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Sanctions contre le Mali : Comment Emmanuel Macron a été court-circuité !

Près d’une semaine après le nouveau putsch qui a renversé le Président de la Transition Bah N’Daw, les militaires s’installent de plus en plus confortablement au pouvoir. La foudre brandie par le Président français n’a ému personne au Mali. Et pour cause, la junte se la joue très fine !

La situation au Mali devient embarrassante pour Emmanuel Macron (Photos Web)

Le Colonel Assimi Goïta et ses compagnons sont de fins tacticiens. Ils ont réussi un coup de maître qui a dégonflé la pression internationale orchestrée par la France d’Emmanuel Macron. Celui de faire « légaliser » leur putsch par la Cour constitutionnelle du Mali. L’instance juridictionnelle suprême du pays en désignant le chef de la junte comme Président de la Transition, a coupé l’herbe sous les pieds de bon nombre de ceux qui réclamaient encore il y a peu à tue-tête, le rétablissement dans ses fonctions, le général à la retraite, Bah N’Daw qui avait été désigné pour diriger la Transition, après que les mêmes militaires avaient déposé l’ancien Président élu, Ibrahim Boubacar Kéita outrageusement contesté par la rue de Bamako.

A cette « légalisation » de ce pronunciamiento obtenu de la Cour constitutionnelle, il faut ajouter comme élément de cette stratégie de haut vol des militaires, les démarches pour former un gouvernement de Transition vraiment inclusive. La junte demande instamment au Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-Rfp), la principale force socio-politique du pays de désigner en son sein, le Premier ministre de Transition, pour occuper le maroquin laissé vacant par Moctar Ouane. Si le Colonel réussit cet autre coup et il n’y a aucune raison qu’il échoue, les cris d’orfraies et les protestations outrées venus de l’étranger contre la junte seraient alors sans objet. Cela d’autant plus que c’est tout le peuple malien, dans ses organisations les plus représentatifs qui auraient été associés à la gestion du pays, dans cette période de transition censée posée les bases d’institutions plus légitimes pour le Mali.

Le Colonel Assimi Goïta et ses compagnons n'entendent pas se laisser faire

On sait que dès le départ, le Président de Transition Bah N’Daw avait été fragilisé à la formation du gouvernement. Les puissances occidentales agissant en sous-main à travers la Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest (Cedeao) avaient réussi a écarté plus au moins les auteurs du putsch. Bien que le ministère de la Défense et de l’Intérieur leur aient été concédés, Bah N’Daw avait été placé dans une position prééminente. C’est quand celui-ci a voulu mettre la patte sur cette portion congrue concédée aux militaires, au détour d’un remaniement ministériel très suspect, dès son retour de Paris où il a participé au sommet sur la relance économique de l’Afrique aux côtés, notamment de Macron et d’Alassane Ouattara que le colonel Assimi Goïta  et ses compagnons d’armes, ont mis le holà. On sait aussi que le M5-Rfp qui n’y trouvait pas son compte a refusé de participer à ce premier gouvernement de transition. Tous ces défauts originels ne pouvaient garantir la solidité du siège du général à la retraite.

A la différence de l’attelage de Bah N’Daw, la nouvelle transition que conduit le Colonel Assimi Goïta jouit du soutien populaire. Les Maliens accusent Macron d’avoir tenir par des ficelles, l’ancien Président de la Transition. Le maître-marionnettiste a réussi, selon eux à mettre sous sa coupe, à son tour,  Bah N’Daw, après que la contestation populaire et les militaires avaient chassé du pouvoir, IBK. D’où les manifestations récurrentes contre la présence française au Mali et l’appel au secours lancé à l’endroit de la Russie.

La Cedeao a la tâche ardue de faire plier la junte militaire 

Pour sûr, le chef de la junte, le Colonel Assimi Goïta invité aujourd’hui dimanche 30 mai 2021 au sommet extraordinaire des Chefs d’ État et de Gouvernement de la Cedeao à Accra (Ghana), ne s’y rendra pas en victime résignée, attendant que ses désormais pairs prononcent contre lui et ses camarades, une batterie de sanctions.

L’équation malienne devient ainsi, un véritable casse-tête chinois pour Emmanuel Macron. Comment appliquer des sanctions individuelles contre les chefs de la junte militaires sans provoquer un courroux dévastateur des populations qui les soutiennent ? Un entêtement dans la voie de la coercition conduirait à coup sûr, à un renoncement de fait et sous la contrainte par Macron aux fameux « intérêts de la France » dans ce pays d’hommes fiers et déterminés. Attention à l’effet contagion dans toute la région ouest-africaine !

Théodore Sinzé

 

 

Content created and supplied by: ThéodoreKoffiSinzé (via Opera News )

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