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Quand la CEDEAO accepte les 3èmes mandats et condamne certains coups d’Etat

La suspension du Mali par la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) de ses instances continue de susciter des réflexions. Le contraste est éloquent car cette institution régionale a presque légitimé les troisièmes mandats en Côte d'Ivoire et en Guinée. Dans la région, le recul démocratique prend de l’ampleur tandis que la Cedeao brille par sa passivité. La Cedeao est-elle toujours cette grande institution respectueuse des normes démocratiques ou s’aligne-t-elle derrière la realpolitik de la France ?

3eme mandat, 1er mandat de la troisième République, 3ème mandat est en cours de téléchargement, succession familiale dans des États dits démocratiques, de père à fils, président à vie… les violations des normes du protocole de la Cedeao se multiplient tandis que cette institution reste passive. Et ce, en dépit du Protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance entériné par le CEDEAO en 2001. En jeu, l’instabilité et le recul démocratique dans la région.

Pourtant, le Cedeao brandissait une intervention militaire contre l’ex-président gambien Yahya Jammeh en décembre 2016 après l’avoir expulsé après sa défaite aux élections. Motif légal évoqué : l’article 45 du Protocole de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance qui l’autorise à intervenir en cas de « rupture de la démocratie par quelque procédé que ce soit et en cas de violation massive des droits de la personne».

N’y a-t-il pas eu rupture de la démocratie par quelque procédé en Côte d’Ivoire, au Togo, au Bénin, au Gabon… ?

De même la CEDEAO avait déployé une force de 3 000 hommes au Libéria pour mettre fin à la guerre civile et faciliter la création d’un gouvernement démocratique. Elle avait réussi à le contraindre à céder le pouvoir d’Etat en 2003.

Dans le contexte ivoirien, la Cedeao avait reconnu Alassane Ouattara dans le bicéphalisme qui l’opposait à Laurent Gbagbo pourtant reconnu par le Conseil constitutionnel de son pays. Là encore, elle avait brandi la force militaire.

 

Hélas, les ruptures de la démocratie par quelques procédés, au nez et à la barbe de la Cedeao, font réfléchir sur la crédibilité de cette institution. Tout porte à croire qu’elle s’aligne sur la Realpolitik de la France d’Emmanuel Macron.

L’incohérence du président français est de plus en plus visible et dénoncée sur le continent noir. La limitation des deux mandats, consacrée par la plupart des Constitutions africaines, est violée et s’amorce désormais l’ère des 3èmes mandats.

La violation de la limitation à deux des mandats présidentiels dans les Constitutions ivoirienne et Guinéenne pour se maintenir au pouvoir. Macron salue le 3ème mandat d’Alassane Ouattara et s’insurge contre celui d’Alpha Condé. Même son de cloche pour les coups d’Etat perpétrés au Tchad et au Mali.

En somme, la boîte à pandore des 3èmes mandats et autres coups d’Etat suivis de succession de père à fils, est ouverte. Ces mauvais exemples sont copiés. La stratégie du 3ème mandat ou du 1er mandat de la 3ème République semble en cours de téléchargement au Sénégal. En cause, la vision de la démocratie à géométrie variable de la Cedeao et de la France.

 

Cyrille NAHIN 

Content created and supplied by: Cyrille_NAHIN (via Opera News )

CEDEAO Cedeao

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