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Crises en Côte d'Ivoire et au Tchad, ce qui va couler Macron en 2022

Sans doute amputé par le manque d'expérience sur les affaires Africaines, l'actuel chef d'état Français, Emmanuel Macron a multiplié les incohérences face aux réalités de la gestion des crises Africaines. 

Premier faux pas du dirigeant Français qui lui éclabousse la figure, la crise du 3ème mandat en Côte d'Ivoire. Après avoir été prompt à saluer en Mars 2020 la décision de son homologue Ivoirien de céder la place à son dauphin politique en la personne de l'ex premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, le successeur de François Hollande à l'Elysée s'est emmuré dans un silence assourdissant suite au revirement opéré par Alassane Ouattara. Le 08 Juillet 2020, le dauphin désigné d'Alassane Ouattara succombe tragiquement à une crise cardiaque. 

Moins d'un mois plus tard, le 06 Août, profitant de son adresse à la Nation, annonce sa candidature à un 3ème mandat, arguant du caractère contraignant de cette candidature suscitée par la perte brutale de son dauphin. La rue s'enflamme. L'opposition dénonce un viol flagrant de la constitution votée en 2016, qui reconduit les dispositions de la précédente constitution de 2000, limitant le nombre de mandats présidentiels à 2. La France se retranche dans un silence troublant. Cette attitude taciturne se prolonge jusqu'à la réélection d'Alassane Ouattara, dans des conditions controversées. 

Contrainte de légitimer son soutien au dirigeant Ivoirien, le chef de la diplomatie Française, Jean-Yves le Drian et le patron de l'Elysée, Emmanuel Macron s'alignent au parlement et dans la presse pour justifier le 3ème mandat du président Ivoirien. Sur les 85 morts officiellement recensés par l'état Ivoirien qu'a provoquée la crise électorale, Paris ne dit rien, sinon que d'en appeler à une reprise du dialogue entre les principaux acteurs politiques Ivoiriens. Bis repetita 5 mois plus tard avec le Tchad, où après le décès d'Idriss Déby Itno, le chef de l'état Français s'est enfoncé à Ndjamena, en apportant, lors des obsèques du défunt dirigeant Tchadien, son soutien à la junte militaire au pouvoir qui elle-même, venait de s'emparer du pouvoir après avoir écarté le dépositaire légal du pouvoir, en la personne du président de l'assemblée nationale, au mépris des dispositions constitutionnelles. 

Les incidents de ce Mardi 27 Avril ont vite fait de ramener le dirigeant Français à la raison. Ses protégés de Ndjamena, ragaillardis par son soutien, ont fait pleuvoir le feu sur les manifestants qui protestaient contre le viol de la constitution par les militaires. Gêné par la tournure que prennent les événements, Emmanuel Macron a très tôt réagi pour condamner ces violences et en appeler à ''une transition pacifique, démocratique et inclusive'' tout en se disant opposé à ''un plan de succession''. Une fois de plus, Macron s'est fourvoyé. Ses louvoiements dans la gestion des crises en Afrique, risquent de lui coûter cher dans 12 mois, lors de la présidentielle de 2022 en France, où ses adversaires n'hésiteront pas à pointer du doigt ses manquements dans la conduite de la politique Africaine de la France. 


En un quinquennat, la France a dû renoncer au principe sacro-saint de la limitation des mandats et du respect de l'ordre constitutionnel, au nom desquels Nicolas Sarkozy avait fait cracher sa puissance de feu dans le conflit Ivoiro-Ivoirien né de la crise postélectorale de 2010-2011. Emmanuel Macron est sur la sellette. Et il le sait!

Raoul Mobio

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

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