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Défiance envers la France : le Mali comme la Côte d'Ivoire de novembre 2004?

Entre le Mali et la France, la situation est au pourrissement depuis le renversement en fin Mai, du régime de transition civile dirigée par Bah Ndaw. Après l’épisode des menaces de retrait des troupes Françaises de l’opération Barkhane brandie par le chef de l’état Français, Emmanuel Macron, en Juin dernier, les tensions se sont particulièrement envenimées ces dernières semaines avec l’immixtion de la Russie dans la gestion de la crise sécuritaire au Mali.

 

En plus de s’être attaché les services de la compagnie de mercenaires Russes, Wagner dont le rôle devrait être d’épauler les soldats Maliens engagés sur le front contre les mouvements djihadistes, la junte au pouvoir à Bamako dirigée par le Colonel Assimi Goïta, a acquis le Jeudi 30 Septembre dernier, 4 hélicoptères de combat de type MI-171, ainsi que des équipements militaires susceptibles de renforcer l’arsenal des troupes Maliennes.

 

Le même jour, à la tribune des Nations Unies, à New-York, le premier ministre Malien, Choguel Maïga tançait la volonté de Paris de se retirer militairement du théâtre d’opérations au Mali, une attitude qu’il qualifiait ‘’d’abandon en plein vol’’, comme pour justifier la décision de son gouvernement de passer à la vitesse supérieure dans son partenariat avec Moscou. Des propos mal perçus à l’Elysée, où le chef de l’état Français est personnellement monté au créneau pour dénoncer ‘’une honte’’ qui ‘’déshonore ce qui n’est même pas un gouvernement’’.

 

Signe de la poursuite de cette escalade, la convocation ce Mardi 05 Octobre au ministère des affaires étrangères Malien à Bamako, de l’ambassadeur de France, Joël Meyer à qui les autorités Maliennes ont vertement exprimé leur mécontentement suite aux propos du dirigeant Français, appelant Paris, à ‘’éviter les jugements de valeurs’’. S’il paraît évident que la rupture entre la junte Malienne et le Gouvernement Français, semble en voie d’être totale, le risque d’une déflagration se profile à l’horizon. Présente sur le terrain au Mali, l’armée Française qui maîtrise les rouages de ce conflit devrait prolonger son séjour sur place, malgré la volonté annoncée par Macron de retirer progressivement ses troupes d’ici au début 2022.

 

Les choses devraient évoluer différemment désormais avec l’entrée en scène de l’expertise militaire Russe dans le conflit qui rend difficile l’éventualité d’un retrait imminent de la France. Ex colonie Française, le Mali dont les bases républicaines ont été conçues sur le modèle du colonisateur, fait strictement partie du pré-carré de la France en Afrique de l’Ouest. Avec ces nouveaux matériels militaires et ce débarquement de mercenaires Russes sur le front, l’on peut présager des intentions des autorités Maliennes d’engager une guerre totale contre les groupes djihadistes installés dans des portions entières du nord du pays depuis 2012.

 

Seulement, en cas d’offensive majeure, en dehors du risque d’une fusion des milices de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) et des groupes djihadistes comme ce fut déjà le cas de 2012 à 2013, le maintien des soldats Français sur le front, menace de faire sombrer le Mali dans le cauchemar de Novembre 2004, expérimentée par la Côte d’Ivoire lors de l’opération ‘’Dignité’’ lancée par l’armée Ivoirienne contre la rébellion des Forces Nouvelles (FN).

 

Dans le même registre, l’expertise militaire Russe avait été sollicitée par les autorités Ivoiriennes, jusqu’à ce qu’un aéronef de type Soukhoï 25 de fabrication Russe, soit accusé d’avoir pilonné une base de l’armée Française à Bouaké, fief de la rébellion. La suite, on la connaît. ‘’Dignité’’ fut stoppée court par la puissance de feu de la France qui en l’espace d’à peine quelques heures, réaffirmait son autorité irrémédiable sur son ex colonie. Les forces Ivoiriennes furent neutralisées, les espaces vitaux placés sous contrôle de la France, les principales voies d’accès, et les grandes infrastructures économiques tels que les ponts d’Abidjan, l’aéroport ou le port systématiquement occupés par les soldats Français…le tout en moins de 24 heures.

 

Dans sa volonté de mettre en déroute les groupes armés qui, faut-t-il l’intégrer, peuvent se voir renforcer et soutenus stratégiquement, la junte militaire au Mali devrait logiquement prévoir ce schéma car pour faire avorter son ambition de souveraineté, il ne suffit que d’un fil, une simple erreur d’appréciation pour que tout bascule.

Raoul Mobio

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

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