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Boycott de la présidentielle, législatives à Botro… Jacques Assahoré fait des révélations

Le délégué départemental Rhdp de Botro, Jacques Konan Assahoré, par ailleurs, directeur général du Trésor, parle sans détour, entre autres, du boycott de l'élection présidentielle par l’opposition dans le V baoulé, des prochaines législatives. Interview

Quel bilan dressez-vous de la tenue de la récente élection présidentielle tant sur le plan national que spécifiquement dans votre zone ?

Je voudrais saluer l’opportunité que vous m’offrez de revenir sur cet épisode à la fois heureuse mais douloureuse de cette élection présidentielle 2020 dans le département de Botro. Il faut dire que la circonscription électorale de Botro comprend quatre sous-préfectures qui sont Botro, Diabo, Languibonou, Kofouenssou. Je relevais tout à l’heure que ce fut un épisode heureux et malheureux. Heureux, parce qu’à l’occasion de ces élections, nous avons approché nos parents pour leur parler et présenter le bilan du président de la République. Nous avons profité pour promouvoir le candidat Alassane Ouattara. Tout s’est vraiment bien déroulé à ce stade là. Nous avons mené une très bonne précampagne. Nous avons fait campagne dans toutes les localités sans entraves, sans incidents. Mais le jour du vote, il y a eu toute sorte de barricades érigées, de sévices et de menaces pour empêcher nos parents de se rendre aux urnes en vue d’exprimer leurs choix. Je pense, pour ma part, que nous ne devons pas blâmer nos parents. Car il est établi que quand l’on veut vendre une idée ou cherche à conquérir un public, il y a nécessairement trois phases. La première est une phase d’écoute. La deuxième, celle de la prise de conscience et enfin la troisième, la phase d’adhésion. Je pense qu’à l’occasion de cette campagne, nos parents nous ont écoutés. Ils ont pris conscience que le monde évolue et qu’il fallait bien qu’ils évoluent eux aussi. La phase d’adhésion, pour ma part, a été même atteinte. Car nos parents étaient décidés à aller manifester leur adhésion aux idéaux du Rhdp et au programme du Président de la République.

Le V baoulé a été le théâtre d’événements douloureux. Le Chef de l’Etat a enjoint les cadres de retourner sur leurs bases pour parler aux populations et ravauder le tissu social déchiré. Avez-vous déjà mené cette opération ?

Nous avons fait le diagnostic de la situation après toutes les rencontres que nous avons initiées avec les uns et les autres. Le mea-culpa que nous faisons est que nous n’avons pas été suffisamment proches de nos populations. C’est vrai qu’il y a une autre donne qu’il ne faut pas négliger et qui nous aurait permis de faire davantage. C’est le temps. Pour mon cas, j’ai été nommé délégué départemental, seulement neuf mois avant les élections. En neuf mois, il est difficile de bousculer des habitudes établies depuis des décennies. Mais cela n’est pas totalement une excuse. Nous n’avons pas été très proches de nos jeunes qui ont barré les routes, perpétré des actes de violence et autres. Nous avons tiré les leçons de cette situation et nous sommes repartis sur le terrain. Nous faisons un travail souterrain avec la jeunesse. Car, au juste, de quoi la jeunesse a-t-elle besoin ? Elle a besoin d’emplois, de proximité avec elle et de voir satisfaits au mieux ses besoins. Et c’est ce que nous nous employons de faire.

A l’issue de l’élection, le président de la République a tendu la main à son ainé Henri Konan Bédié. Le dialogue s’est amorcé à l’Hôtel du Golf par une rencontre au sommet entre les deux personnalités. Concrètement, qu’attendez-vous de ce dialogue ?   

Je voudrais me féliciter de la main tendue du Président de la République. Comme on le dit, le dialogue c’est l’arme des forts. Le président a été élu à 94, 27% et de notre point de vue, rien ne l’obligeait à tendre la main. Mais, toujours dans la recherche du consensus, il a tendu la main. Nous estimons que c’est un acte fort qu’il faut saluer. Il faut espérer que le dialogue noué à cette occasion soit consolidé par d’autres rencontres. Il est à espérer aussi que les va-t-en guerre des deux camps puissent calmer le jeu car le brillant programme du président de la République présenté la veille de sa réélection, il ne pourra bien le dérouler que lorsque le climat sociopolitique sera bien apaisé. Nous qui sommes du parti au pouvoir avons donc intérêt à ce que la Côte d’Ivoire soit en paix pour que le président de la République travaille sereinement. Il est à espérer et encourager que ce dialogue se poursuive et se consolide.


Seriez-vous candidat à Botro aux législatives prochaines ? Comment entrevoyez-vous les chances de votre parti lors de ces législatives ?

Les chances du Rhdp dans le V baoulé sont énormes. Quand on regarde le travail qui a été abattu par le président de la République dans nos zones, je pense qu’il n y a pas d’inquiétudes à se faire. Je disais à nos parents que notre référent à tous qu’est Houphouët-Boigny, pendant qu’il était président, nos villages n’ont pas bénéficié d’eau, d’électricité, de routes bitumées et bien d’autres infrastructures. Même au temps des autres présidents, Il n’y avait pas d’écoles ni de centres de santé comme c’est le cas maintenant. Le niveau d’investissement aujourd’hui est élevé. Il n y a qu’à prendre le cas de Botro, mon département, ou ne serait-ce que de Bouaké à Béoumi. Le nombre de villages électrifiés y est impressionnant. Nos populations le réalisent par elles –mêmes. A Botro, Diabo, Languibonou et Kofouenssou, le constat est agréablement le même. Et tout cela est à mettre à l’actif du chef de l’Etat. Nos populations sont conscientes qu’il faut donner une majorité conséquente au Président pour poursuivre son œuvre.

Est-ce que vous serez candidat aux prochaines législatives ?

Les candidatures vont être décidées par le parti au moment opportun. Mais si le parti porte son choix sur ma personne, je ne vais pas me débiner. Je répète que pour l’instant, c’est prématuré d’en parler et que, le moment venu, tout le monde sera situé. Je ne saurais devancer la décision du parti.


La semaine dernière, l’ancien président Laurent Gbagbo s’est vu remettre deux passeports (ordinaire et diplomatique). Croyez-vous que cela participe à l’avancée du dialogue et de l’action politique en Côte d’Ivoire ?

Nous croyons que cela participe indéniablement de l’avancée des choses et du dialogue. Cet acte participe de la décrispation de l’atmosphère sociopolitique et du renforcement du dialogue social. Le président de la République l’avait dit et annoncé. Il a promis faire un geste dès qu’il sera réélu et avant même son investiture, il le fait. C’est un homme qui fait toujours ce qu’il dit. Il faut saluer cet acte. Il joint en effet l’acte à la parole.


Le programme de société du président pour le prochain quinquennat est baptisé « Côte d’Ivoire solidaire ». Il nécessite de colossaux moyens pour les investissements. Vous êtes le directeur général du Trésor public. Croyez-vous que les Ivoiriens ont des raisons d’espérer. Que pouvez-vous leur dire ?

Le gouvernement ivoirien, sous la férule du président de la République, a fait du bien-être des Ivoiriens le point névralgique de sa politique. Il vient de publier son programme de société pour le quinquennat à venir qui tient en 5 piliers et vise le bien-être des Ivoiriens. Nous autres, qui agissons dans l’opérationnel, nous allons jouer notre partition de sorte que les ressources, nous puissions les mobiliser pour que le Chef de l’Etat ait les moyens de faire face à ses engagements. Vous savez que quand le Président de la république dit, il fait. Nous sommes les outils et les moyens d’actions du Président de la République. Je puis donc dire aux populations ivoiriennes que nous ferons tout pour être la hauteur et mobiliser les ressources.


Le 7 décembre dernier, ont eu lieu les commémorations des décès de Félix Houphouët-Boigny et Charles Koffi Diby. Que vous inspirent ces deux hommes ?

Ce sont deux personnalités importantes de notre pays. Le président Félix Houphouët-Boigny, je l’ai à peine connu mais ses traces existent. Aujourd’hui, les fondamentaux de notre pays reposent sur ce que Félix Houphouët a fait. Tout le monde se réclame, aujourd’hui, de Félix Houphouët-Boigny, un homme de paix, de dialogue et d’ouverture. Pendant trente ans, il a porté ce pays au niveau que tout le monde sait. Donc, célébrer ses 27 ans de disparition est un événement majeur. Je voudrais profiter pour m’incliner devant sa mémoire et souhaiter que tous les Ivoiriens s’inspirent de sa philosophie et de sa politique. De sorte que ce pays qu’il a fait avancer ne recule pas. Concernant le président Charles Diby, je puis vous dire qu’il est le père du Trésor public moderne. C’est lui qui a véritablement fait de cette administration, une administration moderne. Nous essayons, à notre modeste niveau, d’apporter notre pierre à l’édifice. Afin qu’il aille de l’avant. Aujourd’hui, le Trésor a été certifié ISO 9001 version 2015 mais le père de cette certification, c’est bien lui. Il est celui qui a engagé le Trésor dans la démarche qualité. Nous ne faisons que pousser les pions. Je m’incline devant sa mémoire et prie pour que le Seigneur l’accueille dans son royaume.


Le 14 décembre 2020, Alassane Ouattara sera investi pour entamer un nouveau mandat. Qu’attendez-vous de ce départ nouveau de la Côte d’Ivoire ?

Comme vous le dites et je reprends à mon compte cela, le nouveau mandat doit être un départ nouveau. C ‘est l’occasion pour tout le monde de se rassembler autour du président de la République. Ce doit être une occasion de fête qui permette et favorise les retrouvailles entre Opposition et Pouvoir. Le moment doit être favorable et propice au dialogue. Il faut faire en sorte que chacun intègre que nous devons prendre conscience que nous n’avons que ce pays uniquement et en partage. Notre devoir est de faire en sorte que la Côte d’Ivoire demeure. Je puis, de ma position, vous dire que si ce pays connait la paix, une paix durable, à la vérité, il n y a aucun pays africain qui puisse vraiment rivaliser avec nous. Il faut que chaque Ivoirien en ait une claire conscience pour que nous nous donnions tous la main afin d’aller de l’avant.


AKE


 


 

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