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Côte d'Ivoire: Politique / Quelle jeune génération pour les présidentielles de 2025 ? (Opinion)

 Les prochaines élections présidentielles en Côte d'Ivoire auront lieu en 2025 , donc dans quatre ans , mais déjà elles suscitent des interrogations quant aux potentielles candidatures. Pour certains ,les trois leaders politiques que sont Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Allassane Ouattara ne devraient plus se présenter à ces futures élections. Ayant déjà chacun géré les affaires, Ils devraient prendre leur retraite et servir comme conseillers et guides à la jeune génération. Pour d'autres, il serait périlleux de laisser le pouvoir entre les mains de la jeunesse car beaucoup d'entre eux n'inspirent pas confiance . Face à ce dilemme, il y a lieu de se poser des questions. Les trois grands accepteront ils de façon concertée de céder le tablier à la jeune génération ? Si c'était le cas, quelle jeune génération digne de confiance serait capable de diriger ce pays ?

Il faut noter que aborder le problème de la jeune génération, revient à lever le voile sur le problème de succession qui n'a cessé de refaire surface depuis la mort du père fondateur feu Félix Houphouet Boigny. Depuis les années 90 ,au lendemain du décès de ce dernier, les trois leaders appelés les trois grands n'ont cessé de marquer la sphère politique ivoirienne de leurs empreintes faisant d'eux "les faiseurs" de la pluie et du beau temps. Ils ont réussi chacun avec son charisme à imposer leur leadership au niveau des différents partis politiques dont ils sont les mentors. Des alliances politiques, ils en ont fait et défait, entraînant leurs militants et sympathisants dans des bateaux dont eux seuls connaissent souvent la destination. De façon démocratique ou dans des conditions calamiteuses, Dieu a permis à chacun des trois de passer au moins deux mandats au pouvoir. Aujourd'hui, au moment où le passage du flambeau aux plus jeunes fait l'objet de débats récurrents, le moment ne serait il pas venu pour eux de prendre leur retraite ?

Au niveau du PDCI, le vieux parti, le sphinx de Daoukro, semblerait totalement indifférent quand il s'agit d'aborder ce sujet. Même si ce parti cinquantenaire regorge de jeunes technocrates qui pourraient être à même de diriger le pays, ont ils été préparés à celà ? Dans ce parti, le sujet de la succession semble pour le moment être un sujet tabou réservés à quelques initiés. La jeunesse n'y a pas droit... Même si certains d'entre eux se font remarquer et nourriraient des ambitions, encore faudra t- il qu'ils aient l'accord du président du parti pour espérer pouvoir s'engager dans la course à la magistrature suprême.

Au FPI, pour le moment on l'on semble préoccupé par les querelles internes. Dans ce parti où le fondateur, reste visiblement accroché à son statut de mentor, l'heure n'est pas au débat d'une quelconque succession encore moins à la candidature d'un tiers en dehors du grand chef. Tous ceux qui pourraient avoir cette prétention se sont vus éjectés d'une manière ou d'une autre. Et le chef serait à pieds d'oeuvre depuis son retour pour que toutes les voix se portent sur sa personne pour être porte flambeau de ce parti dans la course au pouvoir. Même si officiellement l'homme ne le fait pas savoir, tout laisse croire à cette hypothèse.

En ce qui concerne le RHDP, le mentor semble pour le moment préoccupé à mettre en œuvre son programme de gouvernement. Après les décès successifs des deux premiers ministres, dont les noms revenaient sur plusieurs lèvres dans ce parti pour être choisis comme candidats, aucune lisibilité ne se dégage jusque là quand au choix du successeur. Ce parti, tout comme le PDCI, regorge de technocrates à l'instar de l'actuel premier ministre capables de diriger le pays. Mais pour l'instant, le dernier mot reste du vouloir du mentor, qui semblerait être partant pour le projet de passage du flambeau. Encore faut-il que ce soit effectif.

En marge de ces trois grandes formations politiques, il faut compter avec certaines telle L'UDPCI , quand bien même que ce parti ait connu des remous en son sein, son leader fait partie de cette jeune génération qui aspire à la magistrature suprême. Il ne faut pas également oublier l'ancien président de l'Assemblée nationale, dont les intentions ont toujours été claires , même si ce dernier est aujourd'hui en disgrâce avec le pouvoir en place et contraint à l'exil.

Aujourd'hui, la question que je me pose est de savoir, si par miracle, ces trois grands leaders politiques renonçaient de façon effective à cette ambition de briguer la magistrature suprême, qui dans cette nouvelle génération pourrait convaincre le peuple ivoirien afin que celui-ci lui confie la destinée du pays ? Le peuple aspire au changement, certes, mais pourra t'il faire confiance à cette génération dont certains seraient des jeunes loups aux longues dents... Ou alors faudra t'il laisser les trois grands leaders politiques compétir avec le risque d'un remake de la crise de 2011 ?

Deux hypothèses pourraient se dégager. La première serait de laisser tous ceux qui ont l'ambition de se présenter y compris les trois grands leaders en espérant des élections transparentes dont les résultats seront acceptés par tous. La deuxième hypothèse serait que les trois grands leaders fassent ce sacrifice de se retirer et de jouer les conseillers, les arbitres et guides à cette jeunesse. J'aime dire qu'il ne faudrait pas que ces trois commettent les mêmes erreurs que le père fondateur feu Félix Houphouet Boigny, celles de vouloir coûte que coûte le pouvoir jusqu'au dernier souffle. Dans cette jeune génération, même si certains n'inspirent pas confiance, il en existe qui peuvent valablement diriger ce pays et en assumer pleinement les responsabilités.

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