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62 ans après l'indépendance, voici ceux qui décident pour la Côte d'Ivoire à l'ONU

Certains faits méritent d'être pointés du doigt dans l'observation des relations internationales. Des remarques simples, logiques et cohérentes qui permettent de constater le caractère déséquilibré des rapports entre les états, en fonction de leur passé historique, et de leur puissance militaire et économique. 

A l'instar des autres Nations Africaines, la Côte d'Ivoire continue de subir un tutorat difficile à expliquer d'un point de vue rationnel, si l'on part du principe que toutes les Nations ont le droit de disposer d'elles-mêmes, selon la charte des Nations unies. Alors que ce pays phare d'Afrique de l'Ouest s'apprête à commémorer 4 mois, le 62ème anniversaire de son accession à l'indépendance, des interrogations critiques devraient être soulevées quant au statut réel de cette ancienne colonie Française. 

Premier élément qui amène à douter de la sincérité des indépendances octroyées aux pays du tiers-monde au sortir de la seconde guerre mondiale, le maintien du mode de fonctionnement de l'ONU qui de par la création du Conseil de sécurité, instance de décision suprême, qui ne regroupe que 5 états, disposant du droit de veto sur un total de 193 états membres que compte l'organisation mondiale. 

Ce qui signifie en clair que les ultimes décisions, les plus sensibles sur la conduite de la vie de la planète, se décident entre 5 pays, en l'occurence, les USA, la Russie, la Chine, la France et la Grande-Bretagne. Cette situation de fait, consacre de manière objective, l'aliénation de la souveraineté des états du tiers-monde, dont la représentativité au sein de l'organisation, ne relèvent essentiellement que de la figuration. La question est de savoir, si la Côte d'Ivoire existe matériellement en tant que nation indépendante aux Nations Unies. 

Si cette indépendance est officiellement actée, certains faits de l'histoire donnent de remettre en cause la thèse de la souveraineté dont se prévalent les dirigeants de ce pays. Illustration parfaite de cette indépendance théorique, l'adoption par les Nations Unies d'un projet d'embargo déposé par la France après les événements tragiques de Novembre 2004. Le 15 Novembre 2004, sur demande des autorités Françaises, l'ONU décidait, à travers la résolution 1572, de l'imposition d'un embargo sur les armes contre la Côte d'Ivoire. 

Lors de cette séance, le seul officiel chargé de se prononcer sur ce projet de résolution, n'était autre que l'ambassadeur Français à l'ONU, d'alors, Jean-Marc de la Sablière. Seul son avis a été requis pour statuer sur le cas de la Côte d'Ivoire. Tous les pays représentés à cette session du Conseil restreint de sécurité, à laquelle participait également l'Angola, en tant que membre non-permanent, selon les status de l'institution, se sont strictement alignés sur la position de l'état Français. 

Pour une décision aussi critique, la Côte d'Ivoire n'a pas été autorisé à peser dans le choix du Conseil de sécurité, bien qu'elle fut officiellement représentée à l'ONU. Situation identique en 2011, où s'armant de la résolution 1975 l'autorisant à faire usage de la force pour protéger les populations civiles, la France alors dirigée par Nicolas Sarkozy, a procédée au bombardement des positions des forces fidèles à l'ancien chef d'état, Laurent Gbagbo jusqu'à son arrestation le 11 Avril par les forces pro-Ouattara, avec l'appui des soldats Français. 

Prétendre être indépendant et continuer à subir les décisions de son ancienne puissance colonisatrice au plus haut niveau de décision international, c'est sans doute l'une des dérisions les plus pathétiques qui soit à constater dans les relations internationales.

Raoul Mobio

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

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