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Décès de Gon Coulibaly et Hamed Bakayoko : le régime d’Alassane Ouattara dans l’incertitude totale

L’absence des deux ex-Premiers ministres vient compliquer davantage une situation qui était déjà inextricable quant à savoir qui pour assurer l’avenir du régime au pouvoir. Voire celui du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp).

Un vide qui sera difficilement comblé

La dépouille mortelle d'Hamed Bakayoko à son arrivée (Photos: web)

L’ex-Premier ministre, Hamed Bakayoko est porté en terre aujourd’hui-même à Séguéla, dans les terres de ses ancêtres. Il fut l’un des piliers du Régime d’Alassane Ouattara et une figure importante de la relève au Rhdp. Son prédécesseur au poste névralgique de Premier ministre, chef du gouvernement fut lui-aussi un pilier du système Alassane Ouattara. Quand le Président de la République parlait de transmettre le pouvoir à une nouvelle génération, après son règne, il comptait assurément sur ces deux figures de proue. A preuve, ce sont ces deux personnalités qu’il a choisies pour conduire le gouvernement et les affaires de l’État. Hamed Bakayoko était alors dans la position de celui qui était entrain d'affûter ses armes dans l'ombre de son mentor, en attendant son heure ! Le sort est cruel et le Chef d’Etat doit à présent revoir dans l’urgence, tous ses calculs. Trouver des solutions idoines et immédiates au-lendemain-même des obsèques de son ancien Premier ministre. Au risque de voir son système politique s’écrouler comme un château de cartes, après son départ de la tête de la Côte d’Ivoire.

L’urgence de la situation s’exprime à deux niveaux. d'abord la survie du régime, ensuite celle du Rhdp qui est construit par agrégation de plusieurs militants et cadres d’horizons divers. Pour ce qui est du régime, il y a que le Président Alassane Ouattara n’a plus de dauphin constitutionnel depuis la démission surprise de Daniel Kablan Duncan du poste de vice-Président, le lundi 13 juillet 2020. La conséquence prévisible est qu’en cas de vacance de la Présidence de la République, dans les hypothèses prévues par la Constitution, la Côte d’Ivoire entrerait dans une zone de turbulence extrême.

 Les répercutions, nombreuses !

Le Président Alassane Ouattara très attristé

La survie du régime dans ces conditions et par contre-coup serait hypothétique. Une situation induite par le système politique de la Côte d’Ivoire qui concentre l’essentiel des pouvoirs de l’État dans les mains du Président de la République, mais aussi du fait de "l’Hyper-Présidence" d’Alassane Ouattara. Ainsi, le Chef d’État actuel est véritablement, plus qu'à une autre époque, la clé de voûte des institutions de la République.  Quand la clé de voûte se brise, toute la structure s’en trouve ébranlée. Surtout quand les amortisseurs prévus par la Constitution, comme c’est actuellement le cas, ne sont plus en place.

Le second degré d’urgence est la survie du Rhdp, l’instrument de combat politique au service du Président Ouattara. Comme l’a été le Rassemblement des Républicains (Rdr). L’envergure du président du Rhdp maintient la cohérence interne de ce parti. Nul n’ignore cependant que le Rhdp est confronté, comme d’ailleurs toutes les autres formations politiques de Côte d’Ivoire, à des vents contraires alimentés par les chocs des ambitions.

L’avenir s’assombrit pour le Rhdp

Les choses s'annoncent compliquées pour Adama Bictogo

Le numéro 2 du parti présidentiel, Adama Bictogo n’est pas à proprement parler et au contraire d’Amadou Gon Coulibaly et Hamed Bakayoko, un militant historique du Rdr, le géniteur du Rhdp. Le Directeur exécutif du parti majoritaire fait plutôt partie de l’entre-deux générations. Cela comptera forcément quand il s’agira de confier le destin de cette formation politique à un successeur d’Alassane Ouattara. Par ailleurs, on peut de parier à peu de frais que le Rhdp ne prendra pas le risque de confier son avenir à l’un des cadres ou militants transfuges des partis politiques concurrents et qui y sont récemment atterri dans des conditions très particulières qui n’incitent pas forcément à une confiance aveugle. En tout état de cause, le nouveau timonier du Rhdp devra être une personnalité consensuelle et charismatique. La personnalité qui répond à un tel critère n’est pour l’heure pas très visible. Comme on le voit, c’est Alassane Ouattara qui tient solide tout l’échafaudage. Quand il ne sera plus aux affaires pour une raison ou pour une autre, son instrument politique, le Rhdp tout comme son régime, risquent d’en pâtir irrémédiablement.

Théodore Sinzé

 

Content created and supplied by: ThéodoreKoffiSinzé (via Opera News )

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