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CEDEAO / Sommet du 4 juin à Accra, le Mali au centre des travaux

Le colonel Assimi Goïta, chef de l’Etat malien


A peine le nouveau gouvernement français connu, la CEDEAO convoque un autre sommet à Accra. On s’attend à un changement de position de l’organisation ouest-africaine vis-à-vis du Mali. Afrique Médias, la télévision panafricaine, a organisé ce mercredi 25 mai 2022, un panel sur la question. Le jeune leader malien connu sous le sobriquet de « général Diawara », a déclaré sur cette antenne, qu’au Mali, l’information n’a été connue que suite à un tweet de Serge Daniel. Ce qui fait dire à Jonathan Matouguélé que « ce n’est pas anodin si la nouvelle de ce sommet a seulement été annoncée par les médias du Quai d’Orsay. Cela veut dire que le pays qui a véritablement des intérêts dans ce sommet de la CEDEAO, c’est la France ».

Selon le général Dawara, la prudence est de mise à Bamako et deux tendances s’y dégagent. Il y a ceux pour qui il faut discuter avec la CEDEAO sans sacrifier la marche vers la souveraineté. Et l’autre tendance, largement majoritaire, qui demande que le Mali quitte la CEDEAO et le franc CFA. Beaucoup sont convaincus que la CEDEAO est juste un instrument de la France et que discuter avec la France, c’est discuter avec la France de façon indirecte. « Pourquoi donc ne pas discuter avec l’envoyeur au lieu de l’envoyé ? » 

Cette fois, c’est le togolais Faure Gnassingbé qui tient les manettes de la CEDEAO. Or,  le Togo s’était opposé aux sanctions contre le Mali.  Il estime cependant que le Togo est dans la lutte pour sa propre survie économique. Les Français vont donc l’utiliser pour obtenir un apaisement des relations avec le Mali. Mais les choses risquent de ne pas être aussi faciles car le Mali est dans une très forte logique d’émancipation. « Moi je serais très surpris de voir le peuple malien laisser Goïta partir. Si Goïta n’est pas de la partie, comment cela va se passer ? Les sanctions contre le Mali ne respectent aucun texte. Mais est-ce que la CEDEAO pourra tenir cette position longtemps ? », s’interroge le général Diawara. Selon lui, la France est contre le Mali pour avoir pris position pour la protection de ses intérêts. « Nous les panafricains, nous devons être très prudents devant ce qu’il se passe. Il faut non seulement voir qui est annoncé, mais aussi veiller sur les contours. Ce sont des maîtres dans le mensonge. Quand ils annoncent quelque chose, ils ont déjà un plan en arrière. Que font-ils contre le Mali ? A quoi préparent-ils l’opinion ? Quelle responsabilité veulent-ils faire porter au Mali face aux peuples africains qui sont en train de nous soutenir massivement ? »

Jonathan Matouguété pense pour sa part, que la CEDEAO est en mission contre le Mali. Il y a, selon lui, deux situations à analyser sous le prisme de la France et sous le prisme de la médiation de la CEDEAO. « Il y a eu un changement dans les affaires étrangères françaises avec l’arrivée de Mme Catherine Colona. C’est une chiraquienne. Elle est dans la ligne de la françafrique soft, plus discrète, active dans les couloirs diplomatiques et moins frondeuse. Donc avec Mme Colona, c’est l’arrivée du discours du double-jeu qui va désormais redevenir le maître-mot de la diplomatie française. Tous les dirigeants français qui proposent une politique expansionniste, ont donné l’impression que la France officielle n’est pas forcément opposée aux Africains, ne va pas se mêler de leurs affaires intérieures mais va privilégier la défense des intérêts de la France. C’est une nouvelle approche diplomatique qui est en train d’être mise sur pied à Paris. C’est cette approche qui influence la CEDEAO. Il faut desserrer l’étau au Mali, privilégier les canaux diplomatiques. Il n’est pas exclu qu’au terme de ce sommet, on voit les sanctions levées ».

Le panéliste rappelle que c’est la France qui avait monté cet embargo contre le Mali. Et dans ce combat contre le pays d’Assimi Goïta, il y a avait aussi des intérêts personnels de monsieur Le Drian. « C’est pourquoi nous sommes très attentifs à l’instruction qui est en cours au Mali. Nous allons voir comment Le Drian va réagir, comment la France qui se veut un Etat de droit, va réagir en mettant Le Drian à la disposition de la Justice ou en l’en soustrayant. S’il répond à la convocation, ce sera un bon signe qui montre que la France s’engage à avoir des relations beaucoup plus éthiques avec les pays africains. Mais si on le soustrait, cela veut dire qu’on reste dans la même françafrique d’hier avec l’affaire de l’Arche de Zoé, des citoyens français qui seraient intouchables, des demi-dieux sur le territoire africain ». Jonathan Matouguélé est certain qu’au cours de ce sommet d’Accra, Paris voudra envoyer un signal fort à Bamako en cherchant à calmer le jeu et revenir à la négociation. A l’en croire, Paris sait qu’elle est en train de perdre le Sahel. Or, le Sahel représente les enjeux de demain. « Les Etats européens se sont rendu compte qu’à Bamako, personne n’a plus peur de l’union européenne. Donc il faut changer de cadence et l’arrivée de Mme Colona indique qu’il y aura beaucoup de changements à venir ».

Mais le Mali est dans une forte logique d’émancipation. Comment va-t-il gérer ce changement ? Les Maliens devront trouver les éléments pour tenir bon dans leur logique d’émancipation. « Il faudra aussi que si la France souhaite revenir dans les négociations, le Mali ait la maîtrise de ces négociations ».

Paul D. Tayoro

 

 

 

 

 

 

Content created and supplied by: Paul-D-Tayoro (via Opera News )

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