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Le Sénégal veut suspendre les vols vers le Brésil à cause de la gravité de la pandémie

« Nous constatons que la situation s’aggrave et nous avons donc décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre tous les vols entre le Brésil et la France ».

Ce mardi, devant l’Assemblée nationale française, le Premier ministre Jean Castex a pris une décision réclamée de toutes parts en Hexagone : l’interdiction des vols entre le Brésil et la France. Alors que la pays de Bolsonro est le second le plus meurtri par la Covid après les Etats-Unis, le monde s’inquiète de ce qui s’y passe.

Une situation incontrôlable

Chaque jour, jusqu’à 4000 personnes meurent au Brésil des suites du Covid-19, soit trois personnes par minute. Un an après le début de l’épidemie, le bilan s’élève dans le pays à plus de 355.000 morts. Les projections épidémiologiques prévoient plus de 100.000 morts à la fin du mois d’avril.

Face à ce drame sanitaire sans précédent, le système de santé du pays est plus que saturé, incapable à ce stade de faire face sans une aide extérieure massive. Le taux d’occupation des services de soins intensifs dépasse les 90% dans désormais 17 États, le Brésil en comptant 27 avec le district fédéral de Brasilia, qui est la capitale administrative, elle-même complètement submergée par la maladie. Des dizaines de malades y sont morts dans les couloirs des hôpitaux en attendant qu’un lit se libère en réanimation. À Sao Paulo, les cimetières sont ouverts jours et nuits, et l’on y creuse 600 nouvelles tombes chaque jour.

Un signe de plus que l’épidémie de coronavirus au Brésil est devenue totalement hors de contrôle. Ce dimanche, le coordinateur d’une étude de l’Association brésilienne des soins intensifs a révélé que la majorité des Brésiliens souffrant du Covid-19 en soins intensifs ont désormais moins de 40 ans. Ils sont plus de 11.000 dans les hôpitaux, soit 52,2 % au mois de mars, précise le Dr Ederlon Rezende.

Ils n’étaient que 14,6 % au début de la pandémie il y a un an, puis 45 % entre septembre et février, selon la même étude. « Cette population ne contractait auparavant qu’une forme moins grave de la maladie et n’avait pas besoin de soins intensifs », a expliqué le Dr Rezende. « Une telle hausse pour ce groupe d’âge est très significative. »

L’étude entrevoit, cependant, plusieurs raisons à ce chiffre. Les personnes de plus de 80 ans – qui ne constituent plus que 7,8 % des personnes en soins intensifs souffrant du Covid-19 – sont désormais pour la plupart vaccinées. En outre, les plus jeunes s’exposent davantage, soit parce qu’elles doivent travailler, soit parce qu’elles se croient moins vulnérables, selon l’étude de l’AMIB. Enfin, la variante brésilienne du virus, nommée P1, est selon les experts la principale cause de la hausse spectaculaire du nombre des morts au mois de mars.

92 variants de la Covid sur le territoire brésilien

Le Brésil affronte des variants de la souche initiale du Covid-19. Il y a d’abord eu le redoutable variant amazonien “P1”, qualifié de “préoccupant” dans la terminologie des différentes agences de santé publique à travers le monde, au même titre que les variants détectés au Royaume-Uni et en Afrique du Sud. Survenu en décembre à Manaus, capitale de l’État de l’Amazonas, le P1 a fait des ravages dans le Nord-Ouest du Brésil.

“Ce variant sévit alors même qu’un certain nombre de la population a déjà été atteint (par le Covid-19), on voit qu’il a une capacité de réinfection, ce qui n’est pas forcément le cas des autres variants”, a expliqué ce mardi sur BFMTV Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches.

Il y a ensuite le mutant “P2” ainsi que celui détecté à Belo Horizonte, capitale de l’État du Minas Gerais, au nord de Rio de Janeiro, et qui pourrait être appelé “P4”. Comme l’a rapporté le journal brésilien A Gazeta, le “Belo Horizonte” combine pas moins de 18 mutations.

“Certaines d’entre elles sont présentes dans les variants brésiliens P1 et P2, ainsi que dans les B.1.1.351 (sud-africain) et B.1.1.7 (britannique)”, peut-on lire.

Le virologue Renato Santana, de l’Université fédérale de Minas Gerais, expliquait récemment dans le quotidien local G1 que le variant de Belo Horizonte “a des caractéristiques communes” avec ceux qui circulaient déjà au Brésil, tout en présentant “de nouvelles caractéristiques”. À l’instar des variants dits britannique et sud-africain, celui de Belo Horizonte circule plus rapidement.

Au total, l’Institut de santé publique Fiocruz a identifié près de 92 nouvelles souches du coronavirus sur le territoire brésilien.

Face à cette situation, il est légitime de se demander si le Sénégal peut continuer à autoriser les voyages à destination du Brésil. Peut-on continuer à prendre le risque de continuer les contacts avec ce pays, qui inquiète les scientifiques du monde entier ? Pour une fois, imiter la France serait peut-être la voie du salut.

Content created and supplied by: Aamidd (via Opera News )

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