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Procès de Bouaké: Vladimir Poutine, l'homme que la France tente d'éviter à tout prix?

Officiellement, le procès sur le bombardement du camp Français de Bouaké du 06 Novembre 2004 a pris fin, ce Jeudi 15 Avril, avec la condamnation à perpétuité des trois pilotes incriminés dans ce raid aérien, à l'origine de la mort de 9 soldats Français. 

Outre le fait que de profonds mystères demeurent autour des responsabilités à situer dans cette affaire, ce qui dérange, c'est que ces trois condamnés, le Biélorusse, Yuri Sushkin, et les Ivoiriens Ange Gnanduillet et Patrice Ouei, dont les circonstances non élucidées de la disparition depuis ces événements tragiques, ont été jugés par contumace, bien qu'étant introuvables, alors que les principaux témoins Français, tous des personnalités gouvernementales à l'époque des faits, avaient défilés à la barre. Tout a été dit, sauf que rien n'en est sorti. 

Au bout de ce procès long de 3 semaines, l'omerta a couvert la raison d'état, plus de 16 ans après les faits, laissant les familles des victimes, impuissantes devant les turpitudes du système. En dessous de cette affaire du raid de Bouaké, pourraient se cacher bien d'énigmes assez troublantes. 

Parmi celles-ci, l'implication directe ou indirecte de Moscou dans la planification et la mise en oeuvre de l'opération ''Dignité'' lancée par les forces fidèles à Laurent Gbagbo, pour reconquérir les zones occupées par la rébellion des Forces Nouvelles (FN) dans le nord du pays. Un nom revient de façon récurrente depuis le dérapage de cette offensive militaire. Il s'agit de celui de Robert Montoya, ex gendarme en service à l'Elysée sous François Mitterrand, reconverti en marchand d'armes après avoir été inculpé par la justice Française en 1992, dans une affaire d'écoutes téléphoniques illégales. C'est cet homme, rappelle le quotidien Français ''Libération'', dans une de ses parutions datant du 16 Décembre 2005, qui à la tête de la société Darkwood, ''a servi d'intermédiaire entre un fournisseur Biélorusse (la firme BSVT) et le régime de Laurent Gbagbo''. ''Parmi les équipements livrés à Abidjan'', révélait le confrère, ''le Sukhoï 25 qui, le 06 Novembre 2004, a bombardé un camp Français à Bouaké; en Côte d'Ivoire, tuant neuf soldats de la Licorne...''. 

Chasse gardée de la Russie post-Soviétique en Europe de l'est, la Biélorussie sert d'interface entre les intérêts Russes et de nombreux états Africains. La commercialisation d'équipements militaires Russes par des sociétés Biélorusses fait donc partie de l'ordre normal des choses et l'acquisition des fameux avions de combat, Sukhoï 25 et Mig 21, par l'aviation Ivoirienne, rentre certainement en ligne de compte dans le volume d'achat de matériels militaires par la Côte d'Ivoire à hauteur de 300 milliards de FCFA, comme l'indiquait Jeune Afrique le 20 Décembre 2010, en pleine crise postélectorale. 

Grand exportateur d'armes vers l'Afrique, la Russie a probablement, en vertu des intérêts stratégiques qu'elle avait avec la Côte d'Ivoire, contribuée à l'encadrement du personnel navigant Ivoirien, sur la maîtrise du Sukhoï 25, l'une des fiertés de l'industrie aéronautique Russe. Pour qui travaillaient ces experts Biélorusses projetés au coeur du conflit Ivoirien? Seule certitude, leur proximité d'avec les intérêts Russes sont indéniables, vu qu'ils ont été sollicités pour l'utilisation de ces aéronefs de combat, en soutien à l'armée Ivoirienne. 

Remonter la filière pour faire la lumière sur l'implication de ces experts Biélorusses dans le conflit Ivoirien, pourrait très vite, ramener à Moscou. Une éventualité à redouter pour Paris, qui n'ignore certainement pas la pénétration fulgurante de l'industrie militaire Russe sur le marché Africain. 

Engagé dans une offensive de repositionnement sur le continent Africain, après l'échec de son pays face à l'ogre Américain, lors de la guerre froide, le maître du Kremlin, Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 2000, serait sans doute embarrassé de voir des groupes d'intérêts proches de son régime, être inquiétés dans une telle affaire. Et le seul moyen d'éviter le courroux du successeur de Boris Eltsine, c'est de se résoudre au statu quo. 

A Paris, le message semble avoir été parfaitement compris. Et le procès qui vient de s'achever sur la condamnation fictive des trois pilotes, sans effleurer les commanditaires, démontre bien l'état d'esprit des deux capitales, qui tiennent visiblement à s'épargner un conflit diplomatique dans un dossier qui ne touche aucunement à leurs intérêts stratégiques.

Raoul Mobio

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

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