terme du délibéré, le tribunal fera t-il droit aux attentes de l’accusé en creusant les pistes qu’il entend mettre à sa disposition pour retrouver selon lui les vrais coupables des faits qui lui sont reprochés ? Le Tribunal préservera-t-il les droits civiques de ce ponte du PDCI-RDA que l’on dit très adulé dans la région et qui pourrait se représenter aux prochaines échéances électorales ? Rendez-vous le 19 juin prochain, date du délibéré.

 

Content created and supplied by: SGB78 (via Opera News )

gbeke/procès jacques: l’accusé politique

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