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Crise à Fraternité matin : les travailleurs exigent le départ de Venance Konan et de son adjoint

Les quatre syndicats des travailleurs du média pro-gouvernemental ne veulent plus voir leur directeur général, Venance Konan et son adjoint, Serges Abdel Nouho à la tête de l’entreprise. Ils l’ont fait savoir, le mardi 20 avril 2021, au lendemain de mouvements d’humeur ayant eu lieu la veille.

Venance Konan (à gauche) et Serges Abdel Nouho, deux directeurs contestés (Photos Web)

Démission du directeur général, Venance Konan. Démission du directeur général adjoint, Serges Abdel Nouho. Suppression pure et simple du poste de directeur général adjoint. Paiement immédiat de tous les droits des travailleurs, restés en souffrance depuis des lustres. Ce sont quelques-uns des 24 points de revendication des travailleurs de Fraternité Matin. Ceux-ci, à travers leurs quatre syndicats (SynaFratMat, SyleFratmat, SyntraFratMat et Cjdd) comptent entrer en grève, le Jeudi 29 avril prochain si l’ensemble de leurs revendications n’est pas satisfait.

Un préavis de grève de 72 heures renouvelable a ainsi été déposé, le mercredi 21 avril 2021 sur le bureau de Venance Konan, avec copies à l’inspection du Travail et des Lois sociales d’Adjamé et au ministère de la Communication, des Médias et de la Francophonie.

Comment comprendre cette autre éruption de colère dans le média de service public ? Ce sont les syndicats qui en donnent la bonne réponse. Ils dénoncent en effet et à l’unisson, la mauvaise gestion, la gabegie ostensible et tous les autres actes qui ayant entraîné selon eux, des dysfonctionnements graves au niveau de la gestion managériale et financière de l’entreprise. Ainsi, c’est un document épais contenant 24 points de revendication qui a été déposé sur le bureau de Venance Konan, le 21 avril dernier.

La colère gronde à Fraternité Matin

C’est au cours d’une assemblée générale consultative des travailleurs convoquée par les quatre syndicats de l’entreprise que ceux-ci ont adressé tous les maux qui minent l’entreprise depuis des années, en dépit d’un concours financier massif du gouvernement et malgré un plan social inhumain exécuté au burin par la direction actuelle de l’entreprise, le 18 décembre 2018. Plus de 150 travailleurs avaient alors été jetés à la rue, leurs droits payés en monnaie de singe. Le prétexte tout trouvé en 2018 pour ce licenciement massif était que la "colossale" masse salariale aurait provoqué un grave déséquilibre financier de l’entreprise.

Le gouvernement avait alors adoubé le plan de redressement concocté par la direction de Fraternité matin en épurant d’abord les arriérés de reversements dus à la Cnps et en injectant directement de l’argent dans les caisses de l’entreprise pour l’acquisition et le renouvellement du matériel de production.

Les différents courriers adressés au directeur général, à l'Inspection du travail, etc

Trois années plus tard, la situation financière de Fraternité Matin est devenue plus précaire que celle d’avant 2018. A ce jour, la masse salariale qui avait été indexée pour justifier le licenciement collectif pour motif économique est remontée pratiquement à la hauteur de celle d’avant le redressement. De 150 millions pour 330 salariés en 2018, Fraternité Matin est aujourd’hui à 125 millions de masse salariale mensuelle pour 193 travailleurs. Les syndicats dénoncent un recrutement massif et en dehors de toute procédure légale de nouveaux salariés, alors que la loi exige que priorité soit donnée aux travailleurs frappé par le licenciement collectif pour motif économique.

La tension reste vive dans l’entreprise. Ce vendredi 23 avril même, une assemblée générale d’information est prévue pour 10 heures en vue de faire le point aux travailleurs, sur les démarches entreprises par les syndicats et en vue de galvaniser davantage les troupes.

Théodore Sinzé

Content created and supplied by: ThéodoreKoffiSinzé (via Opera News )

venance konan

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