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Sommet sur la démocratie : voici pourquoi les États-Unis ont évité la Côte d’Ivoire

C’est un véritable camouflet pour le régime d’Abidjan. Les États-Unis ont snobé la Côte d’Ivoire pour le sommet sur la démocratie qu’ils organisent, les 09 et 10 décembre 2021. Un signal qui doit être médité par le régime d’Alassane Ouattara.Le Président américain, Joe Biden s'inquiète du recul de la démocratie dans le monde (Photos Web)

Joe Biden ne veut pas entendre la voix de la Côte d’Ivoire au sommet sur la démocratie. Le modèle de démocratie qui est pratiquée dans ce pays ne semble pas intéresser les américains. Et pour cause, la Côte d’Ivoire est descendue au plus bas dans tous les standards de la démocratie. Les acquis de vingt ans de lutte démocratie sont aujourd'hui aux oubliettes.

D’abord au plan institutionnel, la Constitution de 2016 et sa modification de 2018 confisquent pour ainsi dire la souveraineté du peuple au profit du Président de la République qui devient par ce biais, un véritable monarque constitutionnel. Un seul exemple suffit pour comprendre la prééminence outrancière du Chef de l’État. Il nomme souverainement 33 des 99 sénateurs. Antony Blinken avait déjà royalement ignoré la Côte d'Ivoire, lors de sa tournée africaine

Un mélange de genre qui froisse le principe de la séparation des pouvoirs nécessaire à l’équilibre institutionnel, afin que «le pouvoir arrête le pouvoir » (Montesquieu, l’Esprit des lois). Ainsi, le Président de la République choisit une partie des parlementaires dont l’une des missions principales est le contrôle de l’Exécutif !

Cette tâche disgracieuse sur la marche équilibrée des institutions ivoiriennes a été aggravée par le controversé 3ème mandat que des juristes du camp du régime d’Abidjan se sont évertués à légitimer à travers mille et une contorsion. L’estocade est venue de la présidentielle du 30 octobre 2020 avec son cortège démentiel de violence.

Au bas mot, une centaine de personnes ont été froidement assassinées, sans que les autorités publiques ne diligentent une enquête sérieuse situant toutes les responsabilités et permettant les poursuites de tous ceux qui se sont rendus coupables de ces crimes de sang. Les auteurs du mot d’ordre de désobéissance civile et du boycott de la présidentielle avaient été désignés comme seuls responsables, voire les auteurs présumés de ce déchaînement de barbarie. Alassane Ouattara a été zappé par le gouvernement américain

Les images qui ont fait le tour de la planète et choqué le monde, c’est celle du supplicié N’Guessan Toussaint décapité à Daoukro et dont la tête a servi de ballon de football à ses assassins et celle où une famille entière a subi un autodafé sorti tout droit des âges sauvages. A l’ère de l’information-reine, plus aucun crime de masse ne peut se dérouler intra-muros et loin du regard du monde entier. Toutes ces images et le fait que la prison soit devenue un passage obligatoire pour les opposants ont dû peser très lourd dans la balance quand le gouvernement américain a décidé de parler de démocratie avec les pays qui comprennent ce langage.

16 pays africains au total, dont 6 dans l’espace CEDEAO (Le Ghana, le Liberia, le Niger, le Nigeria et le Sénégal). Voici les pays du continent que Joe Biden estime pouvoir parler démocratie avec eux ! Son Secrétaire d’État, Antony Blinken en tournée en Afrique, il y a quelques semaines, avait fait le triste constat du recul de la démocratie en Afrique, lors de l’étape de Dakar au Sénégal. L’écho de cette déclaration a dû être très assourdissant dans plusieurs capitales du continent noir. En tout cas, le Secrétaire d’État américain est passé très loin de la Côte d'Ivoire.

Théodore Sinzé

 

Content created and supplied by: ThéodoreKoffiSinzé (via Opera News )

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