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Crise du 3ème mandat en Côte d’Ivoire : le piège que Macron veut éviter à tout prix

Une fois de plus, les attentes auront été grandement déçues à Abidjan, à l’issue de la rencontre Macron-Ouattara, qui s’est tenue ce Vendredi 04 Septembre à Paris. Près d’un mois après l’annonce par le chef de l’état sortant Ivoirien, de sa décision de briguer un 3ème mandat lors de la présidentielle d’Octobre 2020, beaucoup en Côte d’Ivoire, espéraient tout au moins, à défaut d’une déclaration du Numéro 1 Français, un communiqué officiel de l’Elysée, sanctionnant le tête-à-tête entre les deux hommes.

Que ce soit du côté des partisans du pouvoir ou de ceux de l’opposition, le mutisme entretenu par le dirigeant Français, jusqu’après la rencontre de ce 04 Septembre, a suscité un profond sentiment de déception, livrant les populations à la solde des rumeurs gonflées à dessein sur les réseaux sociaux.

Mais, en réalité, le chef de l’état Français, qui a sans doute été édifié par les fâcheux incidents diplomatiques subies par ses prédécesseurs durant la gouvernance de Laurent Gbagbo, préfère continuer de miser sur la diplomatie discrète, dont il a toujours fait montre, face aux agitations du microcosme politique Ivoirien. Conscient qu’il campe, peut-être, malgré lui, dans une posture d’arbitre, Emmanuel Macron qui sait qu’il joue là, non seulement sa crédibilité, mais aussi celle de la France en tant qu’ancienne puissance colonisatrice, tient à marcher sur des œufs.

En effet, il paraît évident que dans la gestion du dossier Ivoirien par l’Elysée, chaque fait revêt une importance particulièrement sensible. Le moindre faux pas ou le moindre propos inopportun pourrait exposer la France aux feux des critiques d’un camp ou d’un autre, et comme dans la crise Rwandaise en 1994, Paris pourrait être obligé de gérer dans les années à venir, un nouveau passif historique, dont elle se serait passée volontiers.

De plus, le contexte régional des relations Franco-Africaines ne cesse de se dégrader depuis quelques années, au point que dans certains pays tels que le Mali ou le Burkina Faso, la France est à tort ou à raison accusée de collusion avec les groupes djihadistes, qui y maintiennent un climat sécuritaire délétère.

Seulement, à l’instar de Nicolas Sarkozy en 2011, Emmanuel Macron sera-t-il contraint de descendre de sa tour d’observation pour se faire plus mordant dans la crise Ivoirienne, au cas où la situation venait à tourner à l’irrattrapable ? Sur ce point, Paris conserve toutes ses cartes en mains. A l’échelle internationale, la Côte d’Ivoire, tout comme le reste des états Francophones, continue de répondre de la France, qui demeure en outre, la garante de sa souveraineté sécuritaire, politique et économique. L’armée Française maintient une présence significative sur les bords de la lagune Ebrié d’où elle pilote toutes ses interventions dans la sous-région Ouest-Africaine. 

Et ces éléments d’appréciation, pourraient expliquer la sérénité de Macron, qui tient avant tout, à la stabilité du poumon économique de l’espace UEMOA, dans lequel, la France conserve d’énormes intérêts stratégiques.

Raoul Mobio

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

Côte d'Ivoire Ivoirien Macron Paris Septembre

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