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Deux semaines après son retour : Laurent Gbagbo déjà à la manœuvre

« Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. » On pourrait coller cette citation d’Alphonse de Lamartine à l’actualité ivoirienne qu’on ne se serait pas trompé. Une actualité qui va désormais - et cela depuis deux semaines - au rythme du président Laurent Gbagbo. Plus rien ne se fait ni se dit sans avoir référence à l’ancien président ivoirien. Bien arrivé dans son pays depuis le jeudi 17 juin dernier, Laurent Gbagbo attend insuffler une nouvelle dynamique à la politique nationale. Une scène politique malade de ses acteurs et où ont pignon sur rue violences et incarcérations des adversaires politiques depuis des décennies et qui a grand besoin de thérapie. Ce médicament dont a besoin la scène politique ivoirienne, c’est l’humanisation des rapports des uns avec les autres. C’est cela même le fondement du vivre ensemble prôné du bout des lèvres, la cohabitation. Pour l’ancien chef de l’Etat, nous devons vivre comme des êtres humains qui ne sont rien les uns sans les autres et non des animaux qui agissent par instinct de survie dans un rapport du plus fort qui tue le plus faible. Nous devons vivre dans des rapports sains, sans animosité ni hypocrisie. « Si on est dans un puits et que quelqu’un grimpe pour sortir du puits, ne le tirons pas pour le faire redescendre. Poussons-le pour qu’il sorte. S’il sort, il peut peut-être nous aider, en nous envoyant une corde pour nous tirer du puits. Ne jetons pas l’anathème les uns sur les autres. Ne mettons pas en doute, les uns et les autres. » A déclaré Laurent Gbagbo, le lundi 28 juin, lors de son séjour à Mama, son village paternel, à 300 km d’Abidjan dans le département de Gagnoa, région du Gôh. Le fondateur du Front populaire ivoirien (Fpi) et père du multipartisme en Côte d’Ivoire a encore donné un aperçu d’homme d’Etat qu’il est ; il a dressé de nouveaux lauriers à la démocratie sans laquelle l’espace politique serait une jungle sans loi avec des acteurs sans foi.

Selon lui, on peut ne pas partager des points de vue mais on peut et nécessairement on doit continuer de vivre ensemble. Et donc ce n’est pas parce qu’on n’est pas d’accord sur une ou des choses, qu’on est des ennemis, qu’il faut qu’on s’entretue. Bien au contraire, c’est parce qu’on n’est pas d’accord qu’il y a démocratie, creuset dans lequel chacun est libre de s’exprimer. « Si je marche avec le Pdci, ça fait quoi ? Lokrou Vincent qui est mon petit frère, il est au Pdci, ça fait quoi ? Si on doit être tous d’accord, il n’y a pas de démocratie. C’est parce qu’on n’est pas d’accord qu’il y a démocratie. Là, on organise des discussions. Donc, moi, je m’entends bien avec les gens du Pdci. » Ce verbatim va au-delà du Pdci-Rda et s’adresse premièrement à celui qui a les rênes du Pouvoir, à savoir Alassane Ouattara. Ce dernier devrait comprendre qu’emprisonner ses adversaires politiques ne rime à rien à part, le fait de démontrer qu’il n’a plus d’arguments, la violence étant l’arme des faibles contrairement au dialogue qui est celle des forts. Vivement que Laurent Gbagbo soit entendu par ceux d’en face pour la réconciliation appelée de tous leurs par les populations ivoiriennes soit effective.

Haity

Content created and supplied by: Haity (via Opera News )

laurent gbagbo

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