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Poursuites contre les sénateurs : pourquoi la demande d'autorisation d'Adou Richard sera rejetée

Le procureur de la République Adou Christophe Richard n'entend pas croiser les bras dans le dossier relatif aux fraudes massives sur les attestations d'exonération qui éclabousse au plus haut niveau l'institution dirigée par Jeannot Ahoussou Kouadio. Dans un communiqué publié ce jeudi 26 août, le chef du Parquet d'Abidjan " indique que s'agissant des sénateurs impliqués dans ces faits, qu'une demande aux fins d'autorisation de poursuite sera adressée au Sénat, conformément à l'article 145 du Règlement du Sénat en date du 26 juin 2018". Et puis, plus rien.

Mais en parcourant le communiqué d'Adou Richard, on se rend à l'évidence, et cela saute aux yeux, que tout puissant procureur de la République qu'il est, il ne peut engager de poursuites judiciaires contre les sénateurs fraudeurs ou complices de Touré Al Moustapha sans l'autorisation du Sénat. Et on voit mal les sénateurs du RHDP donner leur accord pour que des poursuites judiciaires soient engagées contre leurs collègues même si ceux-ci sont en délicatesse avec le Règlement de l'institution qu'ils sont censés défendre la crédibilité et la notoriété.

Il y a quelques années, à l'assemblée nationale ivoirienne, les députés Rhdp ont opté pour la levée de l'immunité parlementaire de Guillaume Soro pour les raisons que l'on sait, et qui bien entendu sont différentes de celles des sénateurs faussaires. À l'époque, l'enjeu était de taille et l'adversaire du moment à abattre, s'appelait Guillaume Kigbafori Soro. Aujourd'hui, le contexte et l'enjeu ne sont pas les mêmes. Surtout avec le retour d'un Laurent Gbagbo qui manoeuvre depuis des semaines pour la création d'une nouvelle force politique à même de mettre en difficulté le Rhdp sur le terrain.

Dans un tel contexte, les dirigeants du parti au pouvoir n'accepteraient jamais que le Sénat soit fragilisé par la poursuite de certains de ses cadres. À part l'ex DG de l'AGEF qui croupit à la Maca, combien sont-ils les cadres du RHDP épinglés sur la centaine annoncée par le Secrétariat de la Bonne Gouvernance à avoir été écroués pour détournement de fonds publics ? Il ne faut donc rien attendre du procureur de la République. Car sa demande d'autorisation de poursuite contre les sénateurs fraudeurs et complices du sieur Al Moustapha sera tout simplement rangée dans le vaste cimetière des dossiers classés sans suite.

P. L

Content created and supplied by: Pierre_Lemauvais (via Opera News )

christophe richard rhdp

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