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Marche des femmes d’Abobo : Les manifestantes ont-t-elles été trompées et abandonnées à leur sort ?

Les images avaient fait le tour des télévisions du monde entier en pleine crise postélectorale en Côte d’Ivoire. 7 femmes dont les corps sans vie gisaient ce fameux 03 Mars 2011 sur le goudron ensanglanté du marché d’Abobo. Dans l’opinion internationale globalement convaincue de la défaite dans les urnes du chef de l’état sortant au second tour de la présidentielle de Novembre 2010, cette tuerie est perçue comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

 

Le régime déchu de Laurent Gbagbo en ressort décrit comme sanguinaire. Au sein de la communauté internationale, on devient de plus en plus unanime sur l’urgence de mettre rapidement un terme à ce conflit postélectoral, et en particulier à l’imposture dont on accuse le pouvoir en place à Abidjan.

 

10 ans après les faits, Mamadou Traoré, conseiller spécial du leader de Générations et Peuples Solidaires (GPS), Guillaume Soro revenait sur ce drame dans une publication postée ce Vendredi 26 Novembre sur sa page Facebook. A l’appui des témoignages recueillis par la journaliste d’investigation Française, Leslie Varenne, il confirme l’authenticité de ces images, contrairement aux allégations des partisans de l’ex dirigeant Ivoirien, qui ont régulièrement dénoncé un montage. Mais, que s’est-t-il réellement passé ce jour-là ?

Abiba, l’une des témoins interrogés par la journaliste, par ailleurs co-fondatrice de l’institut IVERIS, explique dans ce paragraphe que l’on retrouve entre la page 124 et 126 de l’ouvrage ‘’Abobo, la guerre’’ les conditions dans lesquelles elle, ainsi que les milliers d’autres femmes ont décidé de sortir pour protester contre le maintien au pouvoir de Laurent Gbagbo. ‘’Au départ, nous ne voulions pas y aller. Abobo était en guerre à cette époque et cette marche était dangereuse. Mais le Golf nous a rassuré, il nous a dit que les fognon (commando invisible) sécuriseraient la marche, et nous, nous avions une totale confiance en eux.

 

Le Golf nous a dit que l'ONUCI serait là. C'est pour cela que nous y sommes allées confiances, habillées en boubous. Nous étions tellement rassurées qu'une femme est venue avec son bébé dans le dos. Elle est morte. Mais personne n'a jamais mentionné le décès de son enfant’’, a-t-elle soutenu. Pourtant, relève la journaliste, ‘’De son côté, le commando invisible a été totalement surpris par cette manifestation. Il n’avait tout simplement pas été prévenu par le Golf’’.

 

Un récit qui fait ressortir les failles dans l’organisation de cette manifestation au bout de laquelle ces nombreuses victimes ont été enregistrées. Faut-t-il conclure à la nécessité d’une enquête pour situer les responsabilités dans ce drame ? Pour l’histoire, une telle procédure pourrait trouver toute son utilité.

Raoul Mobio

 

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

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