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Mali: la vérité derrière les menaces de Macron. Comment la France joue sur l’influence djihadiste

Dans les arcanes du pouvoir à Koulouba, on en est conscient. Le moindre faux pas risque d’être fatal à la survie du système républicain tel qu’institué aujourd’hui au Mali.

Assimi Goita et ses compagnons en ont été clairement avertis par le locataire de l’Élysée, Emmanuel Macron : les soldats Français de l’opération Barkhane, engagés dans la lutte contre l’avancée des groupes terroristes, seront retirés du front en cas de basculement vers l’islamisme radical. Comme pour démontrer le caractère sérieux de cette menace, Paris a ordonné ce Jeudi 03 Juin, la suspension des opérations conjointes de ses troupes avec l’armée Malienne.

Au-delà des contingences politiques ou diplomatiques, la décision de Paris en elle-même est un message fort. Si depuis 2012, les djihadistes n’ont pas pu pacifier le territoire Malien, cela est à mettre au compte de l’intervention militaire de l’ancienne puissance coloniale.

Sans l’appui des troupes Françaises de Serval ou de Barkhane, l'on imagine difficilement comment l’armée Malienne mal équipée et divisée en elle-même, aurait pu freiner les multiples offensives lancées par les groupes djihadistes.

Macron sait que dans ces conditions, sa parole vaut le destin de ce géant Sahélien. Outre les sanctions économiques et ciblées dont les conséquences seraient irrémédiables pour l’économie Malienne, un retrait de ses troupes conduirait systématiquement à l’affaissement de l’état.

Face au durcissement de ton des instances régionales Africaines et à l’intransigeance de Paris, Goita et les siens se doivent de marcher sur des œufs.


Après avoir pliés une première fois en Août 2020 suite au renversement du régime d'Ibrahim Boubacar Keita, ils devraient se résigner encore une fois en envoyant des signaux positifs à la communauté internationale à travers le déroulement effectif d’un processus de transition démocratique.


Entre les besoins populistes exprimées dans les rues avec le soutien de mouvements membres du M-5, plutôt proches des milieux islamistes radicaux de l'Imam Mahmoud Dicko et le poids des décisions d’une communauté internationale de plus en plus exigeante, les militaires devront faire le choix de la préservation de la stabilité du territoire. 

Raoul Mobio

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

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