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Inspection Générale d’Etat: l’Inspecteur Ahoua N'doli sans concession pour l’administration publique

Le 26 novembre à la présidence de la République, l’Inspection Générale d’Etat (IGE) a remis au Président de la République son rapport d’activités au titre des années 2018, 2019 et 2020. Cette cérémonie intervenait dans un contexte global marqué par des audits au sein de plusieurs sociétés d’Etat avec à la clé des limogeages en cascades de Directeurs Généraux et autres hauts fonctionnaires.

        Les services dirigés par l’Inspecteur Général d’Etat Ahoua N’doli ont relevé plusieurs dysfonctionnements qui minent l’Administration publique ivoirienne notamment des conflits de compétence entre plusieurs structures qui se marchent dessus ou même la défiance de certains hauts fonctionnaires  vis à vis de l’Inspection d’Etat et qui rechignent à mettre en exécution les recommandations à eux faites par l’IGE lors de précédentes inspections.

Au nombre de ces plaies de notre Administration publique, Ahoua Ndoli a relevé « la situation de nombreux cadres occupant des postes de Directeurs et de chefs de service sans acte de nomination régulier ». Dès lors, par laxisme ou par tacite complicité, des services publics sont dirigés par des responsables qui pourront difficilement répondre des conséquences dommageables des actes qui résultent de leur gestion car aucun texte règlementaire ne les conforte dans ces fonctions.

Un autre constat fait par l’IGE et qui pourrait justifier la gabegie financière observée au sein de certaines société d’Etat est lié au mauvais fonctionnement des Conseils d’Administration ou des Conseils de Gestion. Ahoua Ndoli a signifié au Chef de l’Etat  que « des membres de Conseils d’Administration ou des Conseils de Gestion ont largement dépassé les termes de leurs mandats sans être renouvelés ou remplacés. En plus certains Conseils ne se réunissent pas ou se réunissent moins de fois qu’il est prévu par les textes. Quand ils le font, bien souvent, ils ne respectent pas la périodicité des réunions ». Le fonctionnement irrégulier de ces instances de gouvernance déteint naturellement sur la gestion interne des sociétés d’Etat ou les DG sans contrôle réel règnent désormais en maitres absolus.

Pis, l’IGE a relevé que « les compétences professionnelles et les diplômes du personnel des structures inspectées ou auditées sont en déphasage avec les missions desdites structures ». Ces propos de l’Inspecteur General trahissent la complaisance dans les recrutements des agents de ces structures ou l’efficacité et la performance sont sacrifiées sur l’autel du copinage, du relationnel ou du ‘’réseautage’’. On recrute pour récompenser un militant politique, un ami, un frère, une copine tandis que les meilleurs profils sont mis sous le boisseau.

Alors que certaines administrations publiques  sont l’objet de gestion douteuse avec la déperdition inexpliquée d’importantes ressources, l’IGE constate paradoxalement « que des structures inspectées n’ont pas les moyens humains et surtout financiers nécessaires pour mener à bien leurs activités ». Par ailleurs, des terreaux fertiles où prospèrent la corruption ont été identifiés notamment la chaine de délivrance des documents d’urbanisme et de construction. A cet effet, l’IGE a instamment plaidé auprès du Chef de l’Etat pour l’informatisation de tout le processus qui « devient une impérieuse nécessité, voire incontournable » à explique Ahoua Ndoli.

Le secteur du contrôle technique des véhicules est aussi un secteur propice à la corruption. L’IGE a indiqué que 50% des véhicules inspectés lors de la mission de contrôle circulent sans visite technique à jour. Si d’aventure quelques propriétaires consentent à se soumettre à la visite technique, ils usent de subterfuges en complicité avec les services concernés pour obtenir cette visite technique dans des conditions frauduleuses. On ferme alors les yeux sur des défaillances techniques apparentes pour quelques billets de FCFA et on délivre le précieux sésame. Alors doit on s’étonner du nombre d’accidents de la route qui au-delà des erreurs humaines sont imputables à la vétusté du parc automobile ?

Autant de maux auxquels il faudra trouver des solutions si notre ambition reste de bâtir une Administration publique performante au service des usagers-clients. Mais déjà l’on pourrait commencer à mettre en exécution les pertinentes recommandations formulées par l’IGE.

 

Content created and supplied by: SGB78 (via Opera News )

ahoua ndoli

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