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L’ombre de la crise du 3ème mandat plane sur Macron : Pourquoi la France ne fait plus peur

C’est un député Français, qui en fait le constat. Dans un communiqué de presse datant de ce Vendredi 08 Octobre, Sébastien Nadot ; député de la circonscription de la 10ème de la Haute Garonne, dresse un constat pathétique de la situation des relations Franco-Africaines à l’aune de 28ème Sommet Afrique-France, qui se tient à Montpellier, dans le sud de la France, avec la participation de 3000 jeunes venus des différentes régions du continent, et sans la présence d’un seul chef d’état Africain.

 

Selon Sébastien Nadot, ‘’le sentiment anti-Français prospère partout en Afrique Centrale et de l’Ouest, alors que la Russie et la Turquie avancent chaque jour leurs pions, l’Elysée ne trouve pas mieux que ce théâtre de faux-semblants qui ne dupera personne’’.

 

Le jugement est lourd, mais clairement réaliste au vu de l’évolution précaire des rapports entre Paris et de nombreuses capitales Africaines, dont Bangui, Bamako ou encore Alger. La France sous Macron ne fait plus peur. Chaque crise sociopolitique en Afrique se transforme ouvertement en foire à invectives pour la France et ses dirigeants. Abidjan, Conakry, Bamako, Dakar, Ndjamena… les scènes de lynchages populaires de l’ancienne puissance coloniale sont encore vives dans les esprits.

Au Sénégal, on s’est même permis de vandaliser des enseignes Françaises lors des émeutes de Mars, déclenchées suite à l’arrestation de l’opposant Sonko. En outre, comme le souligne le député du groupe parlementaire Libertés et Territoires (LT), Sébastien Nadot, ‘’La Russie et la Turquie avancent chaque jour leurs pions…’’.

 

Pas besoin de se faire spécialiste en géopolitique pour le remarquer. Les cas de la Centrafrique et du Mali, où les versatilités de la France ont ouvert des boulevards à la Russie de Poutine qui s’y est déployée militairement, sont saisissants. L’attitude de défiance que tiennent les autorités de la junte au pouvoir à Bamako, illustre bien de la démystification de la politique Française en Afrique.

 

Et pour cause ? Ces dernières années, l’Elysée tâtonne. Sur des grands dossiers tels que les crises des 3èmes mandats en 2020, Macron a péché. Peut-être même lourdement. Face à Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire, ou à Condé en Guinée-Conakry, le jeune président a fait montre d’une fébrilité suicidaire dans ses prises de position et sa maîtrise des dossiers politiques dans ces ex colonies de la France.

 

3 jours après son tête-à-tête du 04 Septembre 2020 avec son homologue Ivoirien, Alassane Ouattara, Jeune Afrique révélait : ‘’ Lors d'un déjeuner à l'Elysée le 4 Septembre, Emmanuel Macron a fait part à Alassane Ouattara de ses inquiétudes sur le climat socio-politique en Côte d'Ivoire à l'approche de la présidentielle. Ce qui a agacé son homologue. Selon nos informations, Emmanuel Macron a confié craindre que le troisième mandat contesté de son homologue ivoirien puisse susciter des tensions sociopolitiques dans le pays, alors que des violences ont déjà fait plusieurs morts dans différentes localités mi-août. Le président français a suggéré à Alassane Ouattara de procéder à un report du scrutin afin de lui permettre, ainsi qu’à Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié, de se retirer. Ce délai lui donnerait en effet la possibilité de faciliter l’ouverture d’un dialogue avec ses deux principaux opposants et de trouver un successeur pour opérer le « changement générationnel » initialement promis. Mais le chef de l’État ivoirien a refusé’’. Sans commentaire.

La suite, on la connaît, dans l’incapacité de faire prévaloir les principes démocratiques chers à la France et inculqués à ses ex colonies, Macron s’est finalement rangé du côté du président sortant Ivoirien. Cet acte de recul a probablement été le signe le plus tangible de la fébrilité du système politique Français, en panne d’autorité vis-à-vis des dirigeants Africains.

 

Si après plusieurs mois de suspens, Emmanuel Macron n’a pu s’imposer dans cette crise Ivoirienne au cours de laquelle beaucoup s’attendaient à ce que la France officielle tranche en faveur des partisans du retrait d’Alassane Ouattara, au nom du principe de la limitation des mandats, plus rien alors n’empêche d’autres dirigeants sur le continent d’aller à la défiance, l’Elysée les ayant habitués depuis peu aux hésitations et atermoiements. Certains choix se paient cash. Et en voilà un…

Raoul Mobio

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

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