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Brouille au sommet du régime Rhdp : et si le nouveau parti de Gbagbo y était pour quelque chose ?

Le président Ouattara lors d'un rassemblement du Rhdp.

Selon Sébastien Dano Djédjé le président du comité scientifique, le congrès constitutif du nouveau parti de Laurent Gbagbo aura lieu le 16 et 17 octobre 2021 à Abidjan. Déjà 300 missions quadrillent le pays pour la mobilisation. Une centaine de personnalités travaillent jours et nuits en commissions pour sortir ce qui est programmé pour être « le plus grand rassemblement national ». Quand on sait le poids politique de Laurent Gbagbo sur l’échiquier national avant son arrestation, et l’envergure internationale qui lui a conféré son procès surtout son acquittement par la Cour pénale internationale, on imagine aisément le raout des 16 et 17 octobre 2021. L’ancien président s’est même offert une mise au vert d’une dizaine de jours en Europe : Bruxelles (Belgique), Italie puis France. Pour préparer les quatre années d’intenses activités qui l’attendent en Côte d’Ivoire.

Adama Bictogo précédemment directeur exécutif du Rhdp débarqué ce jeudi 24 septembre 2021 par Alassane Ouattara.

De ce qui précède, Alassane Ouattara ne veut pas se laisser surprendre par Laurent Gbagbo qui s’apprête à développer un volume d’activités politiques dont il jauge déjà l’impact avant l’échéance présidentielle d’octobre 2025. C’est pourquoi, il se sent de plus en plus agacé par le débordement d’Adama Bictogo le directeur exécutif de son parti le Rhdp. Ce dernier a du mal à faire le distinguo entre les affaires de la République et celles, privées, d’un parti politique fut-il présidentiel. Ce n’est pas la première fois que son patron lui remonte les brettelles. Bictogo a l’habitude d’irriter Ouattara suite à ses sorties médiatiques à l’emporte-pièce. La plus éloquente reste celle relative au refus du dialogue social auquel les présidents Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo avaient appelé Alassane Ouattara depuis Daoukro, le weekend du 10 au 11 juillet dernier. « Nous n'avons pas besoin de dialogue national. Les institutions fonctionnent. Nous ne sommes pas un pays en crise. Nous n'accepterons pas qu'on nous impose un nouvel ordre politique. On n'a pas de leçon à recevoir en termes de nouvel ordre politique au plan démocratique », s’était fendu, au lendemain de cet appel, le directeur exécutif du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), lors d'une conférence de presse au siège de son parti à Abidjan. Rejetant ainsi du revers de la main l’appel des anciens chefs de l’Etat qui invitaient le pouvoir en place à « engager sans tarder un grand projet de reconstruction » du pays qui « passe nécessairement par la mise en œuvre d’un projet de réconciliation vraie entre les Ivoiriens à travers un dialogue national inclusif dont le pays ne peut se faire l’économie ». Deux semaines plus tard, le même Bictogo se trouvait petit dans ses souliers. Laurent Gbagbo demande et obtient d’un très joyeux Alassane Ouattara une audience. Au palais de la Présidence de la République. Les deux dirigeants se retrouvent, le mardi 27 juillet 2021, soit 11 ans après leur dernier face-face lors du débat télévisé organisé par la Rti1 avant l’élection présidentielle d’octobre 2010. Bictogo s’était même surpris en train d’applaudir à tout rompre Laurent Gbagbo tout au long de l’audience. Une visite qui avait véritablement ému le chef de l’Etat ivoirien qui ne s’attendait que son souffre-douleur, Laurent Gbagbo passe aussi vite l’éponge sur le douloureux 11 avril 2011 « au nom de la réconciliation nationale ». Si bien qu’il se réjouissait le même soir sur sa page officielle Twitter d’une: « Rencontre cordiale et fraternelle avec mon jeune frère Laurent Gbagbo. Nous travaillerons à renforcer la confiance, dans l’intérêt de notre pays ».

Les présidents Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara lors de leur dernière entrevue pour enclencher la réconciliation nationale.

Comme on peut le remarquer, rien n’est désormais plus comme avant, depuis le retour de Laurent Gbagbo, le jeudi 17 juin 2021. Un vent nouveau souffle sur la Côte d’Ivoire. Un vent d’apaisement qui annonce un « dialogue national » déjà enclenché par Laurent Gbagbo dont on disait va-t-en-guerre. C’est ce moment que choisit le directeur exécutif du Rhdp pour ruer dans les brancards. Ouattara ne le sait que trop. Bien qu’il ne soit pas ministre ou président d’institution, les actes manqués que Bictogo multiplie pourraient gravement nuire - si ce n’est déjà le cas – à la stratégie finale de son patron. Des erreurs dont l’opposition pourrait profiter. C’est surtout cela qui démultiplie les craintes d’Alassane Ouattara.


Qu’on les prenne dans un sens ou dans l’autre, les informations livrées par Jeune Afrique selon lesquelles le chef de l’Etat ivoirien voudrait « reprendre la main » au Rhdp, et qui proviennent de la maison politique du ‘’Bravetchè’’ révèle une chose : le manque de sérénité. Signe que plus rien ne rassure chez Ouattara et les siens. A quelques jours de la naissance du nouveau parti de Laurent Gbagbo son plus redoutable adversaire.


Dans nos précédentes éditions, nous évoquions le fait le Premier ministre ivoirien Patrick Achi avait saisi le chef de l’Etat Alassane Ouattara sur l’attitude irrévérencieuse du directeur exécutif du Rhdp à son égard. Ce dernier, écrivions-nous, convoquaient les ministres du gouvernement, toutes choses qui avaient commencé à donner le sentiment que le directeur exécutif du Rhdp avait prééminence du point de vue protocolaire sur le Premier ministre de l’Etat de Côte d’Ivoire. Ce qui avait poussé Alassane Ouattara le chef de l’exécutif à canaliser son débordant partisan Bictogo. Jusqu’à imposer une demande d’autorisation aux ministres du gouvernement auprès du Premier ministre Patrick Achi. Pas le moment de jouer les indisciplinés ! Alassane Ouattara qui sait que le loup politique Laurent Gbagbo est entré dans la bergerie, peut-il permettre que ses ouailles s’adonnent à de l’indiscipline à une période cruciale de sa vie politique ? Par vraiment ! Pour cause, la moindre erreur politique pourrait lui coûter cher. Lui qui ne connait que trop bien la force et surtout l’intelligence politique de Laurent Gbagbo. Ouattara, en effet, pour avoir le fauteuil présidentiel ivoirien en 2011, a été obligé de solliciter le soutien tant économique, politique, diplomatique que militaire d’une coalition internationale. Ce qui ne sera pas forcément le cas d’ici à 2025. Autant compter sur ses propres forces. Ne pas créer de failles. Face à un redoutable adversaire politique qui a soif de descendre dans l’arène/ Laurent Gbagbo. Pour un dernier round qu’il veut remporter. Le chef de l'État ivoirien a dû débarquer son bouillant directeur exécutif, Adama Bictogo, en vue de mettre de l'ordre dans son parti le Rhdp. Depuis ce jeudi 23 septembre, l'ancien ministre de l'intégration africaine n'est plus détenteur du tabouret au Rhdp.

Haity

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