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Quand les gouvernants piétinent la justice en Afrique

Je fus bluffé par l'intervention du président béninois Patrice Talon sur la chaîne française, "France 24". Au sujet de la justice, il a été on ne peut plus clair : la justice en Afrique doit pouvoir exercer librement comme on le voit en Europe, sans pression extérieure.

Le président béninois s'est insurgé contre la piètre considération qu'ont les occidentaux envers notre système judiciaire en Afrique. Selon lui, quand il y'a une crise en Europe, c'est la justice qui la règle. Mais ces mêmes européens sont les premiers à demander aux Africains de régler leurs crises à l'amiable, par la compromission. C'est en cela qu'il a décidé de ne plus amnitier les coupables d'insurrections et de violences dans son pays.

On aurait bien voulu que cela soit le cas ici dans le pays des éléphants. Depuis, le premier coup d'État en Décembre 1999, l'on note ce manque d'initiative de nos dirigeants de permettre à notre système judiciaire de mieux fonctionner. Loin d'une réelle indépendance, le pouvoir judiciaire a été toujours ténu par le politic. Selon leur humeur, les gouvernants usent de ce pouvoir pour enfermer les rebelles ou gracier ceux qui deviennent plus dociles.

Après le coup d'État de 1999, les mêmes amnitiés se sont retrouvés sur le terrain en 2002. On les a retrouvé encore dans la crise post-électorale de 2010-2011. Ce sont les mêmes acteurs qui étaient encore présents en 2020 dans une autre crise post-électorale. Pourtant dans toutes ces crises qu'a connu notre pays, il y eut des morts, des blessés, des orphelins et autres. Les rancoeurs sont grands et les victimes et parents de victimes souhaitent que justice soit rendue.

Cela ne sera guère possible, car en Afrique, le passé semble s'oublier facilement. Pour la réconciliation, il faut faire encore des sacrifices, dit-on. Raison pour laquelle on assiste depuis un moment, à la libération de personnes accusées d'avoir commis des impaires lors de la désobéissance civile, lancée par l'opposition pendant l'élection présidentielle de 2020. Pourtant, là aussi, il y eut une centaine de morts, des blessés et de nombreux dégâts matériels.

Dernièrement, c'est le retour de certains caciques de l'ancien parti au pouvoir. Là aussi le pouvoir actuel s'est tu sur les poursuites judiciaires à leur encontre. L'ordre a été certainement donné à notre justice de se taire, car la réconciliation n'aime pas le bruit. Pourtant ici également, l'un de ces caciques fut l'un des acteurs majeurs de la crise post-électorale de 2010 qui a occasionné plus de 3.000 morts, en déchirant à la face du monde entier, les procès verbaux de la commission électorale indépendante (CEI).

Le bon sens aurait voulu que la justice ivoirienne face d'abord son travail, puisque des mandats avaient déjà été lancés contre eux. Mais hélas ! Tous les régimes ont été les bourreaux de notre système judiciaire en Côte d'Ivoire.

Content created and supplied by: DarymKard (via Opera News )

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