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Côte d'Ivoire : un 4ème mandat pourrait "s'imposer" à Alassane Ouattara !

Avec la formation du tout premier gouvernement de l'ère Patrick Achi, les analyses concernant la projection politique du président Ouattara vont bon train. Beaucoup d'experts connus comme tels, voient les plans d'une succession se tramer à travers les postes attribués.

Cependant, la hiérarchie établie dans l'actuel gouvernement montre que le Président Allassane Ouattara est bien loin du compte quant à sa succession. Il y aurait plutôt une espèce de recherche d'équilibre qui se dégage de la nouvelle équipe. Le président Allassane Ouattara pourrait voir plus loin qu'on ne le croit.

1/ l'héritage d'Houphouet Boigny.

En politique, la mort d'un protagoniste peut bouleverser les pierres que ses mains savantes ont réussies à disposer l'une après l'autre pour construire l'édifice d'une nation. La mort de Feu Félix Houphouet Boigny a de façon inexorable débouché sur un nombre incalculable de crises diverses qui rythment depuis la vie des ivoiriens. Et dans l'histoire politique de ce pays de l'Afrique de l'ouest, Allassane Ouattara est en passe de ravir l'héritage d'Houphouet Boigny des mains de ses prédécesseurs, en termes bien sûr de durées de mandats. Ce n'est plus un tabou punissable, le président Allassane Ouattara est à son troisième mandat. La chose la plus frustrante pour le PDCI d'Henri Konan Bédié, c'est bien sûr l'idée d'un troisième mandat, là où ce parti lorgnait sur le retrait de l'ex allié Allassane Ouattara. 2020, a marqué à jamais le rêve d'un retour aux affaires du plus vieux parti national. Mais le RHDP a bien flairé le danger qu'il y avait à passer si vite la main , seulement après 10 ans. Après Félix Houphouet Boigny, le seul à passer plus de 10 ans, (deux mandats et plus) au pouvoir est bien l'actuel homme fort du pays. Comme Houphouet Boigny, Allassane Ouattara est beaucoup attaché à la construction d'infrastructures diverses. En Côte d'Ivoire, les stades, les universités, les routes poussent en grand nombre depuis l'arrivée au pouvoir du Prado. Tout cela n'est pas sans raison valable. Et cela risquerait d'être considéré par l'ancien fonctionnaire du FMI comme un héritage à ne pas négliger ; et dont la gestion requiert plus que de la prudence.

2/ la perte de deux "fils"

L'idée de prudence a été peut-être obligatoire pour le président Allassane Ouattara qui avait pourtant annoncé le désir de se retirer. Après cette annonce solennelle à Yamoussoukro, ville natale d'Houphouet Boigny, tout le monde entier fut éprouvé de la mort brutale de celui qui devrait assurer la relève. Amadou Gon Coulibaly, alors premier ministre n'assumera que les pré campagnes. Et aussitôt tous les militants du RHDP comprirent la nécessité d'un volte-face du président Allassane Ouattara. Plus de peur que de mal, le troisième mandat fut obtenu au détour d'une échéance électorale qui s'était muée en une formalité d'usage , face à une opposition vivement opposée. Quant au début de troisième mandat, le choix du numéro 2 du pouvoir se porta sur Hamed Bakayoko, qui connaîtra le sort tragique. Bref, nous avons un président de la République qui bien qu'ayant exprimé ses envies de départ comprend les enjeux immédiats autour de l'avenir politique du pays. La prudence est de mise dans sa gestion actuelle. La preuve, le temps mis pour former un gouvernement après Hamed Bakayoko. La succession, elle , devrait attendre.

3/ en attendant de nouveaux "fils" doivent grandir.

Le gouvernement Achi 1 n'est vieux que de quelques heures. Il serait trop rapide d'y voir des traits de succession lié à un quelconque poste de responsabilité. Il faut plutôt y voir un plan de continuité. Les promus dans ce nouveau gouvernement, où l'opposition reste introuvable, sont pour la plupart les mêmes personnalités qui ont plus ou moins maîtrisé leur situation avec surtout certains ténors du RHDP. Kandia Camara numéro 2, Kobenan Kouassi Adjoumani toujours à l'agriculture avec le statut de ministre d'État sont à y voir de près , pour le Prado, ce que les GOR représentent pour Laurent Gbagbo. Mais personne ne croira à un quelconque plan de succession. Quant à Téné Birahima dit photocopie, son poste de ministre de la défense peut paraître tout à fait stratégique pour assurer dans cette idée de continuité la sécurité sans crainte en ayant un œil vigilant sur une armée dont la susceptibilité n'est plus à démontrer.

Envisager un héritier du Président Allassane Ouattara dans l'état actuel des choses, peut être une analyse rapide. Car, pour rappel, le président Allassane Ouattara lui-même , micro en main avait insisté qu'on ne prépare pas un successeur dans un mois. Il faut du temps.

En outre , l'orque l'on suit attentivement les discours du président Allassane Ouattara, il a toujours insisté sur le critère de fidélité dans son choix d'abord d'Amadou Gon Coulibaly, puis de Hamed Bakayoko. Or, il est bien connu que Amadou Gon Coulibaly et Hamed Bakayoko furent des militants de première heure et très proches du président. C'est dire, que les nouveaux proches du pouvoir doivent d'abord mûrir, en terme de collaboration avec le président Allassane Ouattara avant d'envisager quoi que ce soit À titre d'exemple, le cas Patrick Achi qui n'est qu'à quelques années de collaboration . Et vu les enjeux, on est tenté de dire que cinq ans pourraient paraître peu. D'où , l'idée qu'en fait le président Allassane Ouattara pourrait oublier sa retraite pour conduire encore longtemps le destin d'un pays pour lequel il dit s'être sacrifié.

4/ "président à vie " malgré lui .

Dans le fond du tableau de bord de la situation politique nationale, les trois leaders charismatiques sont liés. Le rapprochement même circonstancielle entre deux est un risque pour le troisième. Bien que l'ancien général dit "général de la rue" clame haut et fort la réconciliation de tout voeu et de tout cœur, son retour ainsi que celui de son mentor au pays peuvent conduire à des lendemains politiques inconnus. En attendant, le président Allassane Ouattara est bien ouvert à leur retour, comme ses récentes déclarations l'indiquent: "ils sont libres de rentrer ". Personne cependant, ne peut prédire le sort qui leur sera réservé. Une chose est sûre, la vie de Laurent Gbagbo et de Blé Goudé restent difficiles à entrevoir hors de la vie politique. En 2025, Laurent Gbagbo candidat ,ne sera pas un défi facile pour le RHDP. Donc, on peut voir Allassane Ouattara aussi candidat contre ses adversaires de toujours en 2025. Ce qui le mettrait à jamais sur la liste des présidents à vie. Car, en dehors de ses adversaires qu'il doit surveiller, les enjeux sécuritaires, stratégiques et internationaux pourraient toujours maintenir Allassane Ouattara dans la reconquête du pouvoir. Les raisons qui l'ont poussé à se présenter en 2020, seront toujours valables en 2025.

En conclusion, dans l'état actuel des choses, il est très facile de dire que le président Allassane Ouattara va se retirer en 2025, mais personne ne peut rassurer sur celui qui pourrait le succéder. Contrairement à ce qu'on peut penser, 2025 c'est déjà demain ! Et le président Allassane Ouattara ne se retirerait pas pour juste se retirer ! Surtout, le fameux troisième mandat de la nouvelle République, est là pour dissoudre un éventuel débat d'éligibilité.

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