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Comme les "enfants sorciers", les "microbes" sont des victimes des adultes

Agés de 8 à 13 ans, haches, machettes, couteaux et gourdins à la main, malchanceuses sont les personnes que le hasard met sur le chemin des enfants en conflit avec la loi, communément appelés <<microbes>>, par analogie aux véritables microbes aux effets ravageurs. Ces enfants ont bien de points communs avec les dits sorciers.

Mystère propre à l'Afrique, les "enfants sorciers" sont tout simplement les enfants à qui sont attribués des pouvoirs maléfiques. Selon des témoignages concordants de "sorciers repentis", ces enfants seraient impitoyables comparativement à leurs congénères adultes quand il s'agit de faire le mal, notamment, d'ôter mystiquement la vie leurs victimes.

Il en est de même pour les <<microbes>> qui sont sans cœur eu égard à la terreur et à la désolation qu'ils répandent. En effet, en contraste avec leur jeune âge qui devrait leur conférer innocence, les microbes n'hésitent pas à poignarder à mort leurs victimes. A chacun de leurs passages, on dénombre, outre les pertes matérielles, des morts et des blessés.

Autre point commun entre <<microbes>> et "enfants sorciers", l'intervention d'un adulte. L'intégration d'une confrérie de sorciers par un "enfant sorcier" est presque toujours le fruit d'une initiation par un adulte (une tante ou un oncle, un grand-père ou une grand-mère...) profitant du manque de discernement de l'enfant et jouant par la suite le rôle de parrain ou de marraine.

De toute évidence, c'est aussi le cas des "microbes". Sinon comment expliquer la provenance des objets avec lesquels ils agressent ? Et d'où leur provient la drogue sous l'empire de laquelle ils agissent selon un article publié dans la revue sociologique pratique cairn.info ? Cet article intitulé "La criminalité juvénile : les enfants « microbes » comme symptôme des difficultés de la protection de l’enfance en Côte d’Ivoire" et publié en 2018, confirme que "Le parcours de ces enfants « microbes » est généralement identique. D’« enfants des rues », en errance, ils ont été recrutés par les adultes comme enfants-soldats, porteurs de munitions pour les combattants ou informateurs, durant la guerre postélectorale de 2010-2011. Ils ont vécu de près les atrocités de la guerre et ont vu les adultes franchir les limites morales qu’ils avaient eux-mêmes fixées".

C'est dire que les enfants en conflit avec la loi, tout comme les "enfants sorciers" sont des victimes des adultes, des victimes de la société. De ce fait, ils méritent, en lieu et place du regard réprobateur dont ils sont l'objet, un regard de pitié et de compassion.

Marius K., Le_Littéraire

Content created and supplied by: Le_Littéraire (via Opera News )

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