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Parti politique de Gbagbo en création : de la nécessité d'aller à l'essentiel

La situation du parti politique en gestation inspiré par le président Laurent Gbagbo, ressemble fort à une femme enceinte dans nos villages. Même pas encore à terme, que les voisins, les amis et les connaissances se disputent des privilèges. Quand certains affirment, au regard du ventre arrondi de la dame que l’enfant sera un garçon, d’autres sont convaincus que l’enfant sera une fille, parce que le nombril de la dame n’est pas bien sorti. Certains se battent pour que l’enfant portent leur nom au cas où c’est un garçon, quand d’autres en font déjà la future femme de leur rejeton si c’est une fille.

Cependant, la mère est seule à endurer la souffrance des coups de pieds que lui donne l’enfant, ou à éprouver des envies qu’elle n’aurait jamais eues si elle n’était pas dans cet état de grossesse. C’est pourquoi, il est conseillé d’entourer la femme enceinte de toute l’attention et de toute l’affection, à l’effet de lui éviter tout stress émanant de son environnement pouvant conduire à un avortement. Il s’agit pour l’époux et pour son entourage d’assurer un accompagnement jusqu’à l’accouchement.

Tout accouchement est difficile et douloureux, mais lorsque l’enfant paraît, la joie et la fierté de la mère et de son entourage, sont à la dimension de la douleur endurée.

Ce qu’il nous est donné de voir autour du parti en création, s’apparente fortement à cette image de la femme enceinte et de son entourage.

Plutôt que de s’atteler sereinement à la préparation du congrès constitutif du parti, certaines personnes se lancent dans des invectives au sujet de procédures qui n’auraient pas été respectées et qui selon eux conduisent inéluctablement à la mort du parti avant sa naissance. Si maladresse, il y a eu, c’est à l’égard de toutes ces personnes qui ont été convoquées par voie de presse, et qui n’ont pas été individuellement consultées, on peut le reconnaître sans faux fuyant, mais, on peut aussi s'arrêter là. 

En outre, il est revenu sur les réseaux sociaux, que des figures de proue du parti avec lequel le « désapparentement » s’est effectué, ne figurent pas sur la liste du comité de réflexion ou du comité d’organisation, parce qu’elles seraient proches de certaines personnalité. Cette affirmation ressemble fort à un procès d’intention. Peut-on objectivement faire de toutes les personnalités ou de tous les militants, des membres d’un comité réflexion ou d’un comité d’organisation? Et qui plus est, ceux qui sont cooptés, ne sont pas pour le moment les dirigeants des organes du parti...non encore créé.

Mais en conscience, il serait bon de faire confiance à ceux qui sont chargés de jeter les bases du parti à venir et leur accorder le bénéfice du doute.

Toutes ces agitations se comprennent aisément. Tout comme l’enfant de la femme enceinte (fille ou garçon) pas encore né, mais qui a déjà plusieurs homonymes ou un fiancé, le bruit autour du parti en gestation n’est qu’une lutte de positionnement qui a déjà commencé. Cependant, il serait bien séant de ne pas en faire trop, de savoir raison garder et de mener le processus jusqu’à son terme.

D’ores et déjà, des « spécialistes de la prospective » et des « lanceurs de cauris », au regard de ce qui se passe, prennent le pari que l’enfant sera mort-né ; juste parce que la mère est sujette à des envies de vomissement, ignorant que cet état fait partie de l’univers de la femme enceinte. Est-ce leurs souhaits ? Auront-ils raison ? Mais peut-on empêcher quelqu’un d’émettre un souhait ? 

Aujourd’hui, le président Laurent Gbagbo est dans une dynamique qui déroute tout le monde. Il semble être décidé à ne pas s’encombrer de pesanteurs qui ralentiraient sa marche en avant. Il fera la marche avec le peu de monde qui acceptera de l’accompagner, si tant est que les autres ne veulent pas suivre ou se perdent dans des querelles pour déterminer le sexe des anges.

C’est également l’occasion pour la jeune génération d’avoir l’opportunité d’être membre fondateur d’un parti politique, l’occasion pour les jeunes d’être aussi des militants de premières heures, statut que les devanciers leur brandissaient au nez, qu’ils pourront eux aussi brandir demain. Demain est certes un autre jour, mais demain arrive toujours. Pour y arriver, il faut aller à l’essentiel et au besoin, contourner tous les cailloux...d’où qu’ils viennent.

Il y a certes eu un soir en Eburnie, il y aura assurément un matin et l’ivraie sera séparée du vrai.

Nazaire KADIA

Content created and supplied by: kadianaz (via Opera News )

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