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Dr. Boga Sako (Président du FIDHOP) : « Ouattara ne peut pas envisager un 4ème mandat »

Dr. Boga Sako Gervais, Président de la Fondation Ivoirienne pour l'observation et la surveillance des Droits de l'Homme et de la vie Politique (FIDHOP) suit l’évolution de la situation sociopolitique de son pays. Revenu d’exil en juillet 2021, ce défenseur des Droits de l’Homme, connu pour ses prises de position tranchées, a été associé au dialogue politique, dans sa phase 5. Il s’ouvre aux abonnés d’Opera News.


Vous étiez récemment à Paris, sollicité par le Ministre de la Réconciliation et de la Cohésion sociale, Kouadio Konan Bertin, de quoi était-il question ?


Merci de me recevoir sur votre média qui est très lu. Félicitations ! J’ai été sollicité par le Ministre de la Réconciliation et de la Cohésion sociale dans la logique du dialogue politique. A ce dialogue politique auquel j’ai eu l’honneur de participer, un certain nombre de recommandations ont été faites au gouvernement. Le rôle de la société civile a également été réaffirmé par le gouvernement, parce qu’elle est un levier qui n’est pas là seulement pour s’opposer. Son rôle c’est de critiquer, mais des critiques objectives et des critiques constructives. Lorsque les hommes politiques ont fini de se battre et qu’il y a des dégâts, des morts, c’est la société civile qui parcours les villes, les villages pour semer la paix.

C’est donc à ce titre-là, qu’après sa nomination, le Ministre KKB a rassemblé la société civile et a voulu qu’il soit créé un partenariat entre son Ministère et la société civile pour aider la Côte d’Ivoire à aller de l’avant. Et nous avons tous adhéré à cela. Le Ministre m’a alors approché en me disant qu’il va rencontrer les Ivoiriens de la diaspora de toutes les sensibilités à Paris et a souhaité que je l’y accompagne. Je suis allé à Paris, j’ai parlé avec mes compatriotes, ça n’a pas été facile, mais heureusement, notre message a été réceptif. Ceux que je peux citer qui ont rehaussé la mission du Ministre, qui ont permis qu’elle soit un succès total, ce sont les grands artistes, nos célébrités, Gadji Céli, Abou Galiet, François Kency, Serge Kassy, etc. Ceux-là ont demandé au Ministre de les rencontrer en aparté. Nous avons eu une séance de travail formidable, riche en enseignements. Jamais, une telle rencontre n’a jamais eu lieu. Parfois les gens font les salles combles mais dans un seul camp. Mais à cette grande cérémonie, toutes les tendances étaient réunies.


Le petit bémol ce sont nos frères les Soroïstes qui n’ont pas officiellement affiché leur présence. Certains sont restés dans l’anonymat quand ils étaient présents. Il faut noter que cette mission du Ministre KKB a été une mission réussie.


Vous évoquez le dialogue politique dans la droite ligne duquel se situe cette mission, mais le problème que soulève une certaine opinion, c’est la difficulté notable dans la mise en application des résolutions de ce dialogue. Elle ne voit aucun signal fort…

Je pense que l’un des signaux forts vient d’être donné au Parlement. Qui l’eut cru. Jamais dans notre pays, toute l’opposition s’est mise d’accord pour soutenir un candidat du pouvoir. Je pense que selon les principes républicains et surtout démocratiques, même quand l’opposition est minoritaire, soit elle s’abstient soit elle boycotte l’élection pour dire qu’elle n’est pas d’accord. Le candidat du pouvoir sera élu mais sans l’accord de l’opposition. Ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale-là, c’est un signal fort. Mais cela ne vient que de l’opposition. Du côté du pouvoir, qu’est-ce qui a été dit dans les recommandations du dialogue politique ? Il a été dit que le Président Alassane Ouattara rencontre ses prédécesseurs, notamment les Présidents Bédié et Gbagbo pour régler avec eux les questions saillantes qui touchent la République.


Depuis 2010 - 2011, nous avons encore de hauts gradés qui sont encore dans les prisons à cause de la crise alors que celui qui était le chef de l’Etat à qui ils ont témoigné leur loyauté, leur fidélité au nom de la République est innocenté. Pourquoi doivent-ils continuer à demeurer en prison ? On dit la justice a tranché. Oui, la justice fait son travail mais le politique, notamment le chef de l’Etat, qui a les manettes peut, et au nom de la réconciliation, peut les faire libérer. On ne peut pas aller ensemble, dans l’engouement, tant que nos frères qui sont encore en prison, sont gardés pour la même cause.


Le même dialogue politique a demandé qu’on règle le problème de Blé Goudé. Le même dialogue politique a recommandé qu’il faille régler le problème de Guillaume Soro. Il ne faut pas en avoir peur si on veut aller sereinement. Le même dialogue politique a aussi recommandé que les conditions électorales soient revues pour que nous allions à des élections apaisées.


Ce qui a manqué comme recommandation, que j’ai personnellement proposé, mais qui n’a pas été pris en compte, c’était la mise en place d’un Comité de suivi et évaluation qui soit tripartite : Gouvernement, partis politique et société civile. Parce qu’à la fin du dialogue politique, les recommandations sont remises au Gouvernement, et s’il n’applique pas ? Comment est-on sûr que le Gouvernement va appliquer les recommandations ? On m’a rétorqué que c’est comme ça que cela a toujours fonctionné. Mais cela veut dire qu’on laisse le Gouvernement lui-même choisir l’opportunité de l’application des recommandations. Si nous avons accepté de nous organiser de façon tripartite pour aller au dialogue politique, pourquoi ne pas former un Comité de coordination, de contrôle, d’alerte pour interpeller le gouvernement. Aujourd’hui c’est le Président qui a carte blanche et c’est lui seul qui choisit l’opportunité. Dieu merci, le problème de Charles Blé Goudé est en train d’être réglé. Le Président Ouattara pose un pas en octroyant un passeport à Charles Blé Goudé. La suite, il faut qu’il rentre au pays.


Une rencontre tripartite entre les leaders a été annoncée. Il faut encourager cela. Quand les trois vont se rencontrer, ils vont débattre forcément du problème de Guillaume Soro et celui des prisonniers militaires que nous trainons depuis longtemps comme un boulet.


Le dialogue politique a fait des recommandations qui sont en train d’être suivis d’acte. Je suis un acteur de la société civile, je veux la paix pour mon pays. Quand des actes sont posés dans le sens de la paix, je dois encourager, quand c’est dans le sens négatif, je critique. Aujourd’hui les gens racontent que l’opposition a voté Bictogo à l’Assemblée nationale donc elle a trahi, ceux qui le disent n’ont rien compris.


Est-ce que l’opposition n’aurait pas dû s’abstenir, parce qu’il est reproché au pouvoir par de nombreux militants de l’opposition, de ne pas donner de signaux forts ?


Vous voulez parler du soutien à Bictogo ?


Oui, c’est ce que les sympathisants de l’opposition ne comprennent pas…

Je dois noter que c’est le deuxième élément qu’il faut citer du côté de l’opposition. Le fait même d’aller au Parlement et de participer aux législatives, c’était un signal. Nous sortions de la désobéissance civile avec le CNT, etc. Le pays était à deux doigts d’exploser et puis l’opposition a marqué le pas. Aujourd’hui avec le dialogue politique, le gouvernement se réjouit. C’est la même CEI qui a organisé les législatives et tout le monde a participé. Ceux qui ont gagné s’en réjouissent, donc la CEI est crédible. Je n’étais pas d’accord qu’on aille aux législatives. J’ai rappelé que dans la logique, si on s’est opposé au troisième mandat et qu’on aille au législatives pour se retrouver au Parlement c’est comme si on légitime Monsieur Ouattara en l’accompagnant au Parlement.


Les leaders principaux ont dit à Monsieur Ouattara que c’est une stratégie de bonne foi et que si on est allé jusqu’à faire la désobéissance, c’est parce qu’on ne le sentait pas objectif et qu’il n’a pas écouté nos cris face au troisième mandat. Donc en allant maintenant au Parlement, c’est pour lui dire qu’il faut sauver la patrie. Aujourd’hui, ils nous disent qu’ils soutiennent Bictogo. Quand nous sortons de là, quel argument Monsieur Ouattara va nous présenter dans les prochains jours pour ne pas appliquer les recommandations ?


De mon point de vue, l’opposition a joué sa part. C’était bien joué, parce qu’avec ou sans le vote de l’opposition, Bictogo devenait de toutes les façons Président du Parlement. Donc à la vérité, le fait même aussi de voter Bictogo n’a rien d’autre qu’une connotation politique et symbolique. Ici l’opposition a posé un acte de réconciliation fort. C’est comme cela qu'il faut voir la démarche de l’opposition. Sauf que si l’opposition n’avait pas agi comme elle l’a fait, on allait garder les clivages de chien de faïence. Ce que l’opposition a brisé.


Mais Dr. Boga Sako, de nombreux Ivoiriens attendent plus un signal fort du pouvoir que de l’opposition…

Les conséquences de ce soutien sont de deux ordres. Premièrement, vous prouvez à Monsieur Ouattara que vous avez été toujours constant dans le domaine de la réconciliation. Ce qui a prévalu pour l’entrée au Parlement. Il faut reconnaître aussi que Monsieur Bictogo l’a demandé en rencontrant l’opposition pour lui demander de lui accorder sa confiance. Bictogo pourrait être aussi l’avocat de l’opposition pour demander à Monsieur Ouattara qu’il franchisse le pas. C’est donc un acte fort de réconciliation que l’opposition a posé. Maintenant la balle est dans le camp du pouvoir. Même si, hier, je n’étais pas d’accord qu’on aille au Parlement, l’acte qui a été posé s’inscrit dans une logique de réconciliation.


Deuxièmement, il faut noter que le duo PDCI – PPA-CI se consolide. Vous êtes bien placé pour savoir pourquoi la désobéissance civile n’est pas allée jusqu’au bout parce que les deux partis de l’opposition ne se sont pas parlés. Quand il y a le CNT, une partie de l’opposition, certains ne se reconnaissaient pas dans cette initiative qui insinue que vous avez une armée, une administration, etc. Or ils ne se sont pas entendus sur cette logique. Cela a donc capoté. Aujourd’hui, l’opposition fait bloc. Au-delà des mots, ce qui vient de se passer à l’Assemblée nationale est un geste fort qui a été posé.


Les Députés ont été élus par les populations qui n’ont pas été préparées à cette prise de position à l’Assemblée nationale. Avec toutes les difficultés entre le pouvoir et l’opposition qui existent, est-ce que cela ne discrédite par l’opposition pour la suite ?


C’est une très bonne préoccupation, c’est-à-dire comment amener les populations à suivre la ligne de leurs leaders. C’est un problème de fond parce que j’ai remarqué sur les réseaux sociaux et dans d’autres canaux, que la base n’est pas suffisamment formée et informée, elle va dans tous les sens. C’est vrai que vous et moi avons une lecture facile, mais le peuple ne comprend plus. Je crois que c’est un travail de pédagogie, de formation et d’information que les leaders doivent faire pour que s’ils disent allons dans ce sens, la base suive.


Dans les rapports entre le leader et la base, il y a deux types de démarches. Souvent, et on le voit dans les syndicats, la base n’est pas d’accord. Quand elle prend une décision en Assemblée générale, elle dit au leader ce qu’elle veut. Le leader ferme la bouche et suit la ligne que la base a décidée. Mais il y a l’autre aspect aussi où le leader, parce que la base lui fait confiance, c’est lui qui indique la ligne à suivre.

Quand vous regardez, les Ivoiriens ne sont plus trop prêts à la violence, au bras de fer où y a les morts gratuits. Un leader qui n’entend pas ce message est à côté de la plaque. Depuis que nous sommes rentrés, et depuis que nous avons eu la crise de 2020, dans le cadre du troisième mandat, avec une centaine d’Ivoiriens tombés, il y a eu une certaine mentalité qui naît dans le pays. La violence ne vient pas forcément de l’opposition. Elle peut venir du pouvoir. Dans tous les cas, c’est la violence et tout le monde est comptable.


Quand vous verrez que demain, tous les militaires sont sortis de prison avec tous les généraux qu’il y avait, que Blé Goudé est rentré, que le cas de Guillaume Soro est en train d’être réglé, est-ce que les Ivoiriens ne seront pas contents. C’est la Côte d’Ivoire qui gagne. Et vous verrez que les mêmes leaders qui sont considérés aujourd’hui comme des traitres seront applaudis demain.


Est-ce qu’à ce dialogue politique-là, il n’aurait pas fallu avoir un chronogramme pour rassurer davantage tous les acteurs politiques et de la société civile ?


Cela a manqué. Mais en même temps j’étais minoritaire sur cette question que j’ai proposée et défendue. Il y a la phase 1, phase 2, phase 3, phase 4 avant que je n’arrive pour participer à la phase 5. Comment peut-on terminer le dialogue politique, remettre les résolutions au gouvernement et on reste là, les bras croisés. Pas de chronogramme, pas de Comité de suivi. Je trouve cela aberrant. Mais ce que je note aujourd’hui, je ne suis pas dans la tête de Monsieur Ouattara, mais je dis qu’il ne peut pas envisager un quatrième mandat. Quand on a vu comment le troisième a été difficile, il faut trouver une stratégie pour sortir honorablement. Mais si Monsieur Ouattara réfléchit à cela, est-ce que Monsieur Gbagbo et Monsieur Bédié y réfléchissent aussi ? Est-ce que les autres aussi sont prêts à ce qu’une nouvelle génération arrive. Il y a plusieurs façons aussi de sauver son pays.


Il y a des questions sur lesquelles les politiques et la société civile discutent très souvent, alors que ces questions sont constitutionnelles, par exemple la remise de passeport à un citoyen ivoirien. Comment peut-on faire de cela un élément de dialogue politique ?


En tant que militant des droits de l’homme, je suis en phase avec cette question. C’est pourquoi nous avons pris parti pour les cas de Gbagbo et Blé Goudé partout où nous avons été appelés à intervenir. On a des droits prévus par la Constitution, prévus par les conventions internationales, etc. Mais entre avoir les droits et puis jouir de ces droits-là de façon effective, ça fait deux choses. Pour que je puisse jouir des droits qui me sont prescrits, il faut que j’aie un dirigeant démocrate qui respecte la Constitution, qui respecte les lois, qui respecte l’être humain, qui respecte les droits de l’homme.


Le Monsieur vous dit : « vous avez des droits, mais moi je suis assis ici je vous attends, on fait quoi ? » Voilà le problème auquel on a été confronté. Sinon, ce sont des questions de droit, c’est élémentaire. Est-ce que nous qui n’étions pas poursuivis avons besoin d’aller en exil. Moi-même, quand on me place sous contrôle judiciaire, c’est une façon de me museler. Pour vous dire que le pouvoir joue avec nos droits parce qu’il est au pouvoir. C’est à nous de manœuvrer. Soit on est fort, on établit le rapport de force pour l’amener à respecter obligatoirement la loi, soit on est affaibli dans le rapport de force, on utilise une autre stratégie.


Est-ce que la société civile, si elle existe vraiment en Côte d’Ivoire, joue son rôle, parce que la population semble prise entre le marteau et l’enclume du pouvoir et de l’opposition ?


Nous avons une société civile trop politisée et c’est dans toutes nos sociétés africaines. Pourquoi aussi politisée? Parce qu’en Côte d’Ivoire particulièrement on a des visages charismatiques. On a trois leaders trop forts. Quand les choses se présentent de cette façon, elles noient toute autre alternative. Dans notre pays, c’est difficile d’avoir une troisième voie. Vous avez le pouvoir, vous avez l’opposition et la société civile qui peut faire la troisième voie n’est pas assez forte. On joue notre rôle, mais il faut dire que les droits de l’homme ce n’est pas loin de la politique aussi.


On approche de 2023, année dans laquelle se tiendront les élections locales et 2025 dédiée à la présidentielle. Au cours de ces échéances-là, il y a des troubles dans notre pays. Quelles solutions préconisez-vous pour éviter les heurts qui mettent en mal la paix dans notre pays ?


C’est une question que nous avons posée au dialogue politique. Même si vous me dites comme l’opposition a participé aux législatives, donc la CEI est crédible, je vous dirai que ce n’est pas vrai. Les listes électorales, le découpage électoral, posent toujours problème. Et pour 2025, il y a un certain nombre de conditions. Premièrement, est-ce que les trois grands vont accepter de se retirer? Parce que, s’ils décident de continuer, rien n’aura changé. Monsieur Ouattara va vouloir faire un quatrième mandat que nous, membres de la société civile, n’allons pas accepter. La lecture de la Constitution ne le permet pas. Le problème de Monsieur Gbagbo va se poser. Il est rayé des listes électorales, il est condamné à 20 ans de prison. Le juge constitutionnel va dire qu’il n’est pas éligible.


C’est pourquoi les trois grands doivent se retrouver pour se parler franchement. Ou bien on se retire ensemble ou bien on décide ensemble de continuer et les mêmes crises vont se poursuivre. Or si les trois décident de se retirer, ils deviennent des garants moraux pour que la CEI soit revisitée, mise à niveau, les listes électorales revues, et puis Ouattara a son poulain, Gbagbo a son poulain et Bédié a son poulain. Ce pays-là, ce sont les élections qui nous divisent parce qu’on n’est pas convaincu de la sincérité de l’appareil qui organise les élections. On soupçonne celui qui est du pouvoir de piper le jeu électoral. Il faut jouer la transparence en permettant qu’on regarde dans les listes électorales ?


Moi, je compte sur les résolutions du dialogue politique et la rencontre des trois grands leaders. S’il n’y a plus de Ouattara, Bédié et Gbagbo comme candidats, ça ne sera pas la fin de ce pays.


L’actualité dans notre pays, c’est aussi le scandale de la drogue. Vous êtes de la société civile et depuis que ce scandale-là a été porté sur la place publique, on ne vous a pas encore entendu, la société civile...


Vous avez fait une bonne remarque. J’étais en mission et mes collaborateurs ici m’ont interpellé et ont même préparé certain nombre de déclarations que je leur ai ramené. Mais il fallait que je m’imprègne du dossier pour comprendre véritablement ce qu’il en est. Aujourd’hui, vous me donnez l’occasion de me prononcer officiellement sur la question de trafic de drogue.


Lorsque Monsieur Hamed Bakayoko, paix à son âme, était Premier ministre et qu’il a été mis en cause par des journalistes d’investigation, j’ai été sur toutes les chaînes de télévision pour me prononcer. J’avais en son temps demandé sa démission parce que cette affaire de drogue souille la République.


Le phénomène est extrêmement grave. Autre chose, pourquoi sommes-nous si hargneux sur les questions politiques et sur les questions sociétales, on n’est pas si virulent. Ce n’est pas très vrai. Regardez par exemple la question de la cherté de la vie, Pulchérie Gbalet y est très engagée. La société civile est diversifiée. Il y a plusieurs catégories de droit de l’homme. Il y'a les droits de l’homme qui sont de haute portée. La vie humaine comparée à l’essence qu’on augmente, c’est différent.

Je préfère que tout le monde vive et qu’on affronte la cherté de la vie. Ce n’est donc pas au même niveau. Acceptez donc que dans notre diversité, un autre ne s’occupe pas de tout à la fois. Qu’on se partage les rôles. Il y a les associations des consommateurs. S’il y a un problème sur les cartes des téléphonies mobiles, il faut qu’il y ait des ONG qui en parlent.


Sur la question de la drogue, on ne s’est pas encore prononcé mais les Ivoiriens savent que depuis que le scandale a éclaté, on a toujours pris position. Nous avons condamné et demandé à l’Etat de Côte d’Ivoire de faire la lumière sur ces questions-là pour que tous les Ivoiriens soient situés. La Côte d’Ivoire est devenue un pays trop sale en matière d’image. Si Monsieur Ouattara est si attaché à l’image de la Côte d’Ivoire, dans le secteur de la drogue, il doit faire la lumière pour que les Ivoiriens soient rassurés, pour que le monde entier sache qui a fait quoi ? Que le Procureur de la République soit intransigeant, que toutes les personnalités impliquées soient démasquées.


Interview réalisée par Saint-Claver Oula

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