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Intérêts Français attaqués au Sénégal : la France paie-t-elle cash ses erreurs en Côte d’ivoire?

Des scènes de pillages surréalistes dans les rues de Dakar, ce Vendredi 05 Mars 2021. Pour la première fois dans l’histoire de ce pays considéré comme un repère de la démocratie en Afrique de l’ouest, les entreprises, et notamment celles appartenant à des investisseurs Français, sont prises pour cibles. 

Destruction totale de biens privés, pillages systématiques des supermarchés du groupe Auchan, 14 magasins ont été attaqués, dont 10 pillés. Plus que jamais, la France est dans l'œil du cyclone au Sénégal. 

Le mythe de la super-puissance coloniale semble s’être effondré en l’espace de quelques minutes. Le maître ne fait plus peur à l’esclave. Au-delà des protestations contre l’arrestation de l’opposant Ousmane Sonko poursuivi dans une affaire de viol, ces incidents dénotent d’une révolte mal contenue de l’opinion publique Sénégalaise contre la politique Française en Afrique. 

Certes, le Sénégal a jusque-là été épargné des turbulences politiques survenus dans la sous-région Ouest-Africaine ces dernières années, mais les positions ambiguës qu'adopte la France dans la gestion des crises notamment au Mali, en Côte d’ivoire ou en Guinée-Conakry, ne laissent pas indifférente l’opinion publique au Sénégal. 

Les événements qui pourraient en avoir rajouté à l’indignation des Sénégalais, remontent probablement à 2004. En Novembre de cette année, l’intervention militaire Française qui avait brutalement mis fin à l’opération ‘’Dignité’’, lancée par l’armée Ivoirienne pour reprendre le contrôle des zones tenues par la rébellion des forces nouvelles, et qui avait été à l’origine d’affrontements meurtriers entre les soldats Français et les civils Ivoiriens, a suscité un profond sentiment de frustration en Afrique. 

À cela, il faut rajouter le rôle militaire joué par Paris dans l’éviction du pouvoir de Laurent Gbagbo, perçu dans l’opinion Africaine comme un symbole du panafricanisme, et les postures controversées de la France dans le conflit Malien, puis dans les crises des 3emes mandats en Côte d’ivoire et en Guinée-Conakry. 

Dans chacune de ces crises, la responsabilité première de la France a toujours été pointée du doigt. Dans un pays comme le Sénégal où les thèses anti-impérialistes ont le vent en poupe depuis près d’une décennie ave floraison de mouvements idéologiques tels que ‘’Y'en a marre’’, l'embrasement était prévisible. 

Pour beaucoup de Sénégalais, à l’instar de ses homologues Ivoirien et Guinéen, Macky Sall pourrait être tenté de se frayer un chemin constitutionnel pour briguer un 3ème mandat avec la caution de Paris. En se dressant autour du leader du PASTEF ( Patriotes du Sénégal pour l’Éthique, le Travail et la Fraternité), les manifestants Sénégalais croient non seulement, pouvoir se prémunir contre le syndrome des 3emes mandats, mais aussi, contrecarrer l’influence de Paris sur la vie politique locale. 

2024 promet des étincelles, à moins que le pouvoir en place à Dakar se résolve à des concessions significatives. 

Raoul Mobio

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

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