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Politique : pourquoi le régime d’Alassane Ouattara a peur du dialogue national inclusif

Le parti présidentiel, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) ne veut pas entendre parler de l’offre de dialogue national fait par Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci). Et pour cause !

Alassane Ouattara veut aller à la réconciliation selon son propre agenda (Photos Web)

La réaction était attendue. Elle n’a pas tardé. Hier lundi, 12 juillet 2021, au lendemain de la visite mémorable du Président Laurent Gbagbo à Daoukro, Adama Bictogo est monté au créneau pour dire ce que le parti d’Alassane Ouattara pense de l’invitation au dialogue national inclusif faite par Henri Konan Bédié, à l'occasion de cette visite.

Le directeur exécutif du Rhdp n’y ait pas allé par quatre chemins pour rejeter d’une main rageuse, l’invite du président du Pdci. Morceaux choisis de cette fin de non-recevoir : « nous n’accepterons pas qu’on nous impose un nouvel ordre politique (sic !) Nous n’accepterons pas que le président de la République soit bloqué dans sa fonction », « rien ne s’imposera au Président Ouattara »

Pour Adama Bictogo, le Rhdp n'a que faire des proposition de Bédié

Pourquoi cette sortie rageuse et courroucée contre une simple offre de dialogue, alors même que tous les acteurs politiques sans exception, chantent à longueur de journée que la Côte d’Ivoire doit fermer pour de bon la parenthèse de la crise politique qui traine en longueur ? Quand tout le monde peut se parler sans langue de bois et dans un esprit fraternel, n’est pas là l’idéal d’une catharsis sociale ?

A la vérité, le dialogue national inclusif proposé par Bédié est comme une remise en cause de l’agenda d’Alassane Ouattara qui veut aller sans doute à la normalisation politique, mais à son seul rythme et agenda. Bictogo le dit si bien d’ailleurs : « rien ne s’imposera au Président Ouattara ». Le rythme du Chef d’État, c’est de décider qui doit sortir de prison, qui doit y retourner, qui peut rentrer d’exil ou pas. C’est une stratégie politique qui lui permet de garder une main de fer sur le jeu politique et sur tous ses acteurs. La perspective de l’élection présidentielle de 2025 à très forts enjeux pour lui personnellement, son parti politique et pour toute la Côte d’Ivoire n’est pas étrangère à cette posture intransigeante. Car 2025, c’est un autre univers !

Mamadou Touré n'est pas tendre avec Gbagbo et Bédié

Par ailleurs, le dialogue direct et inclusif est vu au Rhdp comme une remise en cause de sa position dominante sur la scène politique nationale. Une contestation des acquises. Le forum proposé par Bédié serait une occasion de régler définitivement, non seulement les questions pressantes comme la libération des prisonniers politiques et le retour des exilés, mais également de résoudre les questions plus lointaines, mais non moins importantes comme les problèmes électoraux, la liberté d’actions et de manifestation politique. Dans cette logique, le très redouté Guillaume Kigbafori Soro, ancien président de l’Assemblée nationale et ancien Premier ministre reviendrait en Côte d’Ivoire et ne se générait pas de chasser au nord du pays, sur les terres traditionnelles du Rassemblement des républicains (Rdr) léguées au Rhdp.

L’indignation provoquée par l’évocation du dialogue national et inclusif est dès lors, à la dimension de ce que le régime au pouvoir craint de perdre. Et pourtant, un pouvoir se légitime par l’adhésion de la masse et ne peut faire l’économie d’une atmosphère socio-politique apaisée. Au risque d’attirer sur lui, les mauvais augures et l’aventure. Toutes les aventures. Parce que toute corde a un point de rupture !

Théodore Sinzé  

Content created and supplied by: ThéodoreKoffiSinzé (via Opera News )

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