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Blé Goudé : analyse de son dernier proverbe qui le rend plus fort dans la politique ivoirienne

Le leader du COJEP (Congrès Panafricain pour la Justice et l’Egalité des Peuples) Charles Blé Goudé a encore montré son ancrage dans la littérature gnomique de son terroir. Comme beaucoup d’écrivains négroafricains, il pense en sa langue, et s’extériorise en français.

Charles Blé Goudé, on le sait, est un adepte de l’expression des idées reposant sur des proverbes de vérité omnitemporelle.

Ce registre qu’on lui connaît n’est pas seulement une recherche stylistique consciente, mais parfois utilisé pour imprimer ses pensées profondes dont certaines pourraient révéler sa personnalité.

C’est assurément le cas avec son dernier proverbe lors de l’interview qu’il a accordée hier à la chaîne de radio française RFI. Il a dit en substance :

« Pour réclamer l’aile de la poule, il faut être là où on la découpe. »

Comprendre ce proverbe, condensé de l’expression de la sagesse africaine, amène à découvrir comment Charles Blé Goudé a exprimé un important trait de son caractère : l’humilité.

Il faut dire que dans la région d’où est originaire le leader du COJEP et dans les autres régions voisines de Daloa, Issia, Soubré, Divo (Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire) notamment, le partage de la viande d’animaux obéit à une équité et un protocole bien précis, qui définissent le « statut » de la personne dans leur société.

D’ailleurs, cette idée de partage de quartiers de viande d’animaux a déjà été reprise au début des années 2000 dans l'album Kloa (tortue) avec l’allégorie du « partage de la viande de tortue entre deux coépouses » par le groupe musical traditionnel de la région d’Issia, « Les Femmes de Séria".

Les Femmes de Séria, auteures de l'allégorie du partage de la viande de tortue


Elles indiquent en effet dans leur chanson « qu’il y a exactement six quartiers de viande qu’offre le dépeçage d’une tortue. De fait, le partage ne pourrait offrir entre deux coépouses, que trois morceaux à chacune d’elles. Et qu’en conséquence le partage des six morceaux de viande de tortue ne saurait tolérer l’arbitraire, car la femme qui voudrait en prendre quatre reviendrait à en donner deux à sa coépouse, le partage devenant léonin et scandaleux, pour une tortue ! »

Comme on le voit, la séance de « partage des parties de l’animal qu’on découpe » obéit à des règles strictes d’équité, de consolidation de la hiérarchie et de la décence dans la société.

Ainsi, lorsque la question est posée à Charles Blé Goudé sur ce que pourrait être sa participation dans le projet de création d’un nouveau parti politique par le Président Laurent Gbagbo son mentor, il répond :

« Pour réclamer l’aile de la poule, il faut être là où on la découpe. »

On pourra le constater, Charles Blé Goudé, même s’il avait été là, au « partage de la poule » (comprenez là où se tiennent les débats autour de ce parti à naître), ne réclamerait que « l’aile de la poule » qui est, dans le protocole de partage susmentionné, la partie que l’on donne aux enfants, quand les cuisses et autres paries « plus viandées » - selon l’expression de Amadou Kourouma dans le Soleils des Indépendances - sont réservées aux « grandes personnes ».

Ainsi, Charles Blé Goudé demeure toujours constant vis-à-vis du Président Laurent Gbagbo : il demeure l’enfant qui ne réclame que « l’aile de la poule » quand le mentor dont « on ne parle pas des différends dans les micros (encore un autre proverbe subtil), prendrait les quartiers de viandes les plus importants ».

Cette attitude se nomme « l’humilité » ou la « véritable compréhension de l’ordre Père-Fils » dont nous parlions dans un autre article ici même sur Opéra News, dans lequel le père est honoré quelles que soient les circonstances. Cette attitude précède la gloire.


Ouraga Dali Constant

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