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La parabole du braiseur de bananes, le gboziagnon et le retour de Laurent Gbagbo

      Un paisible royaume est attaqué par une horde de guerriers barbares et sanguinaires. Ils pillent les maisons, violent les femmes, tuent tous ceux qu’ils croisent sur leur chemin. Ils ignoraient cependant que ce royaume était celui d’un guerrier légendaire, intrépide, craint par-delà les frontières. Le combat faisait rage, le sang coulait à flot, la mort frappait à toutes les portes. Pendant ce temps, à l’autre bout du village, l’intrépide guerrier brasait des bananes pour prendre des forces avant d’entrer dans le combat. Une délégation vint le supplier, il les rassura qu’il viendrait dans les instants qui suivent. Une seconde délégation vint, toujours impassible, il encouragea les derniers messagers de son apport imminent. Bien plus tard, repu comme un pou, notre guerrier prit ses attributs et entra dans la bataille.

         A peine souleva-t-il son sabre qu’une dizaine d’envahisseurs tombèrent à sa droite. Il répéta son geste et une autre dizaine d’ennemis trépassèrent…. L’émotion était à son comble. Les rares survivants de l’hécatombe n’en revenaient pas. Ce pouvait-il que leur champion fut capable d’un tel exploit et il a tardé à sonner la charge ? Diantre ! Juste deux comme lui et la bataille serait gagnée ! Effectivement, la bataille fut gagnée par l’exploit surhumain de notre guerrier intrépide.

        Cet homme si brave, si intrépide, si courageux, dans la culture béthé, on l’appelle le ‘’gboziagnon’’, c’est-à-dire le défenseur des faibles, des victimes. Pendant la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, nous nous sommes entre-tués, nous nous sommes fait du tort, juchés sur nos passions politiciennes. Et le bilan macabre est de façon (officielle) de 3000 morts. Où était notre ‘’Gboziagnon’’ ? où était notre défenseur qui prétend être notre président, nous les victimes ? Où était son courage fougueux à défendre notre cause ? Même s’il devait tardivement mettre le pied dans la guerre pour défendre les victimes, au moins il serait venu mais jamais on l’a vu ; au moment où on avait le plus besoin de sa force, il a brillé par son absence.

       Et comme le dirait l’abidjanais avec humour, ‘’tout à coup, brusquement soudain’’, sa voix se fait plus sourde, plus vigoureuse, il est même prêt à tout pour empêcher le retour de l’ex président Laurent Gbagbo au bercail. Peut-on être piroguier pendant l’étiage ? Peut-on être grand guerrier quand toutes les intelligences convergent vers la réconciliation ? Peut-on être grand justicier quand au plus fort des témoignages, on n’a été absent pour apporter sa pierre au triomphe de la vérité ?

     Comme le dit le poète, il y a des grandes douleurs qui sont muettes et si chaque ivoirien devait recenser ses morts, ses pertes, votre serviteur, avec près d’une dizaine de morts, serait dans le peloton. Du nord au sud, d’Est en ouest en passant par le centre, chacun a perdu un être cher dans nos bêtises. Il n’y a pas un mort plus cher qu’un autre ; nous avons donc, pour le respect de la douleur nationale, nous disons bien douleur nationale, transcender nos douleurs personnelles et à la  vérité, il est temps que le chef de l’Etat mette la holà car il ne peut être en train de tout mettre en œuvre pour le retour de Laurent Gbagbo et voir ses efforts noyés par le grand braiseur de bananes.

               Frederic GNEZE

Content created and supplied by: FredericGneze (via Opera News )

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